Pierre Nkurunziza: un féru de foot est mort

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Pierre Nkurunziza: un féru de foot est mort

Le président burundais est décédé d’un arrêt cardiaque, selon le gouvernement. Pierre Nkurunziza était pourtant un très grand sportif qui vouait une passion sans limite au ballon rond. Il avait instauré le foot obligatoire tous les mardis pour tout le gouvernement et la marche le samedi.

Au sein du Cndd-FDD, un mouvement rebelle hutu burundais qu’il a rejoint en 1994, ses compagnons d’armes racontent qu’il avait fait construire un terrain de football au plus profond de la forêt de Kibira. Il y organisait des matchs en pleine rébellion, entre deux attaques contre l’armée, alors dominée par les Tutsi.

L’ancien prof de sport fait construire onze stades dans plusieurs localités du pays, dont un de 9.000 places, le stade Urukundo, dans son village natal, Buye, après son accession au pouvoir en 2005. Pourtant, le Burundi, avec 11 millions d’habitants, est l’un des pays les plus pauvres du continent. Pierre Nkurunziza joue à son sport favori plusieurs fois par semaine avec son équipe, le “Halleluya FC”. Les adversaires du président sont interdits de le tacler ou même de l’approcher à moins de 3 mètres lorsqu’il est en possession du ballon. Bien plus, tous les joueurs sur le terrain savent qu’il faut laisser le président marquer au moins un but! En 2014, le journal Le Renouveau le désigne meilleur buteur de l’équipe avec 39 réalisations, sur les 115 de Halleluya FC qui “n’a perdu aucun match”!

Nkurunziza "rudoyé" lors d'un match de football

Une vie jalonnée d’événements tragiques

Né en 1964 à Ngozi, dans le nord du pays, sa vie est jalonnée d’évènements tragiques. L’ancien chef rebelle devient orphelin à l’âge de 8 ans. Son père hutu, député au parlement a été assassiné lors des violences interethniques de 1972. Sa mère tutsi survivra au massacre et vit toujours à Ngozi, une province du Burundi.

Après l’assassinat du premier président démocratiquement élu au Burundi, Melchior Ndadaye, en 1993, et le meurtre de son successeur Cyprien Ntaryamira, tué en même temps que Juvénal Habyarimama du Rwanda, le Burundi replonge dans la guerre civile.

Le ministre de l’intérieur Léonard Nyangoma s’exile dans l’ex-Zaire, d’où il lance la rébellion du Conseil National pour le développement et la démocratie (CNDD). Pierre Nkurunziza le rejoint en 1995 pour combattre le pouvoir de Bujumbura dominé à l’époque par la minorité tutsi. Grièvement blessé à la jambe, Nkurunziza survit miraculeusement après quatre mois dans les marécages. La même année, il perd son frère qui lui ressemblait énormément, tué dans des violences interethniques à l’université. Il gravit rapidement les échelons de la rébellion hutu pour en devenir le chef en 2001.

Elu président en 2005

Le gouvernement de transition issu des accords d’Arusha et dirigé par Domitien Ndayizeye va négocier la paix avec la rébellion du CNDD-FDD. Nkurunziza fait une entrée triomphale dans Ruyigi (à l’est) à pied, entouré de ses soldats en 2004. En août 2005, Nkurunziza est élu par un parlement issu de l’accord d’Arusha qui consacre le partage du pouvoir entre Hutu et Tutsi.

En juin 2010, il est élu au premier suffrage universel depuis 1993 mais le scrutin est boycotté par l’opposition en raison de fraudes aux élections locales précédentes. En avril 2015, sa candidature controversée provoque même un putsc avorté. Grand sportif, le président qui recevait souvent ses hôtes en survêt, avait aussi fondé une acédémie du foot pour former des centaines de petits Burundais aux techniques de ce sport collectif. Surnommé “Imboneza yamaho” (le visionnaire) par son parti, le CNDD-FDD, Pierre Nkurunziza devait terminer son mandat dans deux mois.

Aristide NGUEMA

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