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CAN 2025 : avec le CHAN, l'Algérie a marqué des points... et les esprits

« Cette édition sera la plus réussie de l'histoire ! » En faisant cette prédiction à la veille du coup d'envoi du CHAN 2022, Patrice Motsepe ne pensait sans doute pas autant être dans le vrai trois semaines plus tard. Alors que la finale va opposer le pays hôte au Sénégal ce samedi 4 février, l'heure est déjà au bilan pour le président de la Confédération africaine de football qui a suivi la compétition sur l'ensemble des quatre villes hôtes d'Alger, Annaba, Constantine et Oran. De retour dans la capitale algérienne avant l'ultime rencontre, le Sud-Africain s'est montré élogieux envers l'organisateur.

« Le meilleur CHAN de tous les temps » pour Patrice Motsepe

« Je dis avec assurance que le CHAN 2022 en Algérie est le meilleur de tous les temps. Dans toute l'histoire du CHAN en Afrique, c'est vraiment la meilleure édition. La qualité du football, des installations, des stades, des terrains, des arbitres, la VAR, les hôtels, les transports. C'est la meilleure », a-t-il lancé devant un parterre de journalistes venus recueillir ses impressions. Un sentiment globalement partagé par de nombreux présidents de fédérations parmi les nations participantes, staffs, joueurs et supporters dont certains ont fait le déplacement pour venir encourager leur équipe. En plus des quatre stades qui ont abrité la compétition dans une ambiance rarement vue pour un CHAN, beaucoup louent la qualité de l'ensemble des infrastructures autres que sportives et la facilité des déplacements.

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C'est notamment le cas de Karim Haggui. Ancien international tunisien et présent à ce CHAN en qualité de « CAF Legend », l'ancien défenseur ne tarit pas d'éloges au sujet du pays hôte. « L’Algérie n’avait pas accueilli un tournoi majeur depuis très longtemps. En regardant l’excellent travail réalisé avec les installations et les infrastructures, les transports et d’autres aspects, ils ont donné une belle image du pays» reconnaît-il, avant de saluer le travail des instances sportives qui ont œuvré «à la réussite de ce CHAN qui marque une avancée pour le football africain. » Même son de cloche pour Yacine Idriss Diallo.

Avant l'élimination des Eléphants en quarts de finale, le président de la Fédération ivoirienne de football a fait le même constat que bon nombre de ses confrères sur place. Venu également pour prendre des conseils et tirer expérience en vue de la prochaine Coupe d'Afrique des nations qui sera justement organisée en Côte d'Ivoire, le dirigeant a salué la qualité des infrastructures. « En venant ici, il a été possible de recueillir des informations utiles pour l'organisation d'un évènement sportif majeur. Nous sommes aussi ici pour apprendre en même temps. J’étais à Annaba, et j’ai vu des infrastructures magnifiques. L’Algérie reste un grand pays du football qui dispose des infrastructures de qualité. Nous sommes accueillis dans d’excellentes conditions », a-t-il confié, avant de promettre : « Nous allons prendre ce qui est le meilleur pour organiser une CAN à la hauteur des espérances. »

Suspens relancé pour la CAN 2025 ?

A l'instar du président Diallo, nombreux sont les membres de la Confédération africaine de football qui saluent le travail réalisé par l'Algérie sur ce CHAN. Et ce, alors que le pays est aussi candidat à l'organisation de la CAN 2025, en concurrence avec l'Afrique du Sud, le Maroc, la Zambie et un ticket composé du Bénin et du Nigeria. Alors que le pays hôte pourrait être désigné le 10 février prochain, la discussion autour de cette attribution est débattue en coulisses. Au fil des échanges, plusieurs membres et collaborateurs de la CAF, sous couvert d'anonymat, ne cachent pas leur bonne impression globale par rapport à ce CHAN et verraient d'un bon œil que la Coupe d'Afrique des nations après celle en Côte d'Ivoire se passe en Algérie.

Encore faut-il que les membres du Comité exécutif de la CAF, à qui reviendra le dernier mot au moment du vote, ne pensent pareil. Initialement partie avec plusieurs longueurs de retard par rapport aux dossiers sud-africain et marocain, annoncés comme favoris, le pays des champions d'Afrique 2019 a sans doute réussi à combler une partie de son retard avec ce CHAN 2022, à défaut, peut-être, d'avoir totalement rebattu les cartes en vue de l'attribution de cette CAN 2025.

CHAN : un ancien international veut un changement de format

Alors  que le  CHAN 2022 offre sa finale ce samedi 5 février avec Algérie-Sénégal, Karim Haggui lui réfléchit déjà à l’avenir. L’ancien international tunisien veut un changement de format. Certes, il faut conserver le format en convoquant des joueurs locaux. Toutefois, l’ancien capitaine des Aigles de Carthage souhaiterait inclure une limite d’âge. « Il vaut mieux jouer au CHAN avec des joueurs de moins de 23 ans car il y a de la qualité à ce niveau et nous n'avons pas besoin de joueurs de 33 ans », a-t-il d’abord exprimé à BBC Sport Africa.

