Francine Niyonsaba : «je n’ai pas demandé à Dieu de me créer ainsi»

Francine Niyonsaba, la Fédération internationale d’athlétisme vous interdit de courir dédormais le 800 m, votre spécialité. World Athletics vous reproche, en effet, d’avoir un taux de testostérone élevé. Comment vivez-vous cette décision ?

C’est une situation qui m’a beaucoup perturbée. A maintes reprises, j'ai voulu abandonner ce que j’aime, la course. Sans vous mentir même aujourd’hui je n’arrive pas à comprendre ce qui pousse la Fédération internationale à agir de la sorte. Heureusement que j’ai vu pire que ça dans ma vie.

Est-ce une discrimination selon vous ?

Bien sûr. Comment est-ce que quelqu’un peut être victime d’une situation innée ? Je n’ai pas demandé à Dieu de me créer ainsi. Malheureusement, le monde est injuste. C’est une discrimination pure et simple.

Vous sentez-vous différente des autres femmes ?

Pas du tout. Je suis une fille comme les autres. Je suis née fille et je le reste. Et je suis d’ailleurs très fière de mon physique.

Avez-vous grandi en ayant l’impression d’avoir un don ?

Je ne sais pas. Quand j’étais jeune, j’allais à l’école à pieds comme tous les autres enfants de mon village. Je n’avais pas quelque chose de spécial par rapport aux autres. Mes talents ont été découverts par mes professeurs de sport à l’école secondaire. Pendant les cours d’éducation physique, je parvenais à me classer toujours parmi les premiers. Lors des championnats scolaire d’athlétisme, j’étais également parmi les meilleurs du Burundi et les spécialistes en ce domaine ont vu que j’avais du talent. C’est comme ça que j’ai été lancée.

Francine Niyonsaba

Francine Niyonsaba (en vert) à côté Semenya sur le podium du 800 m à Rio

 

                    «Je soutiens totalement Semenya, on se parle souvent»

Caster Semenya, qui vit la même situation que vous, a engagé une interminable bataille juridique contre la Fédération internationale. Pourquoi n'avez vous pas fait comme elle ?

Je n’ai pas porté l’affaire devant les tribunaux à cause de plusieurs paramètres indépendants de ma propre volonté. Cependant, je soutiens totalement Semenya dans sa démarche. C’est mon amie et on se parle souvent. Si elle parvient à gagner le procès, ce sera également bénéfique pour moi, car nous sommes dans un même dossier.

Sentez-vous le soutien des autorités burundaises ?

Permettez-moi de ne pas répondre à cette question. Je suis désolée et je m’en excuse.

Malgré les difficultés, vous êtes qualifiée pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Quel a été votre sentiment quand vous avez réalisé les minima sur  5000 et 10000 m ?

C’était comme un miracle pour moi. Durant la préparation, je me disais que je dois y arriver. Je travaillais dur. J’ai fait de bons chronos et j’en suis fière. Ça m’a prouvé que je me suis bien préparée. Pour le moment, je détiens du coup le record du Burundi sur ces distances. Je suis très contente. C’est une nouvelle histoire que j’ai écrite. Je compte m’aligner sur les deux disciplines aux JO. S’il faut choisir toutefois entre les deux, je m’alignerai sur le 5.000 m. Les tours sur le 10.000 m sont interminables. C’est vraiment dur.

              «Je n’irai pas aux JO pour applaudir les autres»

Mais se frotter aux Ethiopiennes et Kényanes sur ces distances, n’est-ce pas une peine perdue pour Francine Niyonsaba, spécialiste du 800m, de décrocher une médaille olympique ?

Pas du tout. C’est vrai que je n’ai pas d’expérience comme elles sur ces distances mais avec les compétitions déjà faites, je me suis rendue compte que tout est possible. Personne ne me voyait réaliser les minima sur ces distances. C’est un signal fort que j’ai envoyé aux spécialistes de ces disciplines. Je suis une battante et je compte aller jusqu’au bout. Je n’irai pas aux JO pour applaudir les autres mais pour gagner une médaille.

Avec l’annulation des championnats d’Afrique, comment comptez-vous préparer les JO ?

Pour le moment, je suis au Kenya où je me prépare. J’aurais aimé aller aux Etats-Unis où j’ai l’habitude de m’entraîner. Cependant, avec le Covid-19, les voyages ne sont pas faciles. Le Kenya est un bon endroit pour se préparer dans les courses de fond. J’en profite amplement. Je suis dans de bonnes conditions et j’espère être au top pendant les JO.

Désiré HATUNGIMANA

Horoya - Lamine Ndiaye : «Je n’avais pas le choix»

Horoya remporte à nouveau le championnat. Un soulagement pour le coach que vous êtes ?

Un championnat n’est pas une course de vitesse. Malheureusement, certains ne le comprennent pas ainsi. Ils tirent la sonnette d’alarme tout de suite (quand l’équipe va mal). Au bout de cinq journées, nous étions presque condamnés. Alors qu’il restait 21 matches à jouer. Personne, à part nous, joueurs et staff, n’y croyait.

J’ai entendu pas mal de choses. Pas mal de critiques. On revenait de loin. Nous n’avons pas eu de vacances déjà. Et on avait une demi-finale à jouer au mois d’octobre contre le Pyramids d’Égypte. Pendant tout ce temps-là, on s’entrainait avec 12 joueurs blessés.  Malgré tout, l’équipe a joué la demi-finale. Parmi les joueurs qui ont joué la demi-finale, il y avait notamment quatre éléments qui étaient encore blessés.

Durant cinq journées, le Horoya a occupé la dernière place du championnat. Comment avez-vous pu gérer cette période de tension ?

