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Mondial 2022 : le cinq majeur africain qui a crevé l’écran

L’exercice est difficile, le choix cornélien. Au sortir de cette Coupe du monde (20 novembre-18 décembre), Sport News Africa pouvait établir une ribambelle de «5 majeur». Car, les talents africains ont éclaboussé de leur classe la compétition reine du football. Mais, il va falloir choisir. Donc, forcément éliminer.  Certains seront d’accord, d’autres non pour ce fastidieux plébiscite. Mais on plonge quand même.

YASSINE BOUNOU (MAROC)

Le digne héritier de Zaki

Le Maroc ne pleure plus un grand gardien. Difficile de se mettre à un niveau que tout le monde respecte dans le pays. Surtout quand le Royaume avait connu un Badou Zaki.  Pour ses contemporains, Zaki n’a pas d’égal et ne l’aurait peut-être jamais. Il faudra être vraiment cartésien pour ne pas voir que les Lions de l’Atlas tiennent bien un digne successeur de Zaki. En Yassine Bounou, le Maroc a gagné de la stabilité dans les buts lors de cette Coupe du monde.

Le portier du FC Seville a été déterminant dans le parcours de ses coéquipiers qui se sont arrêtés en demi-finale contre la France (défaite par 2-0). Avant d’échouer au pied du podium en s’inclinant lors du match de troisième place devant la Croatie (2-1). Quatre buts pris sur ces deux derniers matches de la Coupe du monde, la fin a été moins heureuse pour Bounou. Mais, si le Maroc a effectué un tel parcours, c’est notamment grâce à lui. Et pour cause, Bounou n'a encaissé qu’un seul but sur ses quatre premiers matches. C’était contre le Canada (1-2, 3ème journée).

Au cours de cette compétition, Le natif de Montréal (31 ans) a effectué 7 arrêts décisifs. D’ailleurs, il est devenu le premier gardien dans un Mondial à n’avoir encaissé qu’un seul but en 5 rencontres. Cela n’était plus arrivé depuis 2006 avec Buffon (Italie). Bounou a  touché environ 38 ballons avec une précision de passe de 73%.

YOUSSOUF SABALY (SÉNÉGAL)

Sans tambours ni trompette

Il incarne la lucidité. La tête sur les épaules. Youssouf Sabaly n’est pas le plus bling bling ni le plus clinquant dans la sélection sénégalaise. Discret, «anonyme» à la limite. Mais sur le terrain, Sabaly est un super joueur. Intelligent dans ses replacements tactiques, l’arrière droit du Sénégal est toujours debout quand il s’agit de défendre. Il a encore été à la hauteur dans cette Coupe du monde avec les Champions d’Afrique éliminés en 8es de finale par l’Angleterre (Défaite par3-0). Sabaly avait des jambes en feu dans ce tournoi.

C’était d’ailleurs, le Lion qui s’est montré le plus influant dans le jeu du Sénégal. Sabaly a remporté le plus de duels (70%). Mieux en tant que défenseur, il a effectué le plus de passes avec 210 ballons joués. Sabaly a également réalisé le plus grand de sprints  avec 241 courses. Il a aussi réussi le plus d’actions dans la surface adverse avec un taux de 82%, selon des stats de la FIFA. «Le jeu demande dès-fois l’apport des latéraux et quand on a la possibilité d’apporter un plus je le  fais», disait-il dans un entretien accordé à Walf Quotidien. «Quand je vois que j’ai l’espace pour prendre mon couloir, j’essaie de le faire au maximum. Mais, je suis défenseur avant d’être un contre-attaquant», ajoutait-il.

SOFYAN AMRABAT (MAROC)

Le pitbull

On ne pensait pas qu’il allait tout défoncer durant cette Coupe du monde. D’autant que dans l’effectif du Maroc, les caméras étaient braquées sur Hakim Ziyech, Achraf Hakimi. Sauf qu’Amrabat s’est invité parmi les joueurs qui  comptaient chez les Lions de l’Atlas éliminés en demi-finale. Difficile de parcourir un onze de ce Mondial, sans voir son nom scintiller dans l’entrejeu et souvent aux côtés de Luka Modric (Croatie) et de Enzo Hernandez (Argentine). Amrabat était le premier  rideau défensif du Maroc et apportait l’équilibre entre les lignes, colmatait les brèches et compensait les replacements tardifs.

Cinquante-six (56) ballons touchés en moyenne, le plus  grand total dans la sélection marocaine, 38 passes effectuées par match dont 12 dans la moitié de terrain adverse, 2 tacles en moyenne par rencontre, 4 duels gagnés, 8 ballons perdus, Amrabat a été propre dans son jeu. «Je sais que tout le monde parle de Ziyech et Hakimi mais moi, j'ai envie de parler d'Amrabat, confiait Fabio Capello au Messaggero. Il est fondamental pour l'équilibre de son équipe, en plus d'être un grand coureur : j'ai lu qu'il avait parcouru plus de 14 kilomètres lors du huitième de finale face à l'Espagne. Je le considère comme le Gattuso du MarocBeau témoigne de la part d’une légende du coaching.

MOHAMMED KUDUS (GHANA)

Le petit mozart des Black stars

Regarder Mohammed Kudus dans un terrain, c’est simplement un pur régal. Que du bonheur. Kudus offre tout ce que le football  a de splendide, de sublime. Lors de cette Coupe du monde, l’attaquant de 22 ans a répondu présent à chaque rencontre des Black stars. Deux buts et une passe décisive, sans oublier le penalty qu’il a obtenu contre l’Uruguay, Kudus mérite bien de figurer dans le top 5 de Sport News Africa.

Kudus, le phénomène

Le milieu de terrain de l’Ajax Amsterdam a été élu «homme du match» contre le Portugal malgré la défaite des siens (3-2, 1ère journée) dans le groupe H. Au cours de ses sorties durant le Mondial, Kudus touchait en moyenne 47 ballons par  match, réussissait 71% de ses dribbles. Après son super tournoi, les grands clubs d’Europe sont tous assis devant sa porte en attendant de s’assoir en premier sur la table des négociations.

