LUCARNE: Pour toujours, Pelé

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LUCARNE: Pour toujours, Pelé

Le roi Pelé a fêté ses 80 ans le 23 octobre dernier. Quand on interroge les mémoires d’aujourd’hui, formatées par Playstation et calibrées sur Messi ou Ronaldo, son image renvoie à de vagues connaissances. Mais les livres qui content l’histoire sont édifiants.

Quelques vidéos s’échappent parfois aussi du passé, pour éclairer le présent. Le jeu y parait lent, les dribbles téléphonés et le football loin du niveau 2.0 actuel, avec des actions pensées avant d’être exécutées (Pelé le faisait aussi), où les joueurs marchent sur l’eau, tracent des diagonales folles et dansent avec le vent. Tout va vite. Mais Pelé n’est jamais loin. La difficulté est cependant réelle de vouloir plaquer le passé sur le présent. De comparer deux mondes, l’un en noir et blanc, l’autre en couleur. De regarder le foot filmé avec une trentaine de caméras et un objectif qui tente de se caler en gros plan sur un bonhomme lancé à la vitesse grand V. Tout est relatif dans cet exercice… Le reste appartient à Pelé.

Pelé a donc eu 80 ans, traînant dans son histoire un monde aujourd’hui disparu, où brillent des éminences du passé (Bobby Charlton, Garrincha, etc.). Des sortes de magnificence de son rang que les historiographes retiennent un instant mais gardent l’éternité pour lui. Il abandonne les terrains en 1977, quittant le Cosmos de New York où il effectue quelques piges après avoir fermé sa carrière à Santos. Au regard de ce qu’il a été, il n’est pas seulement une icône du foot. Il est une personnification de son art. Tellement complet dans ce jeu, qu’il savait défendre et attaquer. C’est l’une de ses différences avec tous les autres, De Zico à Messi, en passant par Maradona.

Un génie au service de l’équipe

Pelé n’est pas complet pour lui-même. Son talent irradie tous ses partenaires. Quelques instantanés le personnifient à travers son itinéraire. Le must en la matière est le quatrième but de Carlos Alberto qu’il lui offre sur un plateau d’argent (finale du Mondial 70, Brésil-Italie: 4-1), sans jamais l’avoir vu débouler dans son dos. Tout simplement parce que l’espace est si ouvert, qu’il n’a pas besoin de réfléchir à un appel venu de derrière.

Tout brille à ses côtés. Avec le Brésil comme avec Santos. De certaines éminences, il a fait des cardinaux. Qu’ils soient de Flamengo, des Corinthians et d’ailleurs. Qu’ils s’appellent Gerson, Rivelino ou Jaïrzinho. Leurs belles heures, ils les vivent en 1970, quand Pelé les tirent vers une victoire en Coupe du monde. L’apothéose d’une carrière qui, pour O Rei, avait déjà connu deux points d’orgue avec un Mondial remporté en 1958 en Suède et en 1962 au Chili. Mais il rate la passe de trois en 1966 en Angleterre, agressé et mis hors compétition par un joueur dont le nom a pratiquement disparu des tablettes, qu’on n’a pas besoin de chercher dans les archives.

Une légende vivante

Une cinquantaine d’années après qu’il a raccroché les crampons, le monde du football ne change pas son regard sur lui. Rien que des souvenirs qui égayent les anciens. On parle de son «but» arrêté par l’Anglais Gordon Banks, de son dribble sur le gardien uruguayen Mazurkiewicz, de sa passe et du but marqué par Carlos Alberto lors de la finale contre l’Italie. Toutes les actions constitutives des joyaux du Mondial 70. Et au moment où France Football présente une «short list» pour élire les meilleurs joueurs de l’histoire foot à leurs postes pour une «Ballon d’Or Dream Team», Pelé pavoise aux côtés de Platini, Zidane, Messi. Un passé éternel qui brillera sans doute pour toujours.

Pelé, les Africains le découvrent entre 1966 et 1967, lors d’une tournée sur le continent. Avec Santos, avec pour étapes majeures à Dakar, Kinshasa, Brazzaville, Libreville et Abidjan. Il perd en Cote d’Ivoire et au Zaïre, domine une sélection du Cap-Vert (ancienne région de Dakar : 4-1) mais découvre un continent où la technique était porteuse d’un futur scintillant.

 Tidiane KASSE

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