De ce côté-là, les joueurs ont été fantastiques. Ils n’ont jamais perdu les repères malgré les cinq matches sans victoire. Par moment, il y avait beaucoup de la volonté et peu de chances. Je me souviens, on a marqué dans un match un but que l’arbitre refuse. On se fait aussi rattraper au score sur un corner illégalement sifflé. Tout ça, on a oublié. Le football ce n’est pas les mathématiques. Les meilleurs ne gagnent pas toujours .

Quelle a été la méthode du coach pour revenir dans la course au titre, au regard de tous ces aléas ?

Je n’avais pas le choix. Sur le banc, j’avais des joueurs blessés. Donc c’est dans ces conditions qu’on a fini la saison. En prime, il y a eu aussi le Covid qui avait frappé six de nos joueurs. On sait que tout cela a une incidence sur le plan physique. On a traversé  toutes ces difficultés et nous étions toujours en course pour la Ligue des champions. Il fallait passer à tout prix contre le Racing Club d’Abidjan pour rentrer dans la phase de poules.

Je pense qu’on a bien négocié jusqu’au dernier match où il nous fallait un nul pour nous qualifier face à Kaizer Chiefs (Afrique du Sud). Malheureusement, on était éliminé. On s’est alors retroussé les manches pour aller au bout de la seule compétition qui nous restait à savoir le championnat.

Et la pression du public, de l’administration du club et même du président  dans tout ça ?

On a fait fi de tout ça. On était concentré sur notre travail. On savait qu’ils ne pouvaient pas être plus mal que nous. Lorsque l’équipe a recommencé à gagner, les choses se sont aussitôt normalisées.

 

«Le seul regret, c’est de n’avoir pas pu nous qualifier en ¼ de finale de la Ligue des champions»

 

Au-delà du sacre, est-ce qu’il y a d’autres points de satisfaction ? 

La satisfaction, ce sont les joueurs. Ils ont cru au projet. J’en profite aussi pour remercier la direction. Car, Dieu sait qu’ils étaient aussi sous pression. Mais, il ont su faire confiance aux joueurs, au staff... et puis voilà le résultat. Le seul regret, c’est de n’avoir pas pu nous qualifier en quart de finale de la Ligue des champions africaine. Et pourtant nous avions largement notre place là-bas.

On a aussi eu l’impression lors de cette saison que certains de vos joueurs cadres dont Boniface Haba, le capitaine Oncensey Mandela, même Morlaye Sylla,  n’étaient pas constants. Est-ce que cela a pesé aussi dans la saison difficile du Horoya ?

Non. Ce sont des humains comme toutes les personnes. Vous même, vous n’êtes pas toujours en forme. Ocansey Mandela sort d’une année pénible avec des blessures. C’est donc normal après un an de blessure,  il lui faut encore un an pour retrouver son meilleur niveau. Morlaye Sylla ressent une telle pression sur lui que ce n’est pas facile. Et puis les adversaires ne l’épargnent pas non plus. Mais, il a quand même une grande influence sur notre jeu.

Pour ce qui est de l’attaquant Boniface Haba, il avait attrapé le Covid lorsque nous étions au Maroc. Donc, lorsqu’il est revenu, je me souviens, on l’a sélectionné en équipe nationale. Il a eu la malchance n'avoir pas marqué et les critiques se sont injustement abattues sur lui. Ce sont juste des humains. On ne va pas les accabler. Nous sommes une famille, on gagne et on perd ensemble.

Alors parlant de la Ligue des champions, on se rend compte que Horoya cale toujours  dans le dernier carré. Est-ce que vous avez déjà réfléchi à une approche pour pouvoir arriver au moins en finale la saison prochaine ?  

Il n’y a aucune méthode, il n’y a que le travail. Il n’a pas manqué grand-chose à domicile contre Kaizer Chiefs. Donc dire que ça bloque, non. Peut-être qu’on n’est pas encore au niveau tout simplement. Il faut se préparer et puis se renforcer. Il ne faut pas que les gens croient qu’on est les meilleurs du monde. En tout cas pour l’instant non. Ce n’est pas les moyens qui font gagner. Je l’ai dit tout à l’heure, ce n’est pas toujours les meilleurs qui gagnent. Donc, il y a d’autres ingrédients qu’il faut tenir en considération.

 

«Il ne faut pas que les gens croient qu’on est les meilleurs du monde»

 

Est-ce que Horoya prévoit de faire venir de grands joueurs la saison prochaine ?

Nous n’avons pas fini la saison. Et pour cette question, je ne peux pas répondre.

Des départs aussi ?

Je vous réponds toujours la même chose, la saison n’est pas encore terminée !

On sait qu'en défense Horoya semblait assez faible. Vous avez d’ailleurs essayé beaucoup de paires avant finalement de trouver, face au Wydad, le duo  Oula Abass Traoré et Salif Koulibaly. Est-ce que vous êtes finalement satisfait de ce secteur ?

Si ces joueurs sont remarqués, c’est parce qu’il y a autour certains qui aident.  Je pense que c’est l’équipe dans l’ensemble qu’il faut féliciter mais pas un ou deux joueurs.

Oui mais il y a des joueurs qui impressionnent. Par exemple le jeune Naby Soumah, ancien de Djoliba, arrière droit de formation. Mais avec les nombreux blessés, vous l'avez fait avancer. Il a aidé Horoya à réussir sa fin de saison en inscrivant quatre buts…

Il a montré qu’on avait raison de lui faire confiance. Moi j’ai parlé avec lui en fin de saison dernière. J’envisageais d’autres organisations tactiques. Ce garçon est pétri de talent. Peut-être que c’est le grand public qui en doutait.

Aujourd'hui coach, c'est quoi les perspectives pour vous et Horoya ?

Finir la saison le mieux possible sans blessure. Et après voir ce qui va se passer dans le futur.

