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Perspectives 2021 : Une Afrique record aux JO de Tokyo ?

Dans 200 jours, Tokyo abritera les 32es Jeux Olympiques de l’histoire. Une nouvelle occasion pour l’Afrique de confirmer son ascension dans cet événement planétaire. A Rio, le continent avait réalisé sa plus belle moisson avec 45 médailles. A Tokyo toutefois, l’Afrique pourrait en récolter encore plus.

(Triple saut) Zango établit un nouveau record du monde en salle
Hugues Zango

A la base, 2021 ne devait être qu’une année de transition et de maintien. Car toutes les grandes compétitions étaient prévues pour 2020. Mais ce fut une année capricieuse qui a tout refilé à 2021, espérant qu’elle puisse tout contenir. Si elle y parvient, ce sera effectivement une année très riche en événements. Surtout pour l’athlétisme.

Outre les meetings, il y aura effectivement le championnat d’Afrique à Oran, au nord de l’Algérie au mois de juin. Mais également, un mois après, les Jeux Olympiques de Tokyo. Durant cet événement planétaire, l’athlétisme a toujours permis à l’Afrique de briller. De voir ses fils triompher et l’hymne de certains pays africains retentir devant des milliers de personnes venues de partout. D’ailleurs en 2016 à Rio, 28 des 45 médailles africaines provenaient de l’athlétisme: 10 en or, 18 en argent et 17 en bronze.

La confirmation de l’Af-Sud attendue

Les JO de Tokyo (23 juillet-8 août 2021) doivent donc permettre à l’Afrique de confirmer sa montée en puissance durant ce rendez-vous quadriennal. Parce qu'en 2016, la moisson (45 médailles) fut un record. L'Afrique avait en effet fait mieux qu'en 2012 à Londres (34 médailles), 2008 à Pékin (40), 2004 à Athènes (35) et 2000 à Sydney (34). Il est bien possible, pour les athlètes du continent, d’atteindre cette fois-ci les 50 breloques. En effet, des nations, comme l’Afrique du Sud, continuent de progresser dans plusieurs disciplines. Il y a quatre ans, les Sud-Africains sont rentrés avec 10 médailles, dont deux en or de Caster Semenya (800m) et Wayde Van Niekerk (400m).

La nation arc-en-ciel possède des athlètes de haut niveau dans pratiquement toutes les disciplines. En sprint, Akani Simbine (27 ans) a terminé 2020 avec le 3e meilleur chrono mondial (9s91) derrière les Américains Michael Norman (9s86) et Trayvon Bromell (9s90). Au 200m, Clarence Munyai (22 ans, 20s23) et Sinesipho Dambile (18 ans, 20s44) sont dans le top 5 des meilleurs performeurs mondiaux en 2020. Prometteur!

Par ailleurs au saut en longueur Cheswill Johnson (8m20) et Ruswahl Samaai (8m09) sont dans le gratin mondial. Enfin, la star, Wayde Van Niekerk, promet une année 2021 de feu. Le détenteur du record du monde au 400 m (43s03) veut être le premier à courir sous les 43 secondes. Et conserver ainsi, son titre de champion olympique.

Rudisha pour une 3e breloque dorée au 800

Le report des Jeux Olympiques d’une année a complètement faussé les plans de plusieurs athlètes de niveau. Mais pour certains, c’est un salut. David Rudisha en fait partie. Le meilleur athlète de l’histoire au 800 m a été victime, au mois de mai, d’un accident. Il s’est ainsi fracturé la jambe et n’aurait donc pas pu défendre son titre à Tokyo. Or, le principal objectif de Rudisha est d’aller chercher une 3e breloque en or sur les deux tours de piste. Ce qu’aucun athlète n’a réussi dans cette discipline. De toutes les façons, aucun objectif n’est irréalisable pour l’athlète de 32 ans qui a amélioré 3 fois son propre record du monde du 800 m. A Rio, il avait notamment permis au Kenya d’être la meilleure nation africaine avec 13 médailles dont 6 en or, 6 en argent et 1 en bronze.