VINCENT ABOUBAKAR (CAMEROUN)

L’inoxydable

Son but à la 92ème minute pour terrasser le grand Brésil avec ses stars, lui vaut de figurer sur ce «5 majeur». Vincent Aboubakar offrait ce 2 décembre une prestigieuse victoire à l’Afrique et au Cameroun la victoire (1-0,3ème journée). Même si les Lions Indomptables seront éliminés avec 4 points, le capitaine a pesé de tout son poids dans cette Coupe du monde où il est également passé  par toutes les émotions, de buteur à joueur expulsé. «Il était ainsi devenu le premier joueur à marquer et à écoper d’un carton rouge dans un même match de Coupe du monde depuis Zinedine Zidane en finale 2006 face à l’Italie», signalait le site de la FIFA.

Qu’importe pour Aboubakar, «le Cameroun peut sortir de la compétition la tête haute», déclarait le buteur au micro de beIN Sports. «En plus ça faisait des années que le Cameroun n’avait pas gagné un match de la Coupe du monde», ajoutait Vincent qui a été auteur de buts et quelle réalisation contre la Serbie. Une louche dantesque. Sans doute l’un des beaux chef-d’oeuvres de cette Coupe du monde En d’une passe décisive dans cette rencontre de la 2ème journée (3-3), du groupe G.

 Jim CEESAY

Mondial 2022 : L’équipe-type de SNA

La Coupe du monde 2022 s’est terminée sur un sacre de l’Argentine dans un match complètement fou contre la France (3-3, 4-2 TAB). Une finale indécise jusqu’au bout avec de nombreuses retournements de situations. Ce dernier match est à l’image de la compétition avec des surprises, du suspense et des révélations. Ainsi venu le moment de présenter le 11 type de ce Mondial.

Emiliano Martinez (Argentine) : Dernière minute des prolongations lors de la finale face à la France, le gardien argentin sauve un face à face avec Randal Kolo Muani ; un arret décisif qui remet son équipe dans la course. Le gardien d’Aston Villa s’est illustré tout au long de cette Coupe du monde de par ses prestations extraordinaires notamment lors des tirs au but. Face aux Pays-Bas, il arrête deux penalties et propulse son équipe en demi-finale. Dimanche 18 décembre, en finale, il a encore récidivé en stoppant le tir de Kingsley Coman. La suite? Argentine est championne du monde. Des performances qui lui ont valu le titre du meilleur gardien de la Coupe du monde.

Romain Saïss (Maroc) : Même s’il n’a pas pu tenir jusqu’au bout dans la compétition à cause de sa blessure, le capitaine marocain est l’un des principaux artisans du belle parcours des Lions de l’Atlas. Solide dans l’axe avec son compère Nayef Aguerd, le défenseur de Besiktas a montré toutes ses qualités de leadership dans cette Coupe du monde. Il a guidé son équipe avec sa personnalité, ses interventions notamment sur les duels aériens. Expérimenté, il ne paniquait et aidait toujours l’équipe à sortir proprement. Un bon capitaine qui n’a pas hésité à mettre en danger son intégrité physique pour aider ses coéquipiers. Il a joué avec une blessure pendant 57 minute contre le Portugal. Chapeau.

Joško Gvardiol (Croatie) : Jeune croate de 20 ans, il est l’une des révélations de la Coupe du monde. Le défenseur du RB Leipzig s’est imposé dans l’équipe de la Croatie comme un grand. Solide sur ses appuis, Gvardiol a martyrisé la majorité des joueurs qui se sont frottés à lui. Il est posé et très propre sur ses interventions. Sur les relances, c’est un amour. Sa pied gauche est d’une précision chirurgicale. Ce n’est pas pour rien que Pep Guardiola en a fait une cible. Le joueur typique que l’espagnol aime avoir dans son équipe. L’international croate est récompensé par un but contre le Maroc lors de la petite finale.

Achraf Hakimi (Maroc) : Comme son équipe, le défenseur du Paris Saint-Germain a montré beaucoup de caractère et de la détermination. Sur son côté avec Hakim Ziyech, il a multiplié les projections offensives sans résigner sur ses taches défensives. Très clinique balle au pied, il permettait à son équipe de sortir proprement et d’aller contrer d’autant plus qu’ils jouaient en bloc bas. L’international marocain peut être fier de sa Coupe du monde tout comme son équipe. Ils ont marqué l’histoire du Mondial.

Yahya Attiat Allah (Maroc) : Joueur du Wydad Athletic Club, c’est l’un des rares de l’effectif marocain qui évolue encore au pays. Très souvent remplaçant, le défenseur du Wydad à également largement contribué au parcours exceptionnel du Maroc. Titulaire contre le Portugal en l’absence de Noussair Mazraoui, il est l’auteur du merveilleux centre qui a permis à En-Nesiry de marquer le seul but du match. Un but qui qualifiera les Lions de l’Atlas en demi-finale. Très rapide, Attiat Allah a toujours apporter de la percussion sur son côté dans cette Coupe du monde. Pas sûr qu’il reste encore longtemps au Wydad.

Sofyan Amrabat (Maroc) : Si on a l’habitude d’appeler les sentinelles «les travailleurs de l’ombre», ce n’était pas le cas du milieu de la Fiorentina. Amrabat était partout et on pouvait le voir harceler ses adversaires, intercepter des ballons dangereux, couper des transitions. Il faisait tout. Sa folle course pour venir stopper Kylian Mbappé lors de la demi-finale prouve à elle seule la détermination et l’état d’esprit du joueur de 26 ans. Balle au pied, c’est un régal de le voir. Il fluidifie le jeu de son équipe. Avec à ses côtés un Azzedine Ounahi, ils ont surpris plus d’un. Ils ont rayonné pendant la compétition. Des offres commencent d’ailleurs tombées pour lui et son coéquipier.