Mama SWAREY

Cédric Bakambu (RDC) : «C’est clair, je reviendrai en Europe»

Sportnewsafrica : Pour rejoindre la sélection de la RD Congo, qui joue deux matches amicaux à Tunis, contre la Tunisie et le Mali, vous avez fait un long périple depuis la Chine. Racontez-nous votre voyage ?

Cédric Bakambu : Le voyage est assez long. Il faut savoir que je viens que Pékin. De Pékin, j’ai atterri à Paris pour escale. Par la suite, j’ai rallié Tunis. J’ai retrouvé mes coéquipiers ici. Mais j’ai l’habitude. Le plus difficile, c’est le décalage horaire.

Cela fait trois ans que vous êtes en Chine. Comment ça se passe là-bas ?

Ça se passe bien. J’ai fait trois saisons là-bas. Je suis devenu le meilleur buteur de l’histoire de mon club. La saison passée, j’ai terminé meilleur buteur du championnat chinois. Là, la saison vient de démarrer. Je suis à deux buts et une passe décisive en quatre matchs. Donc, pour le moment les choses vont bien. Je ne me plains pas, même s’il y a une grosse différence par rapport à ce que j’ai connu en Espagne, à Villarreal. Passer de l’Espagne à la Chine, c’est vraiment différent. Mais j’ai pu m’adapter. Je connais un peu mieux la culture chinoise. Il me reste sept mois de contrat. J’arrive à la fin de l’aventure. Voilà, on verra de quoi l’avenir sera fait.

Vous faites partie des cadres de la sélection de la RD Congo. Que faites-vous pour faciliter l’intégration des jeunes joueurs qui arrivent ?

C’est toujours bon d’apporter de la fraicheur dans une équipe. Nous, on arrive dans la dernière partie de notre carrière. Moi, je suis un trentenaire maintenant. Je viens d’avoir 30 ans. C’est important de passer le flambeau. Il faut que cela se fasse dans la bonne humeur et dans l’ambiance. Je fais le maximum pour intégrer les nouveaux joueurs.

 

«Hector Cùper est très respecté et ça se voit dans la manière dont les joueurs le regardent. Il dégage beaucoup de charisme.»

 

Vous avez un nouveau sélectionneur, l’Argentin Hector Cùper. Est-ce un bon choix selon vous ?

Ce n’est pas nous qui prenons les décisions. Nous sommes des soldats. On exécute seulement. Chaque entraineur a sa manière de travailler. Le coach a pas mal d’expérience, il est très respecté dans le milieu du football. Et ça se voit : la manière dont les joueurs le regardent, on sent tout de suite qu’il dégage beaucoup de charisme. J’espère qu’il nous permettra d’atteindre nos objectifs. On a beaucoup d’ambitions avec la sélection. Les choses se sont mal passées ces derniers temps. On espère relever la tête avec le nouveau staff et le nouveau coach en place.

Pour les éliminatoires du Mondial 2022,  la RDC est dans la poule J avec le Bénin, la Tanzanie et Madagascar. Que pensez-vous de vos adversaires ?

C’est un groupe relevé, difficile. Après, tout le monde à ses chances, y compris la RD Congo. Donc, on va se battre pour décrocher cette première place. Mais, il faut respecter tous les adversaires que ce soit la Tanzanie, le Bénin ou Madagascar. Avec le Covid-19, c’est devenu compliqué d’avoir un groupe soudé. On voit avec les sélections, il n’y a pas mal de changements. On l’a constaté face au Gabon dans les qualifications de la CAN 2022. On a été privés de pas mal d’éléments. J’espère vraiment que les conditions sanitaires nous permettront d’aligner nos meilleurs joueurs à chaque rencontre.

Vous avez raté la qualification à la CAN 2021, pensez-vous pouvoir vous qualifier pour le Mondial 2022 ?

Si je ne croyais pas à la qualification au Mondial, je ne serais pas là. Je crois à la qualification. Maintenant, il faut mettre les moyens. Il faut qu’on se donne tous les moyens pour atteindre nos objectifs.

 

«Edouard Mendy et Riyad Mahrez portent haut les couleurs de l’Afrique et j’en suis fier. Maintenant, pour le Ballon d’Or africain...»

 

Après la finale de la Ligue des champions remportée par Chelsea devant Manchester City, on parle de Riyad Mahrez et d’Edouard Mendy pour le Ballon d’Or africain. Si vous deviez choisir, pour qui voteriez-vous ?

Je félicite les deux joueurs que vous venez de citer. Mendy et Mahrez ont fait de grandes performances cette saison. Ils portent haut les couleurs de l’Afrique et j’en suis fier. Maintenant, pour le reste, je ne sais pas. Que le meilleur gagne. J’apprécie beaucoup Riyad Mahrez. Mendy, je ne le connais pas. En tout cas, félicitations à lui aussi. C’est le premier gardien africain à être titré en Champions league. Pour moi, que le meilleur gagne. C’est une bonne guerre. Quel que soit le résultat, je serai content.

L’Europe vous manque-t-elle ?

Oui, l’Europe me manque beaucoup. C’est là où le niveau est le plus élevé en matière de football. En Europe, c’est là où il y a les meilleurs championnats du monde. C’est la référence du football mondial. Voilà, ma carrière n’est pas encore terminée. J’ai toujours dit quand je suis parti en Chine que ça allait être une escale pour moi. Ce n’était pas figé. Et dans ma tête, j’ai toujours voulu rentrer en Europe. Et j’y arrive. Il ne me reste que sept mois de contrat. Je ne sais pas si je vais aller au bout. On verra. Peut-être que je vais rentrer durant le mercato estival. C’est clair que Cédric Bakambu reviendra en Europe.