Karim Haggui poursuit ensuite son laïus. « Vous devez donner l'opportunité au jeune joueur d'améliorer son jeu lors du tournoi qui s'étendra au football national. Le CHAN sera plus compétitif et les performances auront également un grand impact sur les ligues nationales maintenant et à l'avenir également. Avec tout le respect que je vous dois, avoir quelqu'un qui a déjà 33 ans rend extrêmement difficile pour les dépisteurs qui sont ici de s'intéresser à de tels joueurs ».

S’inspirer des JO

L’ancien joueur de Strasbourg et du Bayer Leverkusen veut donc faire du CHAN une antichambre pour les équipes nationales A. ce qui permettrait ainsi aux jeunes joueurs d’avoir l’habitude des rencontres décisives avant de défendre les couleurs de leurs pays. « Le CHAN est un tournoi pour les joueurs locaux, il est donc logique de donner une chance à ceux qui n'ont pas régulièrement la chance de jouer avec la première équipe. Au niveau de l'équipe nationale senior, les joueurs viennent de grands clubs européens en Italie, en Allemagne et en Angleterre pour jouer dans la CAN, mais ici au CHAN, des stars peuvent émerger pour faire ce grand pas. Pour un homme de 33 ans, je suis désolé que le CHAN n'offre pas une si grande opportunité », a poursuivi Karim Haggui.

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Pour finir, Karim Haggui a aussi une autre idée : s’inspirer des Jeux Olympiques. « Il serait peut-être bon d'aller avec peut-être deux ou trois joueurs plus âgés pour ajouter (la) qualité d'expérience aux équipes. Généralement, il suffit de donner la chance aux jeunes de jouer »

CHAN 2022-Harouna Doula : «Si on avait démarré avec ma dernière option... »

Qu'est-ce qui n'a pas marché pour votre équipe ce soir ?

Harouna Doula : Après une si lourde défaite, je ne pense pas qu'on puisse dire qu'il y a quelque chose qui a marché. On a eu une entame de match très difficile. On a été acculé aux abords de notre surface de réparation. Ce n'était pas étonnant qu'on cède si vite. C'est peut-être une mauvaise option de ma part. On a beaucoup respecté cette équipe algérienne dans le jeu. Pourtant on avait beaucoup de renseignements sur cette équipe puisqu'on les a joués deux fois. Je pense que l'option de jeu nous a pénalisés. En seconde période ils n'avaient pas à forcer puisqu'ils avaient quatre buts d'avance. Mais on a su les garder loin de nos buts. Mais on prend encore un but par manque d'agressivité. Il faut aussi dire qu'on a manqué de fraîcheur sur ce match. Si on avait entamé ce match comme on l'a fini, peut-être qu'on allait les gêner. Ils ont mérité leur victoire. Je leur dit bonne continuation pour la finale.

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Après la qualification en demi-finale vous vous étiez présenté avec tout votre staff. Etait-ce déjà là, la satisfaction d'avoir accompli votre mission alors que le tournoi n'était pas terminé ?

Harouna Doula : Je vais retourner la question : est-ce que les Nigériens ne sont pas satisfaits de leur équipe ? Moi, je le suis. Je ne peux pas me contenter de cette demi-finale, j'aurais aimé aller en finale. Mais je dois aussi faire avec mes moyens. On a encore une 3ème place à aller chercher et nous allons jouer pour gagner. Tous les entraîneurs étaient venus pour gagner. Il y a de la satisfaction, mais je ne peux pas me contenter d'une demi-finale.

Quel discours allez-tenir aux joueurs, dont beaucoup sont jeunes, après ce résultat ?

Harouna Doula : D'abord qu'ils doivent comprendre que le CHAN est une compétition exigeante. C'est un haut niveau. Il faut être prêt physiquement et mentalement, se préparer au quotidien pour répondre aux exigences de la compétition. Certainement qu'ils tireront individuellement des leçons pour voir où ils se situent chacun par rapport à leurs exigences. Cette défaite va permettre que chacun se remette en cause. Les joueurs, mais nous aussi les encadreurs, pour perfectionner ce qu'on fait.

Est-ce que sur ce match face au pays hôte vos jeunes joueurs n'ont pas cédé à la pression ?

Harouna Doula : Il y a eu de la pression, mais je ne pense pas que ce soit véritablement la cause de cette défaite. On a manqué de fraîcheur à la fois au niveau physique mais aussi mental. Si on est fort mentalement, on peut supporter la pression. On a baissé à niveau. On avait aussi des joueurs qui ont enchaîné trois matchs complets. Au niveau de la récupération, certains n'étaient pas au mieux et on a été contraint de faire des remplacement après seulement 20 minutes. Maintenant on va revoir le match pour comprendre ce qui s'est passé.

Des regrets ?

Harouna Doula : Cette équipe d'Algérie, je la connais bien. C'est la 3ème fois que je l'affronte en quelques mois. Je pense que si j'avais entamé ce match avec ma dernière option de jeu, ça aurait peut-être changé les choses. Alors, ils auraient quand même pu nous battre, mais pas nous mettre cinq buts. Lors de notre dernier match amical on avait pu les presser pendant 90 minutes. On a perdu 2-0, mais sur des erreurs individuelles. Il aurait fallu les gêner à partir de leur relance, les obliger à commettre ces quelques erreurs pour récupérer le ballon. Là le match est perdu au bout de 45 minutes.