Enzo Fernandez (Argentine) : Meilleur jeune joueur du Mondial, l’international a été éblouissant. Volume de jeu, intelligence tactique et qualité technique, le milieu du Benfica a rayonné et a été une valeur sûre pour l’argentine. Il a apporté une touche technique de plus à son équipe. Très posé, il pouvait garder le ballon et procéder par des passes courtes dans des endroits très restreints. Un joueur qui résiste bien à la pression. Son but contre le Mexique montre également toute sa large palette ; ce n’est pas qu’un milieu défensif parce qu’il sait aussi se projeter.

Luka Modric (Croatie) : Avec de l’expérience, de l’envie et sa qualité technique, le capitaine de la Croatie a conduit son équipe comme un maître. À 37 ans, Modric a su guider son équipe jusqu’à la 3e place tout en étant très impliqué. Comme à son habitude, il ne s’arrêtait jamais. On pouvait le voir partout sur les terrains. Il a montré l’exemple jusqu’au bout dans une équipe qui semblait avoir perdu du rythme. Luka Modric a répondu présent.

Kylian Mbappé  (France) : Meilleur buteur de la Coupe du monde avec 8 buts, l’attaquant du PSG a fait parler de lui et c’est tout logiquement qu’il figure sur ce 11 type. Défait par l’argentine (3-3, 4tab2), Mbappé a quand même brillé tout au long du mondial notamment en finale avec son triplé historique. Le feu follet français a donné du tourni à ses vis à vis et attirait l’attention de ses adversaires à chaque match. Il fait maintenant parti des cadres de l’équipe nationale de la France ; un mérite.

Julian Alvarez (Argentine) : Arrivé à Manchester City l’été dernier, Julián Álvarez était méconnu du grand public. Avec ses performances dans cette Coupe du monde, on se demande encore comment Pep Guardiola a pu le mettre en concurrence avec un monstre comme Earling Haaland. Jeune de 22 ans, l’attaquant argentin a été un compagnon efficace pour Lionel Messi. Ayant disputé les 7 matchs, le jeune attaquant a marqué 4 buts. Mais, il a surtout marqué les esprits de par ses efforts à répétition. Il ne s’économisait pas et harcelait tout le temps les défenseurs et les milieux de terrain adverses. Il a été complètement pour Messi qui n’avait pas besoin de faire certains efforts défensifs. C’est une bonne pioche pour le champion d’Angleterre.

Lionel Messi (Argentine) : Longtemps à le poursuite de ce trophée Mondial, le génie argentin a montré un nouveau visage lors de cette édition. Sept buts et 3 passes décisives, La Pulga a été décisif tout au long du tournoi. Il a marqué à toutes les étapes. D’habitude résumé aux tâches défensives, Messi n’hésitait à sprinter quelques fois pour aider ses coéquipiers. Preuve de l’engagement et de la détermination de l’ancien du Barça à remporter le trophée cette année. C’est chose faite dimanche avec notamment un doublé de sa part. Une consécration pour lui. Il en est certainement fier.

Mondial 2022-sélectionneurs africains : les bons et les mauvais points

Walid Regragui, l'architecte

A la tête de l’équipe nationale du Maroc depuis seulement quatre mois, Walid Regragui a mené les Lions de l'Atlas jusqu'en demi-finale du Mondial 2022 au Qatar, où ils se sont inclinés devant une équipe de France très stratège (2-0). C’est la première équipe africaine à accéder à une demi-finale de Coupe du monde. Quand Regragui a pris les rênes de la sélection du Maroc, personne ne s’attendait à ce que les Lions de l’Atlas accèdent au prestigieux carré d’as de la compétition reine.

Les hommes du natif de Corbeil-Essonnes ont terminé en tête de leur groupe avec sept points devant, la Croatie et la Belgique. En battant l’Espagne (0-0 tab 3-0) et le Portugal (1-0) en huitième et quart de finale, Walid et ses joueurs se sont montrés redoutables. Même si la France a mis fin aux rêves de tout un continent de voir une équipe africaine sur le toit du monde, les Bleus ont quand même souffert pour arracher leur qualification en finale. Lors de la petite finale face à la Croatie, Regragui, très déçu de la défaite contre la France, n’a pas su mettre en place la combinaison idéale pour remporter la troisième place du Mondial. Le Maroc comptabilise quatre victoires, un nul et deux défaites dans cette Coupe du monde.

Aliou Cissé, pari perdu d’un Champion d’Afrique

Les Champions d’Afrique en titre ont participé à la Coupe du monde dans l’espoir de créer un nouvel exploit, mais, sans leur leader, Sadio Mané, blessé au genou quelques jours plus tôt. Avec leur défaire face aux Pays-Bas (0-2), le sélectionneur du Sénégal, Aliou Cissé, et ses hommes n’ont pas réussi leur entrée en lice au Mondial 2022. Après ce match catastrophique, les Lions de la Teranga ont nettement changé de visage, en battant le Qatar (3-1) et l’Equateur (2-1). Ces deux victoires ont permis au Sénégal de terminer deuxième de son groupe et d’accéder aux huitièmes de finale.

Après deux victoires consécutives en phase de groupe, Les Lions ont joué un huitième de finale largement dominé par leurs adversaires, Les Threes Lions d’Angleterre. Pour ce match, les hommes d’Aliou Cissé ont perdu beaucoup de duels et ont été malmenés par les Anglais. Ce match s’est terminé par une victoire nette de l’Angleterre, devant une équipe du Sénégal trop fébrile (0-3). Au final, le Sénégal a joué quatre matches dans ce mondial (deux victoires et deux défaites).

Rigobert Song, des promesses non-tenues

Quelques jours avant le tournoi majeur, Rigobert Song qui a pris les rênes de l’équipe nationale du Cameroun après la Can 2021, a garanti au peuple camerounais de remporter le trophée en or au Mondial 2022. Malheureusement pour lui, le parcours des Lions Indomptables a été court et catastrophique avec un nul, une défaite et une victoire à la dernière journée de la phase de groupes. La seule chose qui a consolé Rigobert Song, après l’élimination prématurée du Cameroun, est leur victoire sur le Brésil (1-0).

Song s’est séparé de son gardien de but, André Onana, à quelques heures de leur face à face avec la Serbie (3-3), à cause d’un supposé problème disciplinaire. Cette absence du portier de l’Inter Milan n’a pas été bénéfique pour les Lions Indomptables qui se sont fait éliminer après seulement trois matches.