Ablaye DIALLO

Natation : Eric Moussambani replonge dans ses souvenirs de Sydney 2000

Il s’est passé tout de même 21 ans déjà, après votre passage à Sydney. Que devient Eric Moussambani aujourd’hui ?

(Rires). Après les Jeux Olympiques de Sydney en 2000, Eric Moussambani est devenu une icône dans la natation équatoguinéene et même mondiale. Je suis devenu le sélectionneur de l’équipe de Guinée équatoriale, et pour finir, j’ai été fait ambassadeur itinérant de mon pays, il y a quelques années.

Quel souvenir avez-vous gardé de ces moments à Sydney ?

J’ai gardé beaucoup de souvenirs. Mais, ce sur quoi je dois m’attarder, c’est qu’à cette époque, je ne m’étais pas bien préparé. Je n’avais jamais vu une piscine Olympique de ma vie. Mais je dois vous avouer que le public m’avait beaucoup encouragé. Il avait loué mon courage et mon abnégation. Et cela m’a marqué.

Racontez-nous ce jour-là à Sydney ?

Je n’ai jamais eu autant d’émotion que ce fameux jour à Sydney. Quand j’entendais les cris des spectateurs, je me sentais survolté. Quand le coup d’envoi avait été donné, presque tout le stade scandait mon nom. Et j’entendais les « aller ! aller Eric ». Et cela m’a donné une force supplémentaire pour aller jusqu’au bout de la course, même si le résultat a été celui que vous connaissez.

Eric Moussambani-JO Sydney-Natation

Eric Moussambani

                                               «Sydney a changé ma vie»

Sydney-a-t-il changé votre vie ?

Oui bien sûr. Sydney m’a permis d’être connu dans le monde. Sydney a permis à ce que dans mon pays, on installe deux piscines olympiques à Malabo et Bata. Je suis d’ailleurs en train de former les jeunes équatoguinéens qui s’intéressent à la natation.

Comment avez-vous été accueilli ici à Malabo au retour de Sydney ?

J’avais été reçu comme un roi. Je ne pouvais même m’imaginer un tel accueil. Le chef de l’Etat en personne Teodoro Obiang Nguema Mbasogo était venu me recevoir à l’aéroport. Il y avait aussi ma famille, mes amis et des milliers d’anonymes équatoguinéens.

Avez-vous été récompensé par la suite par les autorités locales ?

Oui tout à fait ! J’avais reçu la médaille du courage. Le Chef de l’état m’avait offert une récompense financière consistante pour avoir participé au rayonnement de mon pays. Je n’étais âgé que de 21 ans à l’époque. Donc j’avais laissé le soin à maman de s’occuper de tout cela. A ce jour, je continue de recevoir des demandes d’amis sur les réseaux sociaux, des appels téléphoniques de par le monde, des demandes d’interview. Aujourd’hui de nombreux jeunes garçons refusent de se rendre aux entrainements, tant qu’ils ne me voient pas présent. Parce que je suis un modèle pour eux.

Que pensez-vous de Juanita Eyang Ndong Eyang qui sera présente aux Jeux Olympiques de Tokyo ?

C’est une bonne chose pour elle ! Mais elle doit avoir la force et le caractère. Elle se trouvera en face d’adversaires très professionnels, de grande taille surtout et cela peut être un handicap pour Juanita, parce qu’elle est de petite taille. Maintenant, il lui faut avoir une force intérieure qui pourra pousser son orgueil au-delà de tout. Sa discipline militaire lui sera aussi d’un grand soutien. Elle doit être d’abord fière d’elle. Et de là, une force naitra en elle.

                   «En réalité, je ne savais même pas que c’était les JO»

 

Revenons aux Jeux Olympique de Sydney. Pourquoi aviez-vous accepté de vous rendre à cette compétition internationale sans préparation ?

En réalité, je n’avais jamais su qu’il s’agissait des Jeux Olympiques. On m’avait juste dis, « tu vas nager ». On ne m’avait jamais dit où cela allait avoir lieu, comment ça devait se passer, pourquoi je devais nager, encore moins quand.

De qui venaient ces consignes ?

(Rires…) je garde ça pour moi. Je ne peux pas vous le révéler.

Et pourquoi ?

Parce que c’est personnel.

Une fois à Sydney, que s’était-il donc passé ?

Une fois à Sydney, je me rends donc compte qu’il s’agissait d’une compétition de grande envergure. C’est alors à ce moment-là, qu’on m’a dit, que j’allais nager juste sur une distance de 50 mètres nage libre. Je pensais donc que je serais seul sur la piste de nage. Un peu avant de rentrer dans le stade, on m’a finalement dit que j’allais nager le 100 mètres. Vous voyez, je ne savais même plus exactement ce qui se passait.

Et c’est là que le stress avait commencé. Non seulement je ne connaissais pas ce qu’était le 50 mètres nage libre, mais en plus il s’agissait du 100 mètres nage libre. Moi qui ne m’étais entrainé que dans une petite piscine d’environ 12 mètres ici à Malabo, et tout seul en plus, parce que je n’avais pas d’entraineur. Je me rendais ensuite à la plage, nager dans la mer, me voilà devant des dizaines de milliers de personnes devant une piscine aussi grande.

Ça avait été un choc pour vous ?

Tout à fait ! Après cette phase mouvementée à Sydney, je dois vous avouer, qu’à mon retour, le Président de la République Obiang Nguema m’avait posé la question suivante. « Mais Eric Moussambani, qui s’est occupé de votre préparation ? » Je lui avais répondu « Monsieur le président, personne. Je l’ai fait tout seul». Et il avait continué «oh ! Vous avez du courage. Parce que c’est pas du tout évident de se rendre dans une compétition pour être en face de gens bien entrainés. Je loue beaucoup votre persévérance. Vous êtes une fierté pour notre pays». Et ces paroles m’ont montré que je valais quelque chose.