Comment vous allez vous y prendre afin de décrocher la 3ème place ?

Ce sera d'abord par la récupération. Je vais dire au joueur d'évacuer ce match. 1-0 ou 5-0 ça aurait conduit au même résultat, une élimination. On va travailler pour la récupération physique et mentale pour ce match.

CHAN 2022-Bougherra : « Je savais qu'il pouvait y avoir un déclic »

Quels sont les enseignements de ce match remporté par votre équipe ?

Madjid Bougherra : D'abord je tiens à remercier les joueurs. Ils ont tout le mérite. Il faut remercier les supporters aussi qui encore une fois ont été derrière nous et c'était magnifique. Pour ce qui est du match, les joueurs ont respecté ce qu'on avait prévu. On connaissait cette équipe du Niger, c'est une équipe qui joue sur de longs ballons et les remises. On l'a vu contre le Ghana et on avait peur de cette façon de jouer. C'était leur force avec des centraux qui pouvaient envoyer de longs ballons. Pour stopper ça il fallait aller les harceler, mettre la pression sur les centraux. On savait que physiquement ils allaient flancher car ils ont eu un jour de récupération en moins. Les joueurs ont bien respecté les consignes et dans le jeu on a insisté sur leur côté droit. Je suis content car on a marqué 5 buts, dont 2 dans le jeu. On s'est malgré tout relâché en 2ème période, le Niger a pris le dessus. Mais on est bien revenu sur la fin. L'essentiel c'est la qualification en finale. C'est bon pour le moral de marquer beaucoup de but. C'est une réponse aux critiques qui disaient qu'on marquait peu.

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Vous vous attendiez à un tel score ?

On a l'habitude de jouer contre le Niger en match amical. On avait d'ailleurs testé un nouveau système lors du 2ème match et on avait eu beaucoup de situations. On savait que si on allait les harceler dans le pressing et cadrer leurs défenseurs centraux ou les latéraux, on allait récupérer des ballons. Les sorties de ballon ce n'est pas leur force, ils préfèrent le jeu direct. Les joueurs ont vraiment respecté les consignes, ils ont eu une maturité tactique. Je ne suis pas surpris. Quand on a très vite mené 2-0, je savais qu'il pouvait y avoir ce déclic pour qu'on marque plus de buts.

L'Algérie est qualifiée pour la première fois de son histoire en finale du CHAN. Qu'est-ce que cela représente pour vous et l'équipe ?

Madjid Bougherra : Quand on avait discuté avec Djamel Belmadi, l'objectif c'était de créer un projet et laisser une empreinte chacun sur son équipe, tout en ayant un lien entre les deux sélections. On a travaillé sérieusement avec le staff, on a été dans beaucoup de stades, on a testé énormément de joueurs. Le travail paye toujours. Je suis content pour les joueurs car ils n'ont pas été assez exploités. On a apporté un certain professionnalisme à ces joueurs en les faisant voyager, en faisant beaucoup de stages. Ils m'ont facilité la tâche, ils sont très demandeur, c'est un groupe travail, aucun manque de respect. C'est magnifique en tant qu'entraîneur d'avoir ce groupe et ils montrent à tous les recruteurs qu'ils peuvent venir se servir dans le championnat local.

Une nouvelle victoire, 5 buts, aucun encaissé, le public qui scande votre nom... Pensez-vous avoir franchi un cap en tant que sélectionneur et cela ne vous donne t-il pas une légitimité pour prendre les rênes de l'équipe A un jour ?

Madjid Bougherra : Le métier d'entraîneur est très difficile. Mais, il montre que le succès n'a pas d'âge. On a encore trop la mentalité qui consiste à ne pas faire confiance aux jeunes entraîneurs. Or dans le monde actuel on voit beaucoup de jeunes entraîneurs. Et il faut leur donner leur chance pour qu'ils apprennent auprès de ceux qui étaient déjà là. C'est comme ça qu'ils vont grandir. J'ai un grand respect pour Djamel Belmadi et je n'oublierai pas ce qu'il a fait pour moi. C'est lui qui m'a donné l'envie d'être entraîneur et ma ouvert les portes à Al Duhail et avec les U23. Il m'a rappelé ensuite avec les A' quand j'étais dans une situation difficile. C'est mon grand frère et mon mentor. Cette finale c'est une récompense pour mon staff et moi. Là on a des succès, mais il y aura aussi des échecs. Pour ce qui est de l'avenir, on a un super sélectionneur qui je l'espère va nous qualifier en Coupe du monde. Moi, vous pouvez m'oublier pour au moins 5 ans minimum, sûr et certains. J'ai encore beaucoup à apprendre et pas que comme sélectionneur, qui est différent d'entraîneur au quotidien.

Qu'est-ce qui vous a plu sur ce match et comment abordez-vous la finale ?

