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Sport, mystique et sorcellerie (4/5) : la Ruqiya, l’arme de défense des Algériens contre les gris-gris

Le feu Cheikh Abou Muslim Belahmar au milieu

Les caméras de la télévision algérienne ont souvent attrapé des images inédites, lors des dernières années. Surtout notamment du côté des gardiens d’équipes, d’Afrique de l’Ouest en majorité, en train de disperser des poudres le long de la ligne de but. Ou simplement de jeter des objets sur les deux côtés des buts.

Dans ce genre de situation, et notamment si les locaux n’arrivent pas à inscrire de buts et prendre le dessus, la superstition prend le dessus. Au détriment de toutes les considérations sportives. Et c’est à ce moment que les jeunes ramasseurs de balles et les stadiers entrent en jeu et pour en effet trouver la parade. Ces derniers arrosent abondamment les buts des deux côtés du terrain d’une eau bénite sur laquelle a été lue quelques versets choisis du Coran.

Appelée Ruqiya, cette méthode religieuse permet d’annuler le Sihr (magie, ndlr). «Le Coran est une guérison pour le musulman, nous explique cheikh Yassine, un imam de la banlieue d’Alger. Par sa parole, Allah guérit ses créatures du mauvais œil et de la sorcellerie. La Ruqiya est utilisée dans différentes situations, et dans le football aussi (sourire, ndlr). Elle permet de contrer la sorcellerie avec de l’eau sur laquelle on récite des versets coraniques. »

Éloigner les blessures et les mauvais résultats

Convaincu de la puissance de la Ruqiya, les joueurs du championnat algérien n’hésitent pas à l’utiliser. Surtout quand ils pensent avoir été touchés par le mauvais œil ou par la sorcellerie après de longue absence pour blessure.

Le raisonnement est strictement le même au niveau d’une partie des clubs de Ligue 1 et Ligue 2. Après une succession de mauvais résultats en témoigne cette déclaration de l’ailier gauche, Abou Sofiane Balegh, en 2018 lorsqu’il évoluait au MC Alger. «Depuis le Paradou, on ne gagne plus. Il n’y a pas si longtemps, on mettait des raclées à tout le monde. Et voilà que maintenant, on ne parvient même pas à mettre le cuir au fond devant des cages vides, a ainsi confié l’attaquant RC Rélizane au quotidien le Buteur. C’est dire qu’il y a aussi cette guigne qui nous colle à la peau. Il faudrait peut-être une « Rokia». »

Les Verts avaient leur Raqi

Si la croyance est répandue au sein des clubs, ce fut aussi le cas pendant un temps au niveau des équipes nationales. En 2009 , c'était également le cas avec le retour au premier plan de l’équipe d’Algérie. Après un long passage à vide qui a duré plusieurs années, les Verts étaient accompagnés dans certains de leurs déplacements continentaux par feu Cheikh Abou Muslim Belahmar.

Comme lors de l’épopée d’Omdurman, au Soudan. Les coéquipiers d’Anthar Yahia avaient alors réussi à se qualifier pour la  Coupe du monde aux dépens de l’équipe d’Egypte dans un match barrage épique (1-0). Ils avaient en effet bénéficiés des services de Cheikh Belahmar.

Si ce n’est plus le cas (officiellement…) en équipe d’Algérie depuis cette époque lointaine, la superstition est toujours présente au sein des supporters algériens lors des rencontres continentales. Une chose est certaine, les jeunes ramasseurs de balles auront toujours une bouteille d’eau à portée de main.

Touabi Juba Arris

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