Entretien réalisé par Fabien ESSIANE

 

Zamalek-Us Monastir : l'Angolais Morais désigne le futur vainqueur de la finale de la BAL

Sportnewsafrica : Quelle lecture faites-vous de la BAL ?

Carlos Morais : C’est une très grande organisation. Je pense que c’est une chose de dingue. La FIBA et la NBA ont fait quelque chose d’extraordinaire pour l’Afrique.

Qui est votre favori pour la finale entre Zamalek et Monastir ?

Je pense que l’US Monastir va gagner. Cette équipe a un banc très riche avec des joueurs de grande qualité.

Quel est l’objectif avec l’Angola au prochain Afrobasket ?

L’objectif est toujours de gagner. On n’a pas remporté le titre depuis 2013. Cette année, on veut aller jusqu’au bout. Ce ne sera pas facile devant des équipes comme la Tunisie, le Nigeria ou le Sénégal. Ce sera un bon tournoi mais on va se donner les moyens de reconquérir le titre.

 

«Je vais continuer à accompagner les jeunes après ma carrière, mais je ne serai jamais coach.»

 

Quatre titres de champion d’Afrique (2005, 2007, 2009 et 2013) et MVP de l’Afrobasket 2013, êtes-vous fier de votre carrière ? 

Je suis fier de mon parcours et de mon palmarès. Je pense avoir apporté ma pierre au développement du basket africain en inspirant beaucoup de jeunes joueurs. Je continue à encourager les jeunes pour qu’ils croient en eux.

Pensez-vous devenir entraineur ?

Je ne serai jamais coach. C’est un peu difficile. Je vais continuer à accompagner les jeunes, même si j’arrête ma carrière. Mais je ne pense pas devenir coach.

Quels sont vos projets pour le basket angolais ?

Je veux mettre en place ma propre académie et aider les jeunes. J’avais un programme l’année dernière, mais la Covid-19 a tout chamboulé. Le Sénégal a la NBA Academy, mais on va tout faire pour que l’Angola soit la capitale du basket africain. Je ferai tout pour aider les jeunes dans leurs études et autres domaines de la vie.

Victor BAGAYOKO

Massamba Lo Sambou : «Dans mon club à Taïwan, je joue avec mon président»

Sportnewsafrica : Vous aviez quitté Ulaanbaatar City FC, en Mongolie, début 2020 et un an plus tard, vous êtes de retour en Asie…

Massamba Lo Sambou : Oui. J’étais en fin de contrat dans mon club en Mongolie. J’étais revenu en France pour y retrouver ma famille. Et puis, il y a eu la crise sanitaire. J’ai eu des propositions venant de Pologne, de Lettonie, quelques contacts en France dans des clubs de National 2 et 3. Je m’interrogeais aussi sur ma reconversion que j’imagine, évidemment, dans le milieu du football. J’ai estimé que j’avais encore envie de jouer. Je me sens bien physiquement, et pendant cette période d’inactivité, je me suis entretenu. Puis un jour, j’ai reçu un appel de l’entraîneur des gardiens de la sélection de Mongolie, un roumain qui parle français et dont j’étais proche. Il m’a dit qu’il avait signé à Taiwan avec l’équipe nationale, qu’il avait parlé de moi à l’entraîneur, Vom Ca-nhum, qui se trouve être aussi le sélectionneur de Taïwan. Et ce dernier m’a alors appelé plusieurs fois, en me disant qu’il était très intéressé par mon profil, mon expérience.

Quelle fût votre première réaction ?

Je l’ai écouté. Je me suis aussi renseigné sur Taïwan, et sur la ville de Taïchung. J’ai eu de très bons échos. Et j’ai accepté. On m’a proposé des bonnes conditions contractuelles, j’ai eu la garantie que le club était sérieux, bien structuré, professionnel et qu’il respectait ses engagements. J’ai donc accepté et je me suis rendu à Taïwan. Je suis d’abord arrivé à Taipei, la capitale, où je suis resté en quatorzaine, à l’hôtel. Puis je suis allé à Taichung, une ville de près de 3 millions d’habitants. Le club a fait en sorte que je trouve vite un appartement, que je n’aie à me concentrer que sur le football, ce qui est très important. Et puis, détail amusant, le propriétaire du club, Komori Yoshitaka (34 ans), est également un joueur de l’équipe. Je joue avec mon président. Il est d’origine japonaise et a même été naturalisé Taïwanais. Il va d’ailleurs jouer pour la première fois avec la sélection nationale en juin, contre le Népal, l’Australie et le Koweït en qualifications pour la Coupe du Monde 2022.

Avez-vous pu vous faire une première idée du niveau du football taïwanais ?

J’ai pour l’instant disputé trois matches. Comme je suis resté en quatorzaine, que j’ai dû me remettre à niveau avant de rejouer, et que le championnat est interrompu en raison de la trêve internationale. Comme partout, il y a des différences de niveau. Je n’aime pas trop comparer avec ce que j’ai connu. Disons que les joueurs sont plutôt techniques, rapides, très vifs. Il y a des équipes, comme Futuro, qui cherchent à repartir de derrière. Le jeu est globalement rapide, avec beaucoup de courses. J’ai signé un an, je pourrai faire une meilleure analyse dans quelques mois. Le club m’a engagé pour profiter de mon expérience, car j’ai notamment joué en France (Monaco, Nantes, Le Havre). D’ailleurs, le coach m’a proposé de faire partie du staff de la sélection, pour travailler avec les défenseurs. On va voir si cela est possible.

 

«L’Inde, c’était incroyable. (…) J’ai affronté Anelka, Trezeguet, Ljungberg, Del Piero, Materazzi…»

 

Comment se passe votre quotidien ?       