Madjid Bougherra : On a marqué sur coups de pieds arrêtés et aussi dans des animations, c'est bon pour notre moral. L'objectif ça reste cette finale. Ce ne sera pas facile car on aura un bel adversaire en face que ce soit le Sénégal ou Madagascar, avec à leur tête deux sélectionneurs locaux, des enfants du pays. Cela montre que l'entraîneur africain a quelque chose, il a des qualités et qu'il peut élever son pays.

Comment allez-vous motiver vos joueurs pour cette finale face à Madagascar ou au Sénégal ?

Madjid Bougherra : Dans ces conditions la motivation vient toute seule quand vous êtes en finale. Je ne me fais aucun souci. On a pu faire sortir des joueurs qui étaient sous le coup d'une suspension et aussi en reposer d'autres. Il faut surtout qu'on oublie ce 5-0, ce sera un tout autre match. Il faudra se donner à fond, tout faire pour gagner dans les 90 minutes, sans prolongation. Le rêve de nos joueurs c'est que le père de Bilal Hamouda (décédé dans un accident de voiture, ndlr) qui soulève la coupe. Ils attendent ça, ce serait un énorme cadeau. On ne l'oublie pas.

CHAN 2022 : l’Algérie foudroie le Niger et file en finale

L’Algérie était bien trop forte pour le Niger. En demi-finale du CHAN, les Fennecs l’ont emporté 5-0 ce mardi 31 janvier et décrochent ainsi le premier ticket pour la finale.

3-5-2 pour l’Algérie, 4-4-2 pour le Niger, la bataille tactique s’annonçait d’entrée pour cette première demi-finale du CHAN 2022. Les Algériens vont d’ailleurs démarrer au quart de tour en ouvrant le score dès la 15e minute de jeu. Sur un corner, le gardien nigérien Mahamadou Djibo se troue en essayant de dégager la balle. Cette dernière revient sur Ayoub Abdellaoui, le capitaine algérien, qui propulse le ballon de la tête au fond des filets. C’est le premier but encaissé par le Niger dans cette compétition.

D’ailleurs, cette réalisation va en appeler une autre. La tête sous l’eau, les Nigériens concèdent un second but huit minutes plus tard. Servi en profondeur par Draoui, Aimen Mahious ne se prive pas pour doubler la mise d’une magnifique frappe pleine lucarne. Son quatrième but dans ce CHAN. Il prend ainsi tout seul la tête du classement des buteurs. Mené, le Ména n’arrive à se relancer. Pire, à la 34e minute, Mahious s’offre un doublé, magnifiquement servi par Laouafi sur coup franc. Le sélectionneur nigérien Harouna Doula décide alors d’effectuer deux changements avant la pause, histoire de créer un électrochoc. Mais, le score va encore s’alourdir. Sur un nouveau corner, Katkoré dévie le ballon dans ses propres filets (45e). L’Algérie mène 4 buts à 0 à la pause. Un coup de sifflet de l’arbitre qui sonne comme une délivrance pour le Niger, complètement perdu. Le public algérien lui, aux anges, accompagne le tout de chants.

Première finale pour l’Algérie

La deuxième période débute à l’image de la première. L’Algérie continue d’attaquer pendant que le Niger défend, ou essaie. Car les vagues déferlent sans cesse sur leurs cages. A l’heure de jeu, les Fennecs avaient déjà tiré au but 16 fois (6 cadrés), alors que le Ména n’avait tenté sa chance qu’à quatre reprises, en ne cadrant qu’un seul tir. Cette demi-finale de CHAN ressemble par ailleurs à une libération offensive pour les hommes de Madjid Bougherra. Jusque-là, ils n’avaient inscrit qu’un but par match en quatre sorties (victoire 1-0 à chaque fois).

Peu à peu, les Algériens lèvent le pied et gèrent leur avance. Le Niger se procure des situations, sans toutefois parvenir  les concrétiser. Les Algériens vont même inscrire un 5e but par Sofiane Bayazid (83e). Un but qui va sceller le score. L’Algérie décroche donc la première finale de son histoire dans le CHAN. Le tout sans aucun but encaissé depuis le début. Les Fennecs A’ connaitront leur adversaire dans la soirée. Madagascar et le Sénégal se retrouvent pour l’autre demi-finale à 19H GMT.

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CHAN 2022-Demies : le choc des ambitieux

Les équipes du dernier carré du CHAN 2022 rêvent de succéder au Maroc, double champion en titre. Elles se voient toutes au soir du samedi 4 février brandir le trophée au milieu du stade Nelson-Mandela d’Alger, lieu de la finale du tournoi. Mais auparavant, il devront valider leur ticket pour la finale, ce mardi 31 janvier. L’Algérie et le Niger seront face-à-face (16h GMT) pour le premier billet tandis que la deuxième demi-finale opposera le Sénégal à Madagascar. Des étincelles en perspective pour ces pays qui veulent intégrer le palmarès du tournoi lancé en 2009 et qui boucle en terre algérienne sa 7e édition.

Pays hôte de la compétition, l’Algérie doit battre le Niger pour espérer gagner «son» CHAN. Auteur d’un parcours sans faute au premier tour (3 victoires sur 3) et meilleure défense de la compétition (0 but pris), les Fennecs sont a priori favoris. Mais ils devront se méfier du Mena qui a écarté de sa route de grosses pointures comme le Cameroun (1-0, 3e journée) et le Ghana (2-1, quart de finale).