Zango, une médaille pour le Burkina Faso ?

Au Brésil, les Kényans ne s’étaient pas tout simplement illustrés sur les pistes. Julius Yego avait également écrit une des plus belles histoires du concours de javelot, en décrochant une médaille d’argent. Pourtant sans moyens, il s’est entraîné à cette discipline en ne regardant que des vidéos YouTube. Mais à Tokyo, un autre Africain, le Burkinabé Hugues Fabrice Zango, pourrait réussir aussi une belle prouesse, au saut. Alors qu’il prépare en parallèle un Doctorat en génie mécanique, l’athlète de 27 ans termine 2020 avec le 2e meilleur bond mondial de l’année (17m43), derrière l’Américain Christian Taylor (17m57).

En 2019 à Doha, il avait offert à son pays une médaille de bronze au triple saut. S’il décroche donc une médaille à Tokyo, ce serait la première de l’histoire du Burkina Faso aux JO. Le Burkina deviendrait ainsi le 25e pays africain à avoir une médaille olympique. C’est bien dans les cordes de Zango, détenteur du record d’Afrique en salle depuis le mois février (17m77). Cette performance est d’ailleurs la meilleure de l’année 2020 du triple saut en salle.

Les arts martiaux, l’autre voie du salut

Au-delà de l’athlétisme, l’Afrique s’était distinguée à Rio timidement certes dans d’autres disciplines. En effet, le Nigeria avait réussi à prendre le bronze au tournoi de football. Et l’Afrique du Sud est aussi montée sur le podium du Rugby à VII qui faisait son entrée aux olympiades. En boxe, en lutte et même en escrime, l’Afrique avait pu glaner au moins une médaille.

Mais la surprise est venue des arts martiaux, plus précisément du Taekwondo. Il a ainsi permis à deux nations du continent d’obtenir leur deuxième breloque de l’histoire. Alors que le Nigérien Abdoulrazak Issoufou Alfaga se pare d’argent, l’Ivoirien Cheick Cissé décroche tout simplement l’or. Et sa compatriote Ruth Gbagbi a pris le bronze. Ils sont tous qualifiés pour Tokyo. Alors que ces dernières années, les Africains grimpent dans la hiérarchie mondiale des arts martiaux, le Karaté sera invité à Tokyo.

La lutte sociale aux Olympiades

Les Jeux Olympiques qui rassemblent, tous les quatre ans, plus de 200 pays et des millions de téléspectateurs, sont par ailleurs, une très grande tribune. Des revendications sociales s’invitent très régulièrement aux olympiades. Les stars n’hésitent pas à en profiter pour manifester leur engagement. Le poing levé des athlètes afro-américains Tommie Smith et John Carlos en 1968 pour protester contre la ségrégation raciale aux USA reste dans les mémoires.

Mais plus récemment à Rio, le coureur éthiopien Feyisa Lilesa, médaillé d’argent au marathon, franchit la ligne d’arrivée, les bras croisés et levés. Un geste qu’il explique tout juste à la fin de la course. «C'est un signe de soutien aux manifestants qui sont tués par le gouvernement de mon pays. Ils font le même signe là-bas. Je voulais montrer que je n'étais pas d'accord avec ce qui se passe, j'ai des proches et des amis en prison. Le gouvernement tue mon peuple, les Oromos, des gens sans ressource. Des risques ? Peut-être que je vais être tué, peut-être que je vais être mis en prison, retenu à l'aéroport. Ou obligé de partir dans un autre pays», affirme Feyisa Lilesa.

Il n’a pas eu tort parce qu’il sera obligé de s’exiler, après ces JO, pendant deux ans aux USA. Mais son engagement ne sera pas vain. Car, par la suite Abiy Ahmed, appartenant à l’ethnie Oromo, est nommé premier ministre de l’Ethiopie. Le nouveau chef du gouvernement éthiopien a même accueilli Feyisa Lilesa en octobre 2018 comme un héros dans son pays. Rendez-vous à Tokyo dans près de sept mois.

Demba VARORE

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