La vie est agréable. C’est un pays sûr, très développé, il y a une vraie discipline collective, c’est animé. Le quartier où j’habite est sympa, il y a des commerces un peu partout. Les gens sont cools, accueillants. Je commence un peu à découvrir la ville. Je n’ai pas encore pu voir grand-chose du pays, car l’équipe ne s’est pas beaucoup déplacée depuis que je suis là. En ce moment, il fait très chaud, donc nous devons nous entraîner parfois très tôt le matin. Le seul problème, c’est que je suis seul ici, puisque ma femme et mes enfants vivent en France. Il y a Skype, le téléphone, mais on va voir comment s’organiser pour qu’ils puissent venir pour les vacances, ou que je rentre quelques jours en France. Mais avec la Covid-19, c’est compliqué.

Vous avez joué dans de nombreux pays : Grèce, Chypre, Andorre, Inde, Lettonie, Mongolie, et désormais Taïwan. Que retenez-vous de toutes ces expériences ?

Beaucoup de positif. Quand je suis parti pour la première fois, en Grèce (Atromitos Athènes, en 2010-2011), ça a été difficile, car je ne parlais pas anglais. Pour communiquer, c’était compliqué. J’ai donc appris cette langue, et cela m’a servi, notamment à Chypre, en Inde ou en Lettonie. Evidemment, je ne peux pas comparer une expérience à Andorre (FC Lusitanos, 2017-2018), où la vie est identique à celle que je connais en France, avec une autre en Inde (North Esat United, 2014-2015) ou en Mongolie. Les cultures sont différentes. La Mongolie, par, exemple, fût une très belle aventure, j’ai découvert un pays surprenant. Je suis quelqu’un de curieux. Si je peux exercer mon métier en découvrant de nouveaux pays, c’est très bien.

Quel est celui qui vous a le plus marqué ?

J’ai aimé la Mongolie, mais je garde un très souvenir de l’Inde. Sportivement, j’ai affronté des joueurs comme Nicolas Anelka, David Trezeguet, Fredrik Ljungberg, Alessandro Del Piero, Marco Materazzi… On jouait dans des stades où il y avait souvent beaucoup de spectateurs, une ambiance incroyable. On jouait tous les trois jours, on voyageait sans cesse. La Lettonie, aussi, c’était surprenant. J’étais à Valmiera, une petite ville. Il y a le froid, le fait de ne pas voir le soleil pendant plusieurs semaines. Au moins, on reste focus sur le foot (rires). J’ai 34 ans, j’ai vécu de belles choses, et j’ai encore envie de jouer plusieurs années, de découvrir.

Alexis BILEBAULT

Hugo Broos : «l’Afrique du Sud, un très beau challenge»

Sportnewsafrica : Vous étiez annoncé comme le probable sélectionneur de la RD Congo, et vous avez finalement donné votre accord à l’Afrique du Sud. Qu’est-ce qui a motivé ce changement de dernière minute ?

Hugo Broos : J’ai effectivement été en contact avec la RD Congo, et même le Congo. Avec la RDC, il y a eu des discussions avec Constant Omari, le président de la fédération. Nous avions parlé des objectifs sportifs, mais je n’avais pas reçu de propositions financières. J’ai attendu une quinzaine de jours, et la fédération sud-africaine s’est manifestée. Il y a eu une réunion durant laquelle nous avons parlé du volet sportif et du volet financier, et l’Afrique du Sud m’a fait une proposition que j’ai acceptée. Mais si les Sud-africains ne m’avaient pas contacté, je serais peut-être aujourd’hui le sélectionneur de la RDC ou du Congo.

Que saviez-vous de la sélection sud-africaine avant votre nomination ?

Je sais d’abord que le football sud-africain est très bien structuré. Au niveau des stades, qui sont pour la plupart très modernes. Le championnat est professionnel, bien organisé et de bonne qualité. Les clubs réalisent d’ailleurs de bonnes performances en coupes d’Afrique. Quant à la sélection, elle connaît des hauts, comme son quart de finale de la CAN en 2019, et des bas, avec l’élimination pour celle de l’année prochaine au Cameroun. Il y a des joueurs de qualité, mais il faut qu’on travaille beaucoup pour en faire une bonne équipe. L’Afrique du Sud, c’est un très beau challenge.

 

«L’objectif principal, c’est de participer à la CAN 2023»

 

Votre sélection va disputer un match amical le 10 juin à Soweto, face à l’Ouganda. C’était une volonté de votre part ?

Oui, même si nous ne ferons qu’un seul match. Car le 5 juin, il y aura une journée de championnat, ce que j’ignorais, alors que nous serons en plein dans la période FIFA. Il était donc difficile pour moi d’organiser deux matches, le 10 et le 14 par exemple. Les joueurs qui évoluent à l’étranger ont terminé les championnats en Europe, et c’est difficile de récupérer des internationaux qui sont en vacances depuis 15 jours.

De plus, je ne pouvais pas prendre de joueurs de la sélection des moins de 23 ans, qui préparera en juin, lors d’un tournoi à Dubaï (Émirats arabes unis), les Jeux olympiques de Tokyo. J’ai donc constitué une liste avec presque uniquement des locaux. Je vais retrouver les joueurs le 6 juin pour le début du stage, on va apprendre à se connaître un peu. Je parle anglais, cela facilitera la communication. Et ce match va me permettre de voir certains joueurs. Même si tous ne seront pas là pour les matches qualificatifs pour la Coupe du Monde 2022 au mois de septembre, au Zimbabwe et contre le Ghana…

La qualification pour la Coupe du Monde 2022 est-elle un objectif prioritaire ?