«Impossible n'est rien pour le Niger»

D’autant que son sélectionneur, Harouna Doula, croit aux chances de son équipe de réaliser le hold-up du siècle au stade olympique Miloud-Hadefi d’Oran. Face à un adversaire qui n’a pas droit à l’erreur devant son public. «Tout ce que nous avons à faire, c'est de gagner et d'aller en finale, a clamé le technicien nigérien en conférence de presse d’avant-match. La pression est sur l'Algérie qui joue à domicile. Ils n'ont pas d'autre choix que de gagner le match mais pour nous, nous voulons atteindre notre objectif qui est de nous qualifier pour la finale donc nous n'avons aucune pression du tout.»

Doula a ajouté : «Nous avons un dicton au Niger qui dit : ‘Impossible n'est rien pour le Niger’. On veut écrire l'histoire en allant en finale. Vous ne savez jamais quand vous aurez à nouveau une opportunité comme celle-ci.» 

Il en faudra plus pour inquiéter le sélectionneur de l’Algérie. «Nous savons comment jouer contre le Niger. Nous les avons affrontés lors de matchs amicaux que nous avons gagnés, a rappelé Madjid Bougherra. C'est une équipe qui a de l'expérience et qui travaille ensemble.  Ils méritent d’être en demi-finales. Ce n'est pas une surprise pour moi. Nous allons essayer de jouer un beau jeu.»

L'Algérie jouera «à l'extérieur»

Après avoir joué tous leurs matchs à Alger, les Fennecs vont fouler le stade d’Oran pour la première fois dans le CHAN 2022. Ce détail constitue-t-il un handicap face au Niger qui a effectué toutes ses trois sorties sur cette pelouse ? Réponse de Bougherra : «Nous savons que le Niger a joué tous ses matchs ici et se sent chez lui mais quand nous arriverons sur le terrain, nous voulons continuer à rendre le peuple algérien heureux et réserver une place en finale. Nous avons joué des matchs amicaux ici à Oran. Nous nous sentons chez nous partout où nous jouons à Annaba, Constantine, Alger, Oran. Pour nous, c'est pareil, c'est normal.»

Une ombre au tableau : l’Algérie jouera sans son gardien titulaire, Alexis Guendouz. Ce dernier a été exclu dès la 20e minute du quart de finale contre la Côte d’Ivoire. Il a été suppléé par Farid Chaal, qui a sécurisé la qualification en demi-finale en gardant ses cages inviolées. «J'ai d'excellents gardiens dans l'équipe qui peuvent bien jouer et c'est un avantage supplémentaire, a salué Madjid Bougherra. Le destin a permis à Farid Chaal de jouer ce match. Il a gardé une feuille blanche. Il est encore jeune, mais il jouera en demi-finale. Nous espérons le voir donner le meilleur de lui-même.»

Les Fennecs peuvent compter en revanche sur l’actuel meilleur buteur du tournoi, Aimen Mahious, auteur de trois buts. «J'espère continuer à jouer au même niveau. (…) Le Niger a une défense solide, mais ce n'est pas quelque chose qui nous préoccupe, a lancé l'avant-centre de l'USM d'Alger en conférence de presse d’avant-match aux côtés de son sélectionneur. Nous ferons de notre mieux pour atteindre la finale.»

Attaque de feu contre défense de fer

À partir de 19 heures (GMT), le Sénégal et Madagascar tenteront de décrocher le deuxième billet pour la finale du CHAN 2022. Une affiche inédite à ce niveau. Auteurs d’un parcours sans faute, comme l’Algérie, meilleure attaque du tournoi (8 buts) et dirigés par le meilleur entraîneur de la phase de poules (Romuald Rakotondrabe), qui est adepte d’un football chatoyant, les Barea constituent un redoutable adversaire.

Leur sélectionneur reconnaît la valeur des Lions de la Téranga, mais il entend imposer sa patte. «Le Sénégal est une équipe forte et agressive. Nous n'avons pas les mêmes attributs, a-t-il rappelé. En tant que fan de football, c'est un régal pour moi de les voir jouer. Nous les observons et les analysons depuis longtemps. Même s'ils sont favoris depuis les demi-finales, nous mettrons en place une stratégie pour contrecarrer leurs plans.»

Romuald Rakotondrabe a ajouté : «Nous respectons beaucoup l'équipe du Sénégal. Les équipes sénégalaises font la fierté de notre beau continent à l'international. Maintenant contre eux, on va tout faire. C'est vrai, je dois vous le dire, je ne pensais pas qu'on irait aussi loin mais mes garçons ont fait leurs preuves sur le terrain. Aujourd'hui, tout le monde parle de nous. Cela peut être délicat. C'est à nous de rester concentrés.»

La bonne dynamique du foot sénégalais

Son collègue sénégalais, Pape Thiaw, lui, veut voir son équipe surfer sur la vague des bonnes performances qui déferle ces derniers mois sur le football sénégalais avec comme point d’orgue la victoire lors de la CAN 2021. «Il y a des qualifications pour toutes les compétitions dans toutes les tranches d'âge et tous les formats. Notre pays a besoin de plus que cela», a déclaré le technicien.