Otto Addo, la grande déception 

Avec l’équipe nationale du Ghana, Otto Addo n’a pas réalisé une bonne Coupe du monde. Avec beaucoup de maladresses dans leur système de défense, les Black Stars ont fini dernier avec 3 points, dans un groupe composé du Portugal de Cristiano Ronaldo, de la Corée du Sud de Heung-min Song et de l’Uruguay de Luis Suarez.

Les Ghanéens se sont inclinés devant le Portugal (2-3) dans un match très serré. Puis, ils se sont imposés face à la Corée du Sud (3-2), avant de se faire laminer par les Uruguayens à la dernière journée de la phase de groupes (2-0). Au lendemain de cette triste élimination des Black Stars, leur sélectionneur par intérim, Otto Addo, a annoncé sa démission.

Jalel Kadri, le regret au bout de trois matches

Si l’objectif annoncé était de faire bonne figure et de se donner les moyens de croire à l’exploit, les hommes de Jalel Kadri n’ont pas été très menaçants durant les trois rencontres de leur phase de groupes. Ils ont fait un match nul face au Danemark (0-0), suivi d’une fâcheuse défaite contre l’Australie (0-1), avant de finir sur une victoire mémorable face aux Bleus, champions du monde en titre (1-0), grâce à un grand Wahbi Khazri. Les Aigles de Carthage sont sortis du Mondial 2022 avec un gout d’inachevé, suite à leur performance majestueuse face aux champions du monde de 2018.

Mondial 2022 : du régal sur le terrain, une organisation de choix

Avant le coup d’envoi du mondial 2022, il y avait moult débats sur son organisation, son timing, son emplacement… Des débats qui, grosso modo, parlaient de tout sauf du terrain. Des droits de l’Homme à ceux LGBT en passant par son organisation en plein hiver, une première, la Coupe du monde au Qatar aura divisé. Mais comme souvent, la vérité du terrain a parlé, et les fans de football ont apprécié.

Une finale de légende

La finale du Mondial 2022 restera à jamais dans les mémoires. Son scénario a semblé tout droit sorti d’un livre de Mary Higgins Clark, la reine du suspense. Quand l’Argentine a mené deux buts à zéro en première période sous la baguette de Lionel Messi, on pensait tous que l’Albiceleste allait tranquillement gérer le reste de la partie. Mais, il faut un génie pour en contrer un autre, et Kylian Mbappé l’a bien compris. Doublé en deux minutes pour arracher les prolongations, et un autre but pour mener les deux équipes aux tirs au but. Pas sûr que les meilleurs scénaristes aient imaginé un tel déroulement.

L’Albiceleste 3 étoiles, Lionel Messi au panthéon

Il existe des êtres bénis, capables de tout bonifier autour d’eux. Lionel Messi en fait certainement partie. Sa légende, il l’a construite grâce à deux opposées : la discrétion de son talent et l’impudence de son talent, parfois insolent. Le génial argentin a tout gagné en club, et désormais en sélection. Cependant, le chemin de croix a été long pour Messi. Adulé en Catalogne, il a longtemps été critiqué en Argentine, sa terre. Il faut dire que vivre sous l’ombre de Diego Maradona, déifié après 1986, n’était pas un cadeau. Mais à force d’acharnement et de combat, La Pulga a d’abord décroché la Copa America en 2021, puis le Mondial ce dimanche 18 décembre 2022. Ce, alors qu’il avait perdu trois finale de Copa America et une de Coupe du monde (2014). Ses 7 buts et 2 passes décisives dans le tournoi qatari ont permis à  son pays de décrocher une troisième étoile et surtout d’écrire son nom en lettres d’or dans l’histoire du football.

Maroc, à jamais le premier

Pour l’Afrique aussi, ce Mondial 2022 est à marquer d’une pierre blanche. D’abord parce que pour la première fois de l’histoire, le continent a placé deux représentants au second tour d’un mondial. Ensuite, car le Maroc est devenu le premier pays africain à atteindre les demi-finales  d’une Coupe du monde. Une prouesse immense, d’autant plus que les Lions de l’Atlas n’ont pas eu un parcours des plus faciles. Les hommes de Walid Regragui ont fini premiers en phase de groupes alors qu’ils étaient avec la Belgique (3ème en 2018) et la Croatie (finaliste en 2018). En huitième, les Marocains ont écarté l’Espagne avait de disposer du Portugal en quart.

Lire aussi : Mondial 2022 : le bilan des sélections africaines

Par ailleurs, l’Afrique s’est offert des succès de prestige. La Tunisie a battu la France 1-0 tandis que le Cameroun a vaincu le Brésil, sur le même score. On peut donc aisément dire que l’Afrique a réussi son Mondial.

Un Mondial débridé et discipliné comme jamais

Les amateurs de football ont été gâtés lors de cette finale avec 6 buts. Une rencontre qui n’est d’ailleurs que le prolongement de la compétition. En 64 matches, il y a eu 172 buts dans cette compétition. C’est tout simplement le Mondial le plus prolifique de l’histoire devant ceux de 1998 et 2014 (171). Kylian Mbappé a terminé meilleur buteur du tournoi avec 8 buts. Autre statistique, celle du nombre de cartons rouges. Il n'y en a eu que 4 tout au long de la compétition. Wayne Hennessey (Pays de Galles), Vincent Aboubakar (Cameroun) Walid Cheddira (Maroc) et Denzel Dumfries (Pays Bas) sont les heureux élus.

L’organisation réussie

Le Qatar a réussi sa Coupe du monde. Malgré les avis pessimistes, les doutes, les railleries comme quoi ce n’était pas un pays de football, le pays du Golfe a su organiser au mieux sa compétition. Des stades neufs et ultramodernes, des pelouses sur lesquelles le ballon roulait comme sur du billard, des fans enthousiastes… Le Mondial 2022 a ravi. Même si lors du match inaugural entre le Qatar et l’Equateur (0-2), les supporters du pays hôte avaient déserté le stade après avoir été menés, aucun incident de sécurité ou de logistique n’a été signalé. En même temps, le Qatar a dépensé 220 milliards de dollars pour l’organisation du tournoi selon la banque privée Mirabaud. C’est plus que n’importe quel autre pays hôte du Mondial. Par exemple, la Russie avait déboursé 11,6 milliards de dollars en 2018, et l’Allemagne 4,3 milliards en 2006.

