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Sébastien Siani : « ce que les gens n'ont jamais su de la CAN 2017... »

Perdu des radars de la Tanière depuis près de deux ans, Sébastien Siani se la coule douce, depuis 2018, dans l'exotique Golfe où l'argent coule à flot. Loin de sa famille et des exigences du football européen, le champion d'Afrique 2017 se plaît bien dans ses habits de « Cheikh » au royaume des Pétrodollars. C'est vrai qu'à 33 piges, dans le foot, on préfère le sniff du blé aux aventures galantes. On a surtout le temps de rejouer le film de ses conquêtes glorieuses et de parler de l'avenir. Entretien.

Comment passez-vous votre confinement ?

Ce n’est pas évident. Il faut essayer de s’occuper. Rien n’est évident lorsqu’on vit seul dans un appartement, surtout que je ne suis pas avec ma famille. J’essaie de faire de mon mieux pour tuer le temps. C’est stressant et embêtant.

A cette période, comment faites-vous pour tenter de garder votre forme physique ?

J’ai une petite salle de sport à la maison. J’ai fait de mon salon un espace de sport. J’essaie de me démerder comme je peux, en suivant un programme bien défini. C’est important de bouger parce que si on reste immobile alors le corps est habitué à bouger, ça risque de devenir catastrophique après. Même pour les non-sportifs, c’est important de marcher. Après, les règles de confinement ne sont pas respectées dans tous les pays, comme c’est le cas chez-nous au Cameroun où les choses ne favorisent pas un respect de ces règles.

Vous avez choisi de quitter la Belgique pour le Golf, après plus d’une dizaine d’années. Comment jugez-vous le niveau du championnat des Emirats Arabes Unis, comparé à celui de la Belgique ?

Le football européen est totalement différent. On ne peut pas faire de comparaison. Je n’ai pas envie de dire que c’est le jour et la nuit, mais il y a quand même un grand écart. Mais comme tout championnat qui essaye de grandir, ça avance à grands pas, et avec la Coupe du monde en 2022, ça va relancer la zone. Mais il y a aussi un détail important, notamment la température. Ça ne permet pas de pouvoir évoluer comme en Europe, où, lorsqu’on atteint les 30 degrés, on décale le match pour une heure tardive, alors qu’ici, 30 degrés, c’est le commun de tous les jours. Ça a forcément un impact au niveau de l’intensité du championnat.

Partir vers le Golfe était-il un choix de carrière ou une opportunité pour préparer votre retraite ?

J’ai 33 ans, je crois que c’est un choix personnel, un choix financier. Je ne pense pas que quelqu’un peut m’en vouloir de l’avoir fait. J’ai fait ce que je devais faire. Tout ce que j’ai fait jusqu’à maintenant, je l’ai toujours fait brillamment et vaillamment. J’ai laissé aussi quelque chose de positif aux supporters camerounais (CAN 2017, Ndlr). Je ne peux que m’en féliciter. Maintenant, c’est un choix financier, personnel, et aussi je savoure encore le football.

Est-ce que vous comptez y terminer votre carrière ou un retour en Europe reste envisageable ?

Je pense que je suis encore dans les bonnes conditions ici avec le peu d'argent que je gagne. Si j’ai des propositions qui me permettent de continuer ici le plus longtemps possible, je le ferai.

Depuis votre départ aux Emirats en juillet 2018, vous n’avez plus été appelé en sélection. N’avez-vous pas le sentiment que ce choix a contribué à vous éloigner des Lions indomptables ?

Je ne sais pas si mon départ a quelque chose à voir avec ça. Les personnes qui ont été là ont fait des choix. Je les respecte. Quand je suis venu, on ne m’a pas demandé mon avis, pareil lorsque je partais. Je pense qu’on appelle des joueurs qui jouent de ce côté, d’autres qui jouent en Chine. Donc je ne pense pas que les joueurs doivent être écartés sous prétexte qu’ils jouent dans des pays exotiques.

Le contact a-t-il été définitevement coupé avec la sélection ? Y a-t-il eu des tractations en faveur de votre retour ?