Si Madagascar est la meilleure attaque du CHAN, Pape Thiaw ne s’en inquiète pas. Il préfère miser sur les forces de ses joueurs. «Nous ne nous concentrons pas trop sur l'adversaire, a déclaré le sélectionneur sénégalais. Il n'est pas surprenant pour nous qu'ils aient atteint les demi-finales et que leurs joueurs aient montré leur potentiel. Nous comprenons pourquoi ils ont atteint ce niveau. Mais la meilleure façon de défendre, c'est d'attaquer. Il faut éviter qu’ils nous imposent leur façon de jouer. Des choses peuvent être mises en place pour les empêcher d'appliquer leur jeu, et on espère faire ce qu'il faut pendant le match.»

En dehors du faux-pas (0-1) contre l’Ouganda en phase de groupes, le Sénégal a fait forte impression. Les Lions de la Téranga n’ont encaissé que ce but en quatre matchs. Ils espèrent ne pas en prendre davantage pour le reste du tournoi. Ce qui signifierait un sacre au soir du 4 février prochain. À moins d'un faux-pas aux tirs but.

La Rédaction – Sport News Africa

 

CHAN 2022-Rakotondrabe : « Le Sénégal sera favori, mais... »

L'équipe de Madagascar arrive à Alger pour cette demi-finale face au Sénégal. Comment abordez-vous cette rencontre après avoir quasiment fait toute la compétition à Constantine ?

On a fait trois matchs à Constantine et ça s'est bien passé. Mais maintenant on est ici à Alger pour cette demi-finale. Le Sénégal c'est une équipe forte physiquement et agressive. Sur ce genre de match il faut être concentré pendant 90 minutes et surtout bien aborder la rencontre psychologiquement. On est prêt pour ce match et prêt à tout donner.

Durant ce CHAN tous les observateurs et le grand public ont pu découvrir Koloina et son pied gauche. Vous qui le connaissez, est-ce une surprise pour vous de le voir à ce niveau ?

C'est incroyable ce qu'il est en train de faire sur ce tournoi. On savait qu'il était capable de marquer des buts de ce genre. Cela fait un moment que je le connais et j'espère qu'il va continuer à jouer à ce niveau.

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Quelles seront les clés du match face au Sénégal ?

Depuis notre qualification en demi-finale nous savons que sera un match difficile. On prépare beaucoup l'équipe sur le plan mental. On a vu que l'équipe du Sénégal est forte défensivement et met beaucoup d'engagement. Pour le match de demain on va essayer de donner le meilleur de nous-mêmes. Pour moi, le Sénégal sera le favori. Mais ce genre de match va se jouer sur des détails. Celui qui en voudra le plus et qui sera le plus concentré aura le plus de chances de gagner et se qualifier en finale.

Dire que le Sénégal est favori n'est-ce pas un moyen de vous retirer la pression ?

Le Sénégal a gagné la dernière CAN, ils ont disputé la Coupe du monde au Qatar. C'est un grand pays d'Afrique. Pour Madagascar, c'est notre première participation au CHAN. Eux ont trois participations. Oui, ils sont favoris. Après je suis fier de ce qu'on a fait et produit jusqu'à présent. On va tout faire pour gagner et j'ai hâte d'être à demain pour voir ce qu'on sera capable de faire. Ce sera 50-50.

Vous comptez privilégier la force de frappe offensive de votre équipe qu'on voit depuis le début ou plutôt un collectif ?

Depuis le début on mise sur un collectif. Dans cette équipe, on n'a jamais eu d'individualités qui ont fait la différence seules. On mise sur la solidarité et l'abnégation et on espère que ça va continuer ainsi. Nous sommes dans une bonne dynamique avec ces valeurs et j'espère qu'on va continuer comme ça jusqu'au bout.

Quel discours allez-vous tenir à vos joueurs ?

Le plus important ce sera l'état d'esprit avec lequel ont va entamer ce match. Donc il faudra trouver les mots justes pour motiver mes joueurs et les pousser à donner le meilleur d'eux-mêmes.

Quels sont les retours que vous avez du pays par rapport à votre parcours ?

On vient de loin. On a envie de rendre fier notre peuple pour leur rendre tout le soutien qu'il nous apporte. On veut encore apporter de la joie et des sourires à Madagascar.

CHAN 2022-Pape Thiaw : « Être en finale et aller chercher le Graal »

Vous avez une bonne défense dans ce tournoi avec un seul but encaissé. Vous allez jouer face à l'équipe qui marque le plus de buts. Comment préparez-vous cette opposition de styles ?

Pape Thiaw : C'est vrai qu'ils marquent beaucoup et que notre seul but encaissé a été un but contre son camp face à l'Ouganda. Mais les matchs se suivent et ne se ressemblent pas. Là on est en demi-finale. On va essayer de garder nos bases et aussi jouer sur nos forces pour faire déjouer cette équipe de Madagascar qui a des qualités. On reste sur ce qu'on sait faire depuis le début, avec nos arguments, en espérant faire le meilleur match demain.