Sur les réseaux sociaux aussi, l’impact de ce Mondial a été immense. Il y a eu plus de 113 millions de posts sur la compétition, soit 60% de plus qu'en 2018. Pour démontrer que la satisfaction était de mise, Visibrain explique que seulement 3% des messages publiés sur le net concernaient les polémiques.

Lire aussi : Mondial 2022-Finale : le Messi (e) Mbappé

Mondial 2022 : le bilan des sélections africaines

Les sélections africaines ont marqué 21 buts dans cette Coupe du monde et en ont encaissé 24. Pour la première fois depuis 2014, deux équipes africaines se sont qualifiés pour le second tour. Le Maroc, premier du groupe F, et le Sénégal, deuxième de la poule A, se sont qualifiés pour les huitièmes de finales du Mondial 2022. Et le Maroc a brisé le plafond de verre atteignant les demi-finales.

Le Maroc à jamais le premier

Le Maroc est la satisfaction africaine de cette Coupe du monde. Les Lions de l’Atlas ont atteint les demi-finales du Mondial 2022, une première pour un pays africain. Ils font mieux qu'en 1986 où ils s'étaient arrêtés en huitième de finale. Logés dans une poule F relevée, les Marocains sont sortis en tête. Ils ont accroché la Croatie (0-0), dominé la Belgique (2-0) et le Canada (2-1). En huitième de finale, ils n’ont pas tremblé face à l’Espagne et s’imposent aux tirs au but (0-0, 3 tab 0). Ils passent sans problème l’obstacle Portugal en quart de finale (1-0). Les coéquipiers de Hakim Ziyech se heurtent toutefois à la France en demi-finale (2-0). Ils ratent le podium dans la petite finale face à la Croatie (2-1). Malgré cette quatrième place, le Maroc a réussi son Mondial. Le Royaume chérifien est l'équipe africaine ayant marqué le plus grand nombre de buts dans ce Mondial avec six pions contre cinq encaissés. Tactiquement et techniquement, le Maroc a été à la hauteur des attentes.

Azzedine Ounahi, la révélation marocaine

Impressionnant dans cette Coupe du monde, Azzedine Ounahi a fait grimper sa cote. Les grands clubs se bousculent pour s'offrir les services du milieu de 22 ans. Leicester est même prêt à débourser 45 millions d'euros pour ce pur produit du football marocain, sorti de l'académie Mouhamed VI de Rabat. Le SCO d’Angers devrait se frotter les mains cet hiver.

Le Sénégal pouvait mieux faire

Vingt-ans plus tard, le Sénégal a retrouvé les huitièmes de finale de la Coupe du monde. Orphelins de Sadio Mané, les champions d’Afrique sont tombés d’entrée face aux Pays-Bas (2-0), mais se relèvent face au Qatar (3-1). Ils font le break face à l’Equateur (2-1). Les Lions terminent deuxième du groupe derrière les Pays-Bas. En huitième de finale, ils héritent de l’Angleterre. Les Three Lions infligent au Sénégal sa plus large défaite dans une phase finale de Coupe du monde (3-0). Le quart de finaliste du Mondial 2002 quitte la compétition avec sept buts encaissés contre cinq marqués, avec sans doute un goût d'inachevé.

Tunisie, toujours pas de 8e de finale

En six participations, la Tunisie ne parvient toujours pas à disputer les huitièmes de finale du Mondial. Les Aigles de Carthage se sont arrêtés au premier tour. Malgré une belle victoire face à la France en match de poules (1-0), ils se sont arrêtés au premier tour. Après un nul d’entrée face au Danemark, la Tunisie tombe devant l’Australie (1-0). Cette défaite l’a sans doute privée d’une qualification au second tour. Les Tactiques trop prudentes de Jalel Kadri, en sont la principale cause, estime l’ancien capitaine de la sélection Radhi Jaidi. « La façon dont nous avons géré le tournoi n'était pas assez bonne. Lors du premier match contre le Danemark, si nous les poussions un peu plus haut et étions plus offensifs, nous aurions pu gagner. Même chose pour l'Australie. Donc, la conclusion pour moi est la suivante : c'est une bonne victoire (contre la France) pour le moral mais, encore une fois, nous devons nous revoir et réfléchir sur nous-mêmes, puis voir comment nous pouvons nous améliorer».

Après cette élimination, Wahbi Khazri a décidé de prendre sa retraite avec la Tunisie. Arrivé dans la sélection en 2013, l’attaquant de 31 ans a disputé cinq CAN et deux Coupes du monde avec les Aigles de Carthage. Il est le deuxième meilleur buteur de la sélection avec 25 pions.

Vincent Aboubakar, l’homme fort du Cameroun 

Le Cameroun a été éliminé de justesse du Mondial 2022. Tout comme la Tunisie, les Lions Indomptables ont terminé troisième de leur groupe avec quatre points. Le Cameroun a payé cash sa défaite d’entrée face à la Suisse (1-0). Les hommes de Rigorbert Song ont arraché le nul face à la Serbie (3-3) grâce à un but et une passe décisive de Vincent Aboubakar. Le meilleur restait à venir pour cette sélection camerounaise. Les cinq fois champions d’Afrique font plier le Brésil (1-0), grâce encore à Aboubakar. L’attaquant a crucifié la Seleção dans les ultimes minutes. Un succès de prestige qui ne permet malheureusement pas au Cameroun de disputer le second tour.

