Scandale sexuel: le karaté camerounais éclaboussé

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Scandale sexuel: le karaté camerounais éclaboussé

Une enquête administrative est ouverte pour situer les faits après que d’anciennes athlètes ont accusé leurs encadreurs d’agressions sexuelles. Le président de la Fédération nationale, principal mis en cause, rejette tout en bloc et crie au complot.

C’est l’affaire qui secoue le mouvement sportif camerounais depuis quelques jours. En effet, la Fédération Camerounaise de Karaté et Disciplines Affinitaires (FECAKADA) est au coeur d’un scandale sexuel. Tout a commencé avec des témoignages bouleversants et des bandes sonores troublantes d’anciennes athlètes. Elles relatent les violences qu’elles auraient subies de la part de certains encadreurs, arbitres et responsables de la FECAKADA. Les faits présumés font état de harcèlement, d’attouchements, de voyeurisme, chantage, agressions sexuelles, tentative de viol sur mineure et d’abus de pouvoir. Le Cercle des Ceintures Noires de Karaté du Centre dénonce d’ailleurs ces actes. C’est dans le «Rapport sur les violences sexuelles dans le karaté au Cameroun» qu’il vient de publier.

Révélations

Ce document condense des témoignages sur ces allégations. Les faits incriminés se seraient déroulés entre 2011 et 2018 au sein de l’équipe nationale féminine de karaté. Mais les victimes présumées étaient mineures pour la plupart, au moment des faits. Ici, c’est le nom d’un arbitre qui est cité comme étant le mis en cause. Là, ce sont des encadreurs dont une dame qui, elle, «avait pris l’habitude de toucher et caresser les fesses des athlètes. Elle palpait très souvent les seins des filles sans explications […] Elle n’hésitait pas à se déshabiller au milieu des athlètes», témoigne l’une des victimes présumées. 

Accusé d'harcèlement sexuel, le président de la fédération ...

Mais le principal mis en cause dans cette «affaire», c’est l’actuel président de la Fédération camerounaise de karaté. Le nom d’Emmanuel Wakam revient dans plusieurs témoignages. De nombreuses anciennes athlètes l’accusent, à visage découvert, de les avoir écartées de l’équipe nationale. Parce qu’elles n’auraient pas cédé à ses «avances».

Cependant, le Cercle des Ceintures Noires de Karaté du Centre se réjouit que le silence soit enfin brisé. Il déclare à ce propos: «Ces dernières semaines, un vent de révolte, sous forme d’un ras-le-bol, a soufflé sur le karaté camerounais donnant les coudés franches aux victimes et témoins de harcèlement et de violences sexuelles qui ont entrepris de s’exprimer sur les réseaux sociaux en dénonçant les auteurs».

Un combat pour le contrôle de la Fédération ?

Le président de la Fédération se défend toutefois. Pour Emmanuel Wakam, il ne s’agit que d’un montage pour ternir son image. «Je ne me reconnais ni de près, ni de loin dans ces actes ignobles […] Ce sont des insolites», a-t-il déclaré. Le patron du karaté camerounais se dit victime d’une machination pour l’éjecter de son siège de président de la Fédération, avant l’élection pourtant prévue cette année.

Emmanuel Wakam accuse notamment son rival, maître Alain Ndem, ancien karatéka basé aux Etats-Unis d’Amérique, d’être derrière cette “cabale“. “Me Ndem Alain fait rêver les enfants. Il leur fait croire qu’une fois élu président de la Fédération, ils vont gérer autrement“, dit Me Wakam. Il ajoute : «Ce n’est pas comme ça qu’il faut faire partir quelqu’un ! Il faut être loyal, il faut être capable de venir démontrer ce qu’on peut faire quand on veut remplacer quelqu’un“.

Mais les présumées victimes nient être manipulées. Une source introduite au sein du Cercle des Ceintures Noires de Karaté du Centre fustige la sortie du président indexé. «Il ne faut pas que maître Wakam se cache derrière l’élection pour insinuer que ces filles ont décidé de parler parce qu’elles seraient manipulées par un candidat au scrutin».

Une enquête ouverte

Néanmoins, le ministère des sports a mis sur pied une commission d’enquête pour mieux apprécier les faits. Elle prendra des sanctions si des coupables sont désignés. Elle devra déterminer la véracité des témoignages rendus publics. Et si ces révélations sont exactes, les enquêteurs devront alors identifier toutes les autres victimes potentielles. Affaire à suivre donc!

Kigoum WANDJI  

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