Il y a des similitudes entre le jeu proposé par les deux équipes. Qu'est-ce qui pourrait faire la différence sur cette demi-finale ?

Dans ce genre de compétition, on peut assimiler les matchs de la phase de groupes à des matchs de championnat et les matchs à élimination directe à des matchs de coupe. C'est forcément différent à aborder. Les matchs de ce genre se jouent beaucoup plus sur des rapports de force. Ce genre de match se joue sur des détails. Faire moins d'erreurs que l'adversaire et être présent sur tous les ballons.

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Madagascar est réputé pour son jeu offensif, ce qui veut dire que ses adversaires sont souvent mis en difficulté. Comment allez-vous gérer ce match sur le plan défensif ?

Pape Thiaw : Comme on le dit souvent : la meilleure façon de défendre c'est d'attaquer. Ils ont une belle équipe, ils savent garder le ballon, mais ce sera à nous de mettre en place des choses pour les empêcher de développer ce jeu. On essaye de travailler sur ça et préparer les joueurs au mieux.

Qu'est-ce qui fait la force de cette équipe du Sénégal ?

C'est d'abord le collectif. Dans ce genre de tournoi c'est quelque chose de très important. On a aussi l'apport du banc de touche qui est très important. J'ai dit à mes joueurs que nul n'est indispensable mais que tout le monde a son importance, car on a besoin de tout le monde.

Que pouvez-vous dire sur votre adversaire ?

Pape Thiaw : Madagascar est une équipe qu'on ne présente plus au niveau africain. Sur ce CHAN c'est une équipe offensive, c'est celle qui a mis le plus de buts. Ils ont de très belles phases de jeu. Mais nous aussi on a de quoi faire. Il faudra le mettre en œuvre sur le terrain le jour du match.

Madagascar n'a jamais atteint la demi-finale d'un CHAN, le Sénégal l'a fait par le passé. Ne serait-ce pas une source de motivation supplémentaire pour eux ?

On ne calcule pas trop l'adversaire. A ce stade tout le monde est motivé. Madagascar, pour moi, n'est pas une surprise. Le football malgache est en train de monter. Ils montrent de très belles choses. Mais nous aussi on sait pourquoi on est là, on a envie de faire honneur à notre pays. Cela faisait 11 ans que le Sénégal n'avait pas participé à un CHAN. On a travaillé pour être là et notre objectif sera d'être en finale pour, pourquoi pas, aller chercher le Graal.

La sélection féminine vient de remporter le tournoi UFOA. Comment expliquez-vous ce succès actuel du football sénégalais ?

Le Sénégal est dans une forme de continuité. Que ce soit les U20, les féminines... Tout le monde travaille dans le même sens. On voit de très belles choses. J'en profite pour féliciter mon frère Mame Moussa (sélectionneur de l'équipe féminine, ndlr) et aussi notre fédération qui met les moyens. Seul le travail paye et cet investissement est en train de porter ses fruits. Le pays mérite ça et nous allons continuer à travailler dans ce sens pour continuer à avoir des résultats.

CHAN 2022 : la surprise malgache, l’Algérie au rendez-vous, le bilan des quarts

L’Algérie sur le fil

L’Algérie a buté sur une belle défense des Eléphants, en quart de finale. Avant de finalement connaître la libération dans les ultimes instants du match. Un pénalty à la 96e minute aura suffi au bonheur des Algériens. Aymen Mahious et ses nerfs d’acier n’ont pas tremblé pour concrétiser le tir. Les Fennecs s’offrent ainsi le droit de rêver d’un sacre dans leur CHAN. Eux dont le meilleur classement est une 4ème place acquise en 2011 (pour leur seule participation avant cette édition).

Cette confrontation face à la Côte d’Ivoire n’avait rien de facile sur papier, et cela s’est vu sur le terrain. La rencontre a par ailleurs connu plusieurs coups du sort. D’abord l’exclusion du gardien algérien Alexis Guendouz dès la 20e minute. Ensuite, quatorze minutes plus tard, celle de l’Ivoirien Kouassi Attohoula Yao. Avant l’ultime rebondissement et le pénalty algérien dans les arrêts de jeu de la seconde mi-temps, les deux équipes se sont livrées à une rude bataille. Les Algériens ont plus tiré au but (16 fois contre 9), avec une meilleure possession de balle (64%).

Sénégal, 14 ans plus tard

Un but (sur pénalty), et puis c’est tout. Le Sénégal a certes battu la Mauritanie (1-0), en quart de finale du CHAN 2022, mais les hommes de Pape Thiaw ont souffert le martyr avant de décrocher leur ticket pour les demies. Les Mourabitounes ont en effet largement dominé la partie. Tant au niveau de la possession (68%) qu’au niveau des tirs (18 tirs contre 6). Toutefois, l’essentiel était ailleurs. Le Sénégal marque ainsi le coup pour son retour dans cette compétition après 12 longues années d’absence. Ce sera la première qualification en demi-finale des Sénégalais depuis 2009. Ils feront face à Madagascar le mardi 31 janvier 202.