La grosse désillusion ghanéenne

Le Ghana est la grande déception africaine de cette phase de groupe. Les Blacks Stars n’ont pas réussi à se qualifier pour le second tour. Les Ghanéens avaient pourtant battu la Corée du Sud après une défaite d’entrée contre le Portugal (3-2). Les Ghanéens sont passés à côté de leur match face aux coéquipiers de Luis Suarez (2-0). Le Ghana échoue ainsi à se qualifier au deuxième tour pour la deuxième fois d’affilée après 2014. Le Ghana a au moins encaissé deux buts lors de ses derniers matches en Coupe du monde. Pour cette 22e édition, le Ghana est la sélection africaine ayant encaissé le plus grand nombre de buts. Les Black Stars ont concédé sept pions.

En conférence de presse, Otto Addo a annoncé sa démission. Nommé entraîneur par intérim en février dernier, Addo a vu son contrat être prolongé par la Fédération ghanéenne jusqu'à fin décembre. Mais le technicien, qui est également manager adjoint au Borussia Dortmund, quitte le banc des Black Stars.

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Mondial 2022-Finale : le Messi (e) Mbappé

Pour une finale de Coupe du monde, les amoureux du ballon rond ont eu droit à deux Messi. Le Messi âgé de 35 ans à la carrière grandiose : sept Ballons d’Or remportés à lui tout seul, dix Liga espagnoles, quatre Ligues des champions, une Coppa America … Et désormais le seul titre qui manquait jusque-là à son tableau de chasse : une Coupe du monde.

Ce Messi-là est immense, grandissime comme le « Dieu» du football qu'il est et qu’il restera. Et ce  dimanche 18 décembre, en finale du Mondial 2022 au Qatar, il a encore répondu présent comme c'est le cas depuis le début de la compétition. Messi a couru, dribblé, orienté le jeu… et surtout marqué deux buts pour clore son Mondial sur une dernière danse de toute beauté. Qatar et le monde entier ne sont pas près d'oublier.

L’autre «Messie», celui-là français compte 12 ans de moins que le vrai Messi. Mais qu’il est déjà grand ! Il n’a ni les sept Ballons d’Or, ni les quatre Ligues des champions de l’Argentin. Du moins pas encore. Mais lui, Kylian Mbappé a déjà remporté une Coupe du monde à seulement 18 ans (Russie 2018) alors qu’il aura fallu 5 tentatives (2006, 2010, 2014, 2018 et enfin 2022) - presque toute une carrière - à son aîné avant de soulever (enfin) le Graal.

Mbappé tout proche de voler le rêve de Messi

Et ce soir, la star française n’était pas loin de voler à l’éternel rival de son idole d’enfance, Cristiano Ronaldo, son rêve ultime de remporter cette Coupe du monde. La dernière de l'Argentin. Kylian a en effet, à presque lui tout seul, failli anéantir ce que Léo, Di Maria, auteur d’un très bon match, et les Argentins ont construit jusqu’à la 80e minute de jeu : une avance confortable de deux buts et une maitrise totale du jeu. Mais le petit Kylian ne voulait pas que les choses en restent là. Ce Mondial était la «compétition de ses rêves». Et il avait après tout préparé toute sa saison «mentalement et physiquement» pour ce tournoi.

Quand l'équipe de France semblait alors totalement désemparée et impuissante, c’est lui qui va sortir du bois pour remettre les Bleus sur le chemin du doublé. Il réduit d’abord le score sur penalty (81e) avant d’égaliser sur une jolie volée deux minutes plus tard (83e). Mbappé doublait par la même occasion Lionel Messi au classement des buteurs avec sept buts contre six pour l’Argentin.

Mbappé remporte le Soulier d'or

Scénario ne pouvait être plus fou à ce moment du match. Et pourtant, il va l’être un peu plus durant la prolongation. 108e minute de jeu : Messi répond au doublé du Français et croit offrir la victoire finale à l’Argentine (3-2). Cette fois-ci, les carottes semblaient cuites pour les Bleus. Mais c’était sans compter une nouvelle fois sur le génie de Kylian Mbappé.

Le Messi français obtient un penalty à deux minutes de la fin de la prolongation après un tir enveloppé stoppé par la main de Gonzalo Montiel. L’enfant de Bondy ne se fait pas prier pour transformer la sentence et ainsi arracher la séance de tirs au but. Et encore une fois, il repassait devant Messi au classement des meilleurs buteurs (8 buts). Si par la suite, les Bleus n’ont pas réussi à décrocher leur troisième étoile, le Messie français Kylian Mbappé, lui, le méritait bien.

Mondial 2022-Finale : enfin jour de gloire pour Messi et l’Argentine

Il a attendu ces moments pendant longtemps. Quatre tentatives et toujours des échecs. Lionel Messi était proche de remporter sa première Coupe du monde en 2014. Mais l’Allemagne était trop forte face à l’Albiceleste (victoire 1-0). Beaucoup d’observateurs avaient alors prédit que Messi ne sera jamais à la table de Diego Maradona qui a au moins, remporté une Coupe du monde. C’était en 1986. Le statut de légende de Leo Messi n’était pas alors définitivement entré au panthéon du football argentin. Messi avait tout gagné en clubs mais rien en équipe nationale.

A part la Copa America soulevée, l’année dernière. Un trophée qui était venu atténuer un peu les critiques sur la Pulga à qui on avait même accusé d’être plus Espagnol qu’Argentin. Ayant échoué en 8es de finale contre la France en 2018, Messi savait que cette édition de 2022 serait peut-être sa dernière campagne pour une Coupe du monde. A 35 ans, son âge est déjà avancé et rien n’est moins sûr qu’en 2026 lorsqu’il aura 39 ans, il pourrait toujours avoir du feu dans ses jambes. Cette fois-ci est alors la bonne pour l’extraterrestre Messi. Il devient le premier joueur de l’histoire de la Coupe du monde à avoir marquer en huitième de finale, Quart de finale, demi-finale et finale. Sacré Messi.

Une première période totalement argentine

L’Albiceleste a réalisé une superbe performance en remportant la Coupe du monde, leur troisième après 1978 et 1986. Les Argentins ont très tôt pris le contrôle de la rencontre. Une première aboutie et appliquée, les partenaires de Lionel Messi ont tout fait…dans les bonnes dispositions. La transition entre l’attaque (Mbappé-Giroud) et le milieu (Aurelien Tchouameni-Adrien Rabiot) français coupée. Grâce à un excellent Enzo Hernandez secondé par Rodrigo De Paul, les Bleus n’ont jamais réussi à faire la jonction  entre les deux compartiments du jeu.