L’Afrique du Sud est tombée dans un groupe difficile, avec trois adversaires (Ghana, Ethiopie, Zimbabwe), tous qualifiés pour la prochaine CAN. Et si on sort de ce groupe, il y aura un troisième tour. Alors, on va essayer de faire le maximum, on va croire en nos chances, mais ce n’est pas une obligation. L’objectif principal, c’est de participer à la CAN 2023 en Côte d’Ivoire. Les matches qualificatifs pour la Coupe du Monde vont nous servir pour gagner en expérience et avoir une équipe encore plus compétitive pour les matches de qualifications pour la CAN 2023, qui débuteront l’année prochaine.

«J’ai gagné beaucoup de titres dans ma carrière, mais le titre de champion d’Afrique avec le Cameroun est sans doute un des plus beaux»

 

Allez-vous résider en Afrique du Sud ?

Je vais y passer du temps, bien sûr, pour voir des matches du championnat sud-africain et voir des joueurs. Mais je serai également régulièrement en Europe, car il y a aussi des internationaux qui y évoluent.

Aviez-vous envie de reprendre une sélection plutôt qu’un club ?

Oui. J’ai eu des propositions venant de clubs du Maroc, d’Egypte, de Tunisie… Mais je n’avais pas envie. Les entraînements tous les jours, des joueurs qui ne sont jamais contents, les médias au quotidien… J’ai connu ça et je voulais diriger une sélection. C’est une autre façon de travailler, je l’avais découverte pour la première fois au Cameroun (2016-2017), et j’ai vraiment apprécié.

Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

J’ai gardé un grand souvenir de la CAN remportée au Gabon avec le Cameroun. J’ai gagné beaucoup de titres dans ma carrière (17 en tant que joueur, 11 en tant qu’entraîneur, Ndlr), mais celui-ci est sans doute un des plus beaux. Nous avions réussi un magnifique parcours. Nous n’avions pas la meilleure équipe, mais une vraie équipe. Un très bon état d’esprit aussi. Oui, il y avait de bons joueurs dans cette sélection, mais pas de stars. Un peu comme l’Afrique du Sud aujourd’hui, si on veut faire une comparaison. L’avantage, c’est que la fédération sud-africaine est beaucoup plus stable que celle du Cameroun (rires).

Alexis BILLEBAULT

JO 2020-Arthur Cissé : «La réussite est maintenant entre nos mains»

À 24 ans seulement, Arthur Gue Cissé est le sprinteur ivoirien le plus rapide de l'histoire. En 2019, il a d'abord battu les records nationaux du 60 m (6s53) et du 100 m (9s93). Et l'an passé en 2020, ce natif de Man, ville de l’Ouest de la Côte d’Ivoire, a décroché le record national au 200 m (20s23). Mais Arthur Gue Cissé veut désormais être une référence en Afrique et dans le monde. Surtout que pour cette année, le 100 m aux JO n'a jamais été aussi ouvert. Tous les meilleurs athlètes se tiennent de près et réalisent pratiquement les mêmes chronos.

Le jeune en est conscient et remercie d'ailleurs l'Etat ivoirien qui l'a beaucoup soutenu dans sa préparation. «Je voudrais remercier l'État ivoirien qui s'est mis à la disposition de tous les athlètes ivoiriens pour ce grand rendez-vous à Tokyo. Cet engagement nous pousse à nous surpasser et à répondre aux attentes de tout un peuple, de notre pays. La réussite est entre nos mains, maintenant .Je donnerai le meilleur de moi-même à Tokyo» déclare-t-il avec enthousiasme.

«Arthur Gue Cissé séduit par sa détermination»

En plus du soutien du gouvernement et du peuple ivoiriens, Arthur Gue Cissé peut compter sur le coup de pouce sans faille d'Orange Côte d'Ivoire. Il endossera d’ailleurs la casquette d'ambassadeur de l’opérateur dès cet été. L'athlète et Orange ont, effectivement, signé récemment une convention.

Muriel Cissé, Directrice de la Communication du groupe Orange Côte d’Ivoire se réjouit de ce rapprochement : «Arthur Gue Cissé est l’un des plus jeunes coureurs au monde à courir sous les 10 secondes le 100m. C'est un modèle de réussite pour tous. Et Orange Côte d’Ivoire a toujours soutenu le sport ivoirien. Cet athlète séduit par sa détermination et son ascension fulgurante. Il est à l’image de la jeunesse de notre pays : vive et conquérante».

Des compliments et un soutien qui motivent encore plus le jeune athlète ivoirien. «Orange Côte d’Ivoire est fortement et sincèrement impliquée dans l’autonomisation de la jeunesse ivoirienne. Ce partenariat est une marque de confiance qui me booste encore davantage, et m’amènera à me dépasser chaque jour un peu plus» confie l'athlète.

Rumeurs sur une volonté de changer de nationalité

Arthur Gué Cissé a également souhaité revenir sur son séjour aux États-Unis ces dernières années. Ce voyage avait, en effet, suscité plusieurs interrogations et des rumeurs. Certains ont véhiculé que le sprinteur ivoirien envisageait de changer de nationalité sportive. Ce qu'il a démenti. «Je n'ai jamais eu l'intention de concourir pour les États-Unis, avance-t-il. Mon séjour faisait tout simplement partie de ma stratégie de développement. En plus d'aller vers la diversité d’expériences, le but était aussi d'atteindre l’excellence que je cherche».

Enfin, Arthur Cissé s'exprime sur le retour des spectateurs dans les stades : «sans public, le sport perd son sens. Nous avons tous besoin des encouragements et des applaudissements pour réaliser des exploits. Les émotions ont un rôle majeur dans la réalisation de performances, on ne peut négliger leurs présences, et encore moins leurs absences».

Jean-Claude DJAKUS

Paulo Duarte, nouveau sélectionneur: « Faire du Togo, une machine»

Pourquoi avoir choisi le Togo. Comment les contacts et négociations se sont passés ?

