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Noureddine Ould Ali : «J’ai beaucoup appris en Palestine»

Après avoir dirigé la Palestine une dernière fois au mois de mars dernier en Arabie Saoudite (0-5), le Franco-algérien Noureddine Ould Ali a décidé de s’arrêter là. Le désormais ex sélectionneur des Lions de Canaan est revenu pour sportnewsafrica sur son expérience au Moyen-Orient, et sur ses perspectives d’avenir.

De notre correspondant en France,

 

Le Franco-algérien Noureddine Ould Ali, désormais ex sélectionneur de la Palestine

Dans quelques jours, il effectuera un dernier voyage à Ramallah, afin de saluer ceux qui l’ont accompagné dans sa mission de sélectionneur national  ces trois dernières années, et de récupérer quelques affaires. Puis Noureddine Ould Ali (48 ans), reviendra à Marseille, où il vit avec sa famille, pour se reposer, mais surtout pour préparer la suite de sa carrière. En Palestine, dans un contexte toujours particulier, Ould Ali aura été plusieurs fois sélectionneur-adjoint, puis numéro 1,  notamment lors de la Coupe d’Asie des Nations 2019, aux Emirats Arabes Unis. « Une expérience formatrice », comme il le résume.

Est-ce la défaite en Arabie Saoudite (0-5, le 30 mars), en qualifications pour la Coupe du Monde 2022, qui vous a décidé à mettre un terme à votre mission ?

Non, car j’y pensais depuis un certain temps déjà. J’avais déjà eu cette réflexion après la Coupe d’Asie des Nations 2019, où nous avions fait un bon parcours, en prenant deux points face à la Syrie (0-0) et à la Jordanie (0-0). J’ai estimé qu’il était temps de passer à autre chose. C’est mon ancien adjoint, le Tunisien Makram Daboub, qui m’a remplacé. Cela faisait plus de trois ans que j’étais sélectionneur, après avoir été adjoint à deux reprises (d’Abdel Nasser Barakat et du bolivien Julio Cesar Baldivieiso, ndlr). J’avais déjà effectué un premier passage entre 2010 et 2012, en tant qu’adjoint de Moussa Bezaz. Au bout d’un moment, il y a une forme de lassitude qui peut s’installer. Il faut laisser sa place à quelqu’un d’autre, qui arrive avec de nouvelles idées.

Le contexte particulier de la Palestine peut-il se révéler pesant, énergivore ?

Quand je suis arrivé en Palestine en 2010, j’ai tout de suite compris où j’étais. J’ai été retenu pendant plusieurs heures par les autorités israéliennes. On m’a posé beaucoup de questions, on m’a demandé ce que je venais faire en Palestine. Quand on m’avait proposé le poste d’adjoint de Moussa Bezaz (2010-2012), j’avais hésité quelques minutes avant d’accepter. Et ce que j’ai vécu en arrivant sur place ne m’avait pas découragé. La Palestine vit sous occupation, et quand on sait cela, on accepte le fait qu’il puisse y avoir des contraintes. J’ai souvent été bloqué une ou deux heures à l’aéroport. Des joueurs aussi. C’est pour cela que j’avais pris l’habitude, pour les matches internationaux, de faire des listes élargies, car certains peuvent se retrouver bloqués s’ils viennent de l’étranger. On connaît le contexte, on s’habitue, mais parfois, c’est évidemment pesant.

« Nous avons réussi à faire de belles choses »

Vous avez tout de même fait preuve d’une certaine longévité à ce poste…

Oui, car cette mission était très intéressante. Il y avait une volonté de la fédération de faire progresser le foot. Même si rares sont les joueurs à être totalement professionnels, car les moyens des clubs sont limités. Les joueurs, et même les entraîneurs, on souvent un autre métier à côté. Nous avons réussi à faire de belles choses : participer à la Coupe d’Asie en 2019 – le n’étais pas là pour celle de 2015 – accrocher ou battre les meilleures sélections asiatiques : l’Ouzbékistan (2-0), l’Arabie saoudite (0-0), la Chine (1-1), l’Iran (1-1), l’Irak (0-0)… Pour une équipe composée de 60 % de locaux, avec des expatriés qui n’évoluent pas dans les meilleurs championnats, et avec les difficultés que l’on peut rencontrer, c’est plutôt satisfaisant.

Le football palestinien produit-il de bons joueurs ?

Il y a du talent, une certaine qualité technique. J’ai toujours passé beaucoup de temps sur place, notamment pour assister à des matches. Mais le problème, c’est que les joueurs n’ont pas reçu une vraie formation. Et cela se traduit par des lacunes tactiques, physiques notamment. C’est difficile pour les clubs d’avoir de vrais centres de formation, pour des raisons de moyens. Mais au moins, le championnat se déroule de manière régulière.

Cette longue expérience en Palestine – près de 8 ans au total – vous servira-t-elle pour la suite ?

Bien sûr. Entre 2010 et 2012, puis depuis 2015, j’ai beaucoup appris. Humainement, j’ai aimé cette expérience, malgré les difficultés liées à la situation de la Palestine, dont les habitants sont chaleureux, accueillants. Ils doivent supporter les contrôles fréquents, les humiliations…  Sportivement également, car cela m’a appris à travailler dans des conditions particulières. Jouer une phase finale de Coupe d’Asie, les qualifications pour la Coupe du Monde, cela m’a beaucoup apporté.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Je suis immédiatement disponible. J’aimerais travailler en Europe,  car je suis titulaire du diplôme UEFA  Pro, mais je ne ferme aucune porte. J’ai été approché pour quelques projets dans le Golfe Persique, au Maghreb. J’ai envie de travailler, dans un projet collectif et sportif intéressant. Dans un club, ou avec une sélection.

Propos recueillis par Alexis BILLEBAULT

 

 

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