Je suis un sportif. Quand on joue, le rêve, c’est l’équipe nationale. Après, j’essaie juste de jouer, et je n’ai pas de limites par rapport à la sélection. Si on ne m’appelle plus, c’est parce qu’on pense qu’il y’a peut-être mieux que moi. Je pense qu’il y a une nouvelle génération en place, qui a d’énormes qualités et un gros potentiel. Il faut juste trouver l’équilibre pour pouvoir les encadrer. Personnellement, je n’ai pas de contacts avec qui que ce soit. Je fais référence à l’encadrement. C’est des choses que je n’ai jamais aimées, et que je ne ferai jamais. Mais si on m’appelle un jour, je suis prêt à écouter, c’est la moindre des choses. Mais j'en fais pas une obsession. Je suis un guerrier, et un guerrier est prêt à tout. Je crois que j’ai donné tout ce que je pouvais donner, mais je suis disposé à un écouter lorsque ça concerne la sélection.

Pensez-vous que si on avait maintenu le même groupe champion d’Afrique en 2017 pour la CAN 2019, les choses se seraient passées autrement qu’une élimination précoce en huitième de finale ?

Quand je pense à ça, je me dis toujours qu’il faut de la stabilité dans tout. Est-ce qu’on aurait fait une si bonne CAN aussi ? Je ne le sais pas, parce que c’est compliqué. Mais si on avait gardé une bonne ossature de l’équipe, et injecter des joueurs frais qui pouvaient amener un plus, je crois que ça pouvait le faire. L’équipe de 2019 avait d’énormes qualités. Ils étaient plus techniques que nous, et en comparaison à notre CAN en 2017, on était moins doués techniquement. Mais on avait une force mentale incroyable. Je vais vous faire une confidence : depuis que je joue au foot, je n’ai jamais vu une si grande complicité dans un groupe, tout aussi solidaire, que celui qu’on avait au Gabon. Ce que les gens n’ont jamais su, c’est qu’il y avait tellement de problèmes en interne, concernant les primes de match, les primes de qualification… Malgré la lutte pour ces primes-là, on relativisait en se disant qu’on jouait pour les Camerounais, parce que si on revendique et qu’on se plante sur le stade, on est morts. La nuit, on restait à discuter des primes avec des gens de la primature, le ministre des sports Bidoung Mkpatt, jusqu’à 2 voire 3 heures du matin, et on devait jouer le lendemain. Ça les Camerounais ne le savent pas, mais on l’a fait. Il y avait avant tout notre drapeau à défendre.

Le Cameroun va abriter la prochaine CAN en 2021, si la date ne change pas. Ça vous dirait sans doute d'y participer pour sortir par la grande porte ?

(Rires)! Je sais un peu ce qu’est la grande porte. On a offert une coupe d’Afrique aux Camerounais. Mon plus grand regret est peut-être de n’avoir pas pu jouer une Coupe du monde, surtout celle de 2018. La CAN, il faut déjà savoir si elle va effectivement se jouer en 2021 avec cette histoire de coronavirus. Après, est-ce que j’ai une envie de revenir ? C’est tellement compliqué et si loin dans ma tête en ce moment. Parce que je pense qu’il y a des gens qui font du bon travail. Ils sont compétitifs à leur niveau, et je pense qu’il y a un sélectionneur qui fait son job. Je n’ai pas un avis tranché là-dessus. Je joue, je suis encore en bon état, et je pense qu’on verra avec le temps comment ça va se passer.

En clair, vous êtes prêt à répondre à l’appel de la nation si vous êtes sollicité ?

Je ne pense pas qu’on puisse dire non à la nation. Après, il falloir voir dans quelles circonstances ça se passe. On a joué une CAN en 2019, et je n’ai pas été appelé. Est-ce que c’est en 2021 qu’on m’appellera ? Je ne sais pas. Je ne me vois pas revenir, parce que ces gens ne sont pas capables de m’appeler, vu qu’ils ne l’ont pas fait avant. Je reste un supporter des Lions. Je reste compétitif, donc, sélectionnable. Et je pense que tout joueur camerounais en compétition est sélectionnable.

A 33 ans, est-ce que vous songez déjà à votre vie après le football, par exemple, une reconversion comme entraîneur ?

Je pense que quand on est dans le football, on le vit à fond. C’est le seul métier qu’on fait par passion. Personne ne viendra vous dire qu’il joue au football parce qu’il a raté une carrière de médecin. C’est plutôt l’inverse qui est possible. Le football est un métier qu’on fait avec passion, et on est payé pour donner du plaisir aux gens. Cela dit, je vais garder un œil sur le sport. Maintenant, être entraîneur ou autre chose, c’est à voir. Si les choses sont bien faites, pourquoi pas. Je pense que je vais rester au contact du football, peut-être dans le domaine du management. Dans deux ans peut-être, je vais voir ce que je peux faire pour l’après-carrière.

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