Madagascar et Niger héroïques

Pour un coup d’essai, Madagascar réussit un coup de maître. Premier CHAN de son histoire, et une qualification en demi-finale. Cette équipe malgache, joueuse et audacieuse, n’a fait qu’une bouchée du Mozambique en quart de finale. Score final, 3 buts à 1. Les Sénégalais devront donc se méfier de ces Barea qui semblent pouvoir soulever des montagnes.

De son côté, le Niger a déjoué tous les pronostics. Le Mena a décroché sa première participation aux demi-finales du CHAN, en quatre participations, grâce à son succès 2-0 sur le Ghana en quart. Les Nigériens peuvent dire merci à Harouna Doula. Le sélectionneur mène le pays à tous ses succès dans l’échiquier du football africain. L’entraineur de 57 ans a qualifié le Niger pour son premier CHAN (2011), a remporté le tournoi régional de l’UEMOA en 2010 avant de mener le Mena à la CAN 2012. Prochain objectif : battre l’Algérie en demi-finale le mardi 31 janvier. Le rêve est permis.

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« Depuis le début on s'est senti comme chez nous. Je tiens à remercier le public de Constantine. Ils ont été formidables. Ils nous ont soutenus pendant tout le match aujourd'hui et encore merci à eux. Même si forcément ce ne sera pas pareil, j'espère que le public d'Alger va nous soutenir comme on a pu être soutenu ici depuis le début. » Les mots sont de Romuald Rakotondrabe, sélectionneur de Madagascar. Après la qualification de son équipe pour les quarts de finale du CHAN 2022, le technicien a tenu à rendre hommage à une enceinte dans laquelle ses hommes ont disputé trois matchs pour autant de victoires. Et à chaque fois dans une ambiance assez inédite pour un CHAN.

« Une atmosphère incroyable »

Il faut dire que sur le papier, avec un groupe C composé du Ghana, de Madagascar et du Soudan après le forfait constaté du Maroc, ce n'est pas le Stade Hamlaoui et ses presque 23 000 places qui promettait de proposer les meilleures ambiances de la compétition. Encore moins lorsque le thermomètre affiche péniblement 8 degrés avant un quart de finale et qu'en levant les yeux depuis les tribunes du stade, les collines aux sommets enneigés témoignent encore de la météo des derniers jours. Et pourtant, c'est cette enceinte qui a très vite détonné, dès le premier match qui a opposé Madagascar au Ghana. Lors des compétitions continentales, encore plus lors d'un CHAN, il a souvent été constaté un certain manque d'intérêt du public lorsque l'équipe hôte ne joue pas. Le public constantinois a tordu le cou à cette habitude, avec en point d'orgue le quart de finale entre les Barea et le Mozambique.

Clairsemées une heure avant le coup d'envoi, les tribunes ont été prises d'assaut au fil des minutes pour finir par être totalement pleines. Dirigeants, entraîneurs, joueurs sont agréablement surpris malgré les conditions climatiques assez rudes qui ne découragent pas le public. « Les Algériens aiment le football avant tout. Hommes comme femmes, jeunes comme plus âgés. Ils en sont passionnés et donc peu importe l'affiche, ils ont envie de se rendre au stade pour profiter du moment », explique Ismail Benkaidia, commentateur de matchs pour Canal Algérie. « On a eu joué un match dans une atmosphère incroyable », abonde dans ce sens le sélectionneur mozambicain, Chiquinho Conde. Même si le public local a pris fait et cause pour Madagascar, domicilié à Constantine depuis le début de ce CHAN, mais surtout habitué à produire du beau jeu et offrir un festival offensif. Les ingrédients pour se mettre les supporters dans la poche.

« Je supporte l'Algérie... et Madagascar »

« Je supporte l'Algérie mais ils ne jouent pas de match ici, regrette Adel supporter. Je regarde beaucoup les championnats européens pour voir les joueurs algériens et aussi le Barça. Je suis venu au stade pour tous les matchs. Mais maintenant je supporte aussi Madagascar. Ils marquent beaucoup de buts ! J'espère une finale Algérie-Madagascar. » Le choix du cœur reprendra alors sûrement le dessus. Témoin de ce phénomène depuis le début de la compétition, Tanou Diallo évoque sa surprise au moment de son arrivée. « C'est comme ça ici depuis le début du CHAN. Il y a tout le temps du monde. Et il ne viennent pas seulement regarder. Ils viennent supporter et mettre l'ambiance », confirme le Media Officer de la CAF en charge de la gestion du site de Constantine. « Sur ce CHAN il y a du public quasiment à tous les matchs, mais ici, c'est encore autre chose. »

Une « ambiance constantinoise » qui n'a pas manqué de faire parler sur le toile, de nombreux internautes montrant, depuis le premier match, des vidéos ou photos de l'enceinte au tribunes bien garnies. Avec en point d'orgue ce quart de finale avec à la clé qualification des Barea, synonyme de fin de CHAN pour le Stade Hamlaoui, qui n'abritera plus de matchs d'ici la fin du tournoi. Mais si son tournoi s'arrête là, sans doute pourra-t-il s'enorgueillir d'avoir déjà gagné le trophée de la meilleure ambiance.