RCA: le foot pour réconcilier les rebelles en prison

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RCA: le foot pour réconcilier les rebelles en prison

Secouée par une crise politico-militaire, la République centrafricaine aspire à la paix et au vivre ensemble entre ses fils. Pour ce faire,  les sports constituent un vecteur très important pour atteindre le but recherché par tous.

Les Nations Unies consacrent le droit aux loisirs aux prisonniers. C’est ainsi que les autorités de Ngaragba ont utilisé le football pour favoriser la réconciliation à l’intérieur même de la maison pénitentiaire.  En effet, il y a un tournoi de football organisé par les détenus qui sont issus des groupes armés.

Ils ont décidé d’utiliser le football pour se réconcilier. Cette action a mobilisé plusieurs centaines de détenus de la prison centrale et les femmes incarcérées à Bimbo. Ils ont été libérés des cellules exceptionnellement pour assister à la finale, le dimanche 11 octobre 2020.

Pour les responsables de l’administration pénitentiaire, le fait d’accepter cette compétition est une manière d’humaniser les maisons d’arrêt. Dieudonné Mbolinanguera, directeur de cette administration s’explique :«c’est une occasion de traduire en acte l’un des droits des prisonniers à savoir les loisirs. Le football fait partie des loisirs».

Les matchs de football pour consolider la cohésion en prison

Le très célèbre chef des “Antibalaka” Urbain Sami alias Bawa est l’initiateur principal de cette compétition de football.

« Le tournoi de football  dans la prison, est organisé pour lancer un message aux centrafricains. Il faut qu’ils puissent s’aimer comme nous ici. La prison nous a permis de renoncer à nos anciens actes crapuleux» confie-t-il.

Le tournoi a duré deux semaines et regroupé 8 formations.  Et c’est un succès selon Ahamat Tidjani, l’un des organisateurs. « Un détenu doit pratiquer le sport. Sans les activités sportives, tu vas t’ennuyer et tu vas être malade. Avant cette compétition, certains détenus musulmans et chrétiens ne se rapprochaient pas. Mais aujourd’hui, nous voyons que beaucoup de choses ont changé entre nous».

Les supporters constitués en majorité de détenus sont fiers de cette finale qu’ils qualifient de rassembleur. Malgré sa libération deux jours avant, Francis Grelombet n’a pas souhaité rater le tournoi :  « Je suis vraiment ému par cette initiative. On m’a déjà libéré, mais j’ai décidé de ne pas rater ce moment de convivialité au sein de la prison centrale ».

Le foot pour oublier les soucis à Ngaragba

Dans cette prison centrale, il y a les prévenus, les inculpés et les condamnés. Il existe aussi les mineurs, les adultes, les militaires et les personnes à mobilité réduite.

Pendant qu’ils attendent l’amélioration de leur condition de vie, la coupe de la cohésion sociale a été un moment de gaieté pour tous. Une finale exceptionnelle et inédite sous le chaud soleil de la capitale centrafricaine. Ce trophée a été remporté dimanche 11 octobre par FC Golowaka devant l’équipe de FC Sûreté. Victoire arrachée après 5 tirs au but à 4.

Au temps réglementaire, le score était de 1 but partout. Des prisonniers footballeurs expérimentés ont disputé cette finale. « Auparavant dans certains quartiers de Bangui, ce n’était pas possible que chrétiens et musulmans puissent cohabiter. Mais aujourd’hui par la grâce de Dieu, nous jouons ensemble ici en prison » soutient avec émotion Jaafar Mamandjien Issaka, capitaine de FC Sureté.

Pour Merlin Ngoboro, capitaine de FC Golowaka vainqueur du trophée, le football est un moyen pour oublier ses soucis. « Comme nous sommes des prisonniers, le football nous permet d’oublier nos soucis. Il y a beaucoup de bons joueurs ici, moi-même je suis un bon ailier » raconte-t-il.

Une prisonnière de plus de 50 ans, détenue à la maison d’arrêt de Bimbo fait partie de la délégation qui est venue assister à la finale. Elle ne peut cacher sa satisfaction. « Le football procure de la joie à tout le monde. Chez nous en prison, les femmes valides pratiquent le basketball pour se maintenir ».

Le terrain de football de la prison est exceptionnel car sa dimension n’est pas réglementaire. Le mur fait partie du terrain, et un canal d’eau fait office de limite de l’autre côté. Tout cela n’empêche pas les détenus de pratiquer le football et d’autres activités physiques et sportives.

La prison de Ngaragba est la toute première et la principale prison de Centrafrique construite en 1947. Sa capacité d’accueil était pour 400 personnes. Mais aujourd’hui, elle reçoit autour de 1000 personnes. Mais le temps d’un après-midi, ils ont oublié leur condition. Un début de réinsertion.

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