La preuve la star française Kylian Mbappé n’avait touché que deux ballons en première période. Pis, la France n’a effectué aucun tir cadré contre 6 pour l’Argentine dont 3 cadrés et 2 buts. A l’arrivée le score de 2-0 à la mi-temps était plus que logique. Car, Messi et ses partenaires ont dominé toutes les statistiques. En attestent les 18 attaques dangereuses contre 5 et 260 passes complètes contre 165 pour la France.

 L’insolente prestation de Di Maria

Soixante-trois minutes dans le terrain avant de céder sa place à Acuna, Angel Dia Maria a fait mal à la France. Le joueur de la Juventus a soutenu Leo Messi avec brio sur  le front de l’attaque argentine. Très en verve, Di Maria a fait mal à Jules Koundé sur le côté gauche. Malmené, tourné en bourrique, Koundé se souviendra de longtemps de son math compliqué face à Di Maria. Il sera buteur à la 36ème minute. Mieux, c’est lui provoque le pénalty devant Ousmane Dembelé. Et Lionel Messi a fait le reste en ouvrant le score dès la 23ème minute.

 La France au forceps pour arracher les prolongations

Quatre-vingt-dix minutes résumées en quarante-cinq, l’Argentine et Messi avaient en effet fait l’essentiel dès la première période en claquant deux buts qui sont restés au tableau d’affichage jusqu’à la 67ème minute avec la réduction du score par Mbappé sur pénalty. Puis à la 81ème minute avec un second but Mbappé. La peur change de camp alors. L’Argentine cafouille, perd son football. La France prend l’ascendance psychologique. Messi et ses partenaires jouaient désormais avec le couteau sous la gorge. La France  domine totalement la deuxième période. Les Champions vont cadrer pour la première fois dans cette rencontre. En tirant trois fois au but dont 3 réalisations sur leur 26 attaques dangereuses contre 24 pour l’Argentine de Leo Messi qui va faire la différence. Sur une frappe de Lautaro Martinez repoussée par Lloris, Messi surgit et marque aussi son doublé de la soirée (109ème minute).

A 3-2, il fallait seulement gérer les 11 minutes restantes des prolongations. Sauf que, le scénario de la rencontre sera hallucinant. Alors qu’il restait 3 minutes pourque Messi entre enfin dans la légende du Mondial, l’arbitre Polonais va siffler un penalty sur une faute de main de Montiel, dans la surface. Mbappé ne se prive pas de transformer la sentence et égalise à 3-3 pour son triplé de la soirée. C’est à la séance des tirs au but que l’Argentine va s’imposer (4TAB2). Quelle finale !

 Jim CEESAY

Argentine-France : Messi, le dernier rêve

Lionel Messi est à un pas de l’éternité. Ce dimanche, l’Argentine défie la France en finale du Mondial 2022. La Pulga a jusqu’ici tout gagné, ou presque. Hormis les supporters des Bleus, le monde du football souhaite voir le numéro 10 argentin soulever sa première Coupe du monde. Une consécration qui serait bien méritée pour la Pulga qui aura fait beaucoup de sacrifices pour cette sélection argentine.

Deux fausses retraites internationales

Avec l’Albiceleste, Lionel Messi a connu l’échec, la déception, les critiques. Par moments, Messi a même tourné le dos à la sélection. C’était le cas en 2016 après la finale perdue en Copa América. Il décide de prendre sa retraite internationale avant de revenir sur sa décision six semaines plus tard. Mais le joueur du PSG se mettra dans un silence assourdissant pendant neuf mois.  Au lendemain du Mondial 2018 où l’Argentine s’est arrêtée en huitièmes de finale, Lionel Messi décide à nouveau de quitter la sélection. Il a fallu l’intervention du président de la République Mauricio Macri pour le convaincre de revenir.

Relations souvent tendues avec les supporters

Les relations entre Messi et les supporters argentins n’ont pas été des meilleures. L'Argentine a connu une période sombre perdant quatre finales, trois Copa America (2011, 2015, 2016), et une Coupe du monde (2014). Le reproche des fans argentins était le même. Messi se donnait plus en club (Barça) qu’en sélection. La pulga est même sifflée par des supporters lors de la Copa América en 2011, disputée à domicile. Malgré tout, Messi est resté. Depuis sa première cap avec l'Argentine en 2005, son amour pour le maillot bleu ciel et blanc est indéniable. Son plus grand rêve était de défendre les couleurs de son pays, terre qu’il a quittée dès ses 14 ans pour l’Espagne. Il a décliné l’approche de la Roja, rien que pour l’Argentine. Et ce soir, Messi à l’opportunité d’offrir à sa nation une troisième étoile mondiale et d’être éternel !

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Le rêve à portée de main. Qui de l´Argentine ou de la France soulèvera cette Coupe du monde 2022 ? La question vaut son  pesant d´or. Car oui, une médaille d’or est en jeu, mais bien plus encore. À l´échelle de l´histoire, le vainqueur de cette finale écrira son nom en lettre d´or. D´abord parce que la France pourrait devenir la première nation depuis le Brésil (58-62) à conserver son titre de champion du monde. Par ailleurs, ce sera simplement le troisième pays à conserver son titre. L’Italie l’avait fait en 1938 après sa victoire en 1934. Ensuite, parce que ce graal est le seul qui résiste encore à Lionel Messi, monstre sacré du football dont d´aucuns disent que le Mondial est la seule chose qui lui manque pour devenir le meilleur footballeur de l´histoire. En Argentine, Messi est un saint. Ce dimanche, il pourrait devenir un dieu.

Messi vs Mbappé

Le football est un sport collectif, mais le plus individuel de tous. Et bien évidemment, France-Argentine se voit aussi au prisme d´un choc attendu par le monde du football, mais bien plus encore. Les yeux seront rivés sur le match dans le match entre Kylian Mbappé et Lionel Messi. Coéquipiers de tous les jours au PSG, ennemis d´un soir au Qatar, pays qui paie leurs salaires, ironie de l´histoire. De plus, le vainqueur de cette finale de Mondial ferait un grand pas vers le Ballon d'or, rien que ça.

Par ailleurs, cela sonne également comme une passation de pouvoir entre deux générations,  quel que soit le résultat du match. En sus, tous les deux, numéro 10 sur le dos, se battent pour le titre de meilleur buteur. Ils comptent 5 réalisations chacun. Le Français peut également s’offrir son deuxième Mondial avant de fêter ses 24 ans la semaine prochaine et aussi se rapprocher du record de buts en Coupe du monde. Klose en compte 16 alors que le Bondynois en est déjà à 9 réalisations.

Griezmann-Alverez, bien plus que des lieutenants

Dans chaque armada, il y a un général et un voire plusieurs lieutenants. Si Lionel Messi est naturellement le leader technique argentin, La Pulga s’est trouvé un acolyte de choix en la personne de Julian Alvarez. L’attaquant a pris la place de Lautaro Martinez, décevant dans ce Mondial. Ses quatre buts, dont 2 en demi-finale, ont été hautement précieux. Néanmoins, le joueur de Manchester City brille dans d’autres registres. Ses courses, ses appels incessants, son pressing constant usent et désabusent les défenseurs.

Côté français, le maître à jouer se nomme Antoine Griezmann. Annoncé sur le déclin à cause de ses performances moyennes à l’Atlético Madrid, le gaucher renait au Mondial qatari. Il en est d’ailleurs le meilleur passeur avec 3 offrandes. Son rôle hybride, entre milieu relayeur et meneur de jeu, a bluffé tout le monde. A tel point qu’on parle de lui comme du meilleur joueur du tournoi.

Lloris-Martinez, les anges gardiens

Argentine et France sont donc toutes deux outillées pour marquer des buts avec. Néanmoins, elles ont aussi deux très bons gardiens pour veiller. Hugo Lloris chez les Bleus, a montré toute l’étendue de son talent, notamment face au Maroc en demi-finale de ce Mondial. Il va d’ailleurs devenir le gardien le plus capé de l’histoire de la Coupe du monde en foulant la pelouse cet après-midi. Son adversaire argentin Emiliano Martinez a lui aussi une part prépondérante dans le parcours de l’Albiceleste. En 1/8e contre l’Australiee, il a réalisé une magnifique parade dans le temps additionnel pour préserver la qualification (2-1). En quarts, il a écœuré les Hollandais aux tirs au but.

Style direct, combat de boxe en vue

Enfin, cette finale mettra aux prises deux formations avec un style assez similaire. Aucune des deux équipes n’est réellement penchée sur la possession. Didier Dechamps comme Lionel Scaloni sont des techniciens qui savent s’adapter à l’adversaire. Pour le sélectionneur argentin, il a fallu digérer la défaite inaugurale face à l’Arabie Saoudite. Ensuite, il y a eu plusieurs changements avec les sorties du onze de Papu Gomez ou encore Lautaro Martinez, et els arrivées entre autres d’Enzo fernandez, Julian Alvarez ou Mac Allister. Alors que pour Deschamps, les forfaits accumulés l’ont contraint à changer d’hommes dans ce Mondial. Mais une constante existe entre ces deux équipes : la transition. Elles savent exploiter les contres et aller vite vers l’avant. De ce fait, gare aux pertes de balle. Car, c’est plus qu’un match, plus qu’une finale, c’est le rêve ultime de tout footballeur qui se joue : la finale de la Coupe du monde.

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Mondial 2022-Maroc : Regragui explique la défaite contre la Croatie

Le Maroc finit quatrième du Mondial 2022. Il s'est incliné (1-2) devant la Croatie, ce samedi 17 décembre, dans la petite finale du tournoi. Le défenseur croate Josko Gvardiol (7e) a ouvert le score. Deux minutes plus tard, l’arrière-central adverse Achraf Dari a égalisé. Avant la pause (42e), Mislav Orsic a anéanti les espoirs marocains en doublant la mise pour les Ardents. Le sélectionneur des Lions de l’Atlas met cette défaite sur le compte de la fatigue de ses joueurs et l’absence de certains de ses piliers. «On a manqué de justesse et de fraîcheur, a admis Walid Regragui sur BeIN Sport. On ne va pas se mentir, sans se cacher, on a été au bout du bout.»

Le technicien marocain a poursuivi : «On a été à notre maximum, le moteur a cassé aujourd'hui. Il nous manquait Romain Saïss, Nayef Aguerd, Noussair Mazraoui. Puis dans le match, on perd Jawad El Yamiq et Achraf Dari dans l'axe. On finit avec une charnière centrale inédite, les cadres étaient fatigués. On a essayé de ramener de la fraîcheur avec les jeunes, ils ont donné ce qu'il fallait et ont appris de ce match je l'espère pour le futur.»

«On va revenir plus fort»

S’il mentionne ces handicaps, le technicien marocain n’occulte pas le mérite de l’équipe croate. «On aurait souhaité terminer sur le podium, mais je pense que la Croatie méritait cette victoire au vu de l'expérience. Ils ont bien géré et n'ont pas voulu lâcher, a-t-il analysé. C'était un beau match, on a vu qu'on était pas loin. On va apprendre de ça.»

Considérant l’ensemble du parcours de son équipe au Mondial qatarien, le technicien de 47 ans se montre satisfait. «On est heureux parce qu'on est dans les quatre meilleures équipes du monde, a salué Walid Regragui. On progresse, on a donné une belle image et on a encore du travail. On est satisfait à la fin même si la défaite est amère mais je pense qu'elle est méritée. Le plus important pour moi en tant que coach et je pense pour le public marocain, c'est que l'équipe n'a pas lâché. On va revenir plus fort. Ce que je retiens, c'est qu'on a uni notre pays le temps d'un mois. Tout le monde était heureux.»

La Rédaction – Sport News Africa