J’ai choisi le Togo parce qu’il m’a présenté un projet plus stable, un projet d’avenir et à long terme. Surtout quand il faut revoir la structure d’une équipe. Quand quelqu’un te fait confiance, ça te donne la force de t’engager. Le Togo mérite d’être au plus haut niveau (du football africain). C’est la victoire aussi qui fait rêver un pays dans le football. Être choisi, c’est le fruit de mon travail dans le continent qui a commencé en 2008. Être le premier choix pour orienter et travailler avec cette grande nation du football africain qui est le Togo, c’est une grande motivation pour moi. Un grand honneur.

Après l’annonce de votre nomination, avez-vous déjà commencé à nouer des contacts avec les joueurs évoluant dans les différents championnats européens et africains ?

C’est une étape qui va commencer après la fin du championnat ici en Angola. Maintenant qu’on a ramené les éliminatoires du mondial 2022 en septembre, on a donc gagné pratiquement deux mois. Je vais m'atteler sur ce dossier. Je dois parler avec mon adjoint et mes joueurs. C’est un travail qui sera fait avec une large consultation. Pour mieux faire connaissance entre joueurs, entraîneurs. Et arriver ainsi à faire du Togo, une machine qui marche.

Comment  mesurez-vous vos nouvelles fonctions de sélectionneur du Togo ?

Le Togo est une grande nation de football. C’est un  grand nom dans le football africain, qui a son histoire, sa marque, son ADN également. Mais, le Togo n’a pas participé aux deux dernières Coupes d’Afrique des nations (CAN). Et cela a notamment coupé la visibilité de la sélection. Et il faut changer cette donne. Sincèrement, la CAN, c’est la force du football africain. Les supporters aiment regarder leur nation, leurs joueurs et leurs vedettes. On aura le temps de savoir pourquoi le Togo est absent (de la CAN). On va analyser, observer et arriver à une conclusion. Ce qui nous permettra de mettre un plan (de travail) pour que  le Togo revienne rapidement dans le concert du football africain.

"Notre objectif, c’est de renouveler l’équipe"

 

Vous prenez officiellement la sélection en août prochain. Quel plan avez-vous mis en place pour préparer l’équipe ?

Quand un coach arrive, il a normalement besoin du temps. Il a besoin d’avoir une connaissance maximale (de son environnement), le plus rapidement possible.  Avant que je prenne fonction dans un mois, je peux regarder 20 à 40 matches. J’aurai  donc toutes les informations sur les anciens tout comme les nouveaux joueurs aussi. Cela me permettra de mettre en place une équipe. Avancer le plus rapidement possible. Et ensuite recomposer une équipe qui est cassée.

Notre objectif, c’est de renouveler l’équipe. On le fait pour préparer l’avenir. On va voir ce qu’on a et ce qui nous manque. Aussi appliquer mon style de jeu, mes modèles d’entraînement et imposer le maximum d’exigence et d’engagement à mes joueurs parce que je suis un entraîneur très exigeant. Avec moi, on ne joue pas parce que c'est le nom. Il faut mériter sa place. Donc, il n’y a pas avec moi, une différence entre les joueurs locaux ou expatriés. J’admire le joueur qui donne le meilleur de lui pour gagner les rencontres.

 

Que pensez-vous du report du démarrage des éliminatoires du mondial en septembre ?

C’est formidable pour moi afin de bien démarrer avec cette équipe du Togo. Mon contrat avec Primero Agosto (Angola) se termine à la fin du mois d’août. Ce report concernant le démarrage des éliminatoires du mondial 2022 me permettra de bien débuter avec mon équipe les qualifications qui s’annoncent déjà difficiles.

Le Togo est dans le groupe H avec le Congo, la Namibie et le Sénégal.  Que pensez-vous de ce tirage ?

Il n’y a plus de matches faciles en Afrique. Mais le football africain est un football physique, tactique, équilibré. Les petites équipes ont fait de grandes progressions. Normalement, c’est le Sénégal qui est le favori (du groupe). C’est une grande équipe africaine. Il y a qualité et de la quantité pour faire trois équipes avec le même niveau. Mais aujourd’hui, on ne peut dire qu’une équipe est plus forte que l’autre. Il faut jouer le match comme si c’était le dernier.

Chaque match est une finale. Je n’ai peur d’aucune équipe comme les autres équipes n’ont pas peur de nous. On va aller chercher des résultats positifs dans l’ensemble des matches. À la fin, on va faire l’addition. Pour gagner des matchs, il faut jouer avec beaucoup d’engagement. Seule la qualité seule ne suffit pas. Les joueurs doivent donner leur vie pour la patrie.

La Fédération Togolaise de football (FTF) a-t-elle mis à votre disposition les moyens nécessaires pour mener à bien votre mission ?

Oui je pense que nous sommes sur la bonne voie. Il manque juste quelques petits détails. Pour confirmer tous les moyens dont j’ai besoin afin de bien travailler. J’espère que quand je serai à Lomé,  tout sera déjà réglé.

Quel commentaire faites-vous des propos de votre prédécesseur, Claude Le Roy, sur votre nomination à la tête des Eperviers ? 

Je passe. Chacun est libre de dire ce qu’il pense (Ndlr : Claude Le Roy regrette le choix porté sur Paulo Duarte. En lieu et place, il aurait souhaité voir, Jean-Paul Abalo Yaovi Dosseh, son ex-adjoint, à sa place). Moi je ne suis pas commentateur, je suis plutôt entraîneur. Je ne parle pas de la vie des autres. Je dois m’occuper de ma vie. Donner le mieux de moi-même. Expliquer pourquoi et comment je peux changer les choses. Je dois accepter l’opinion de tout le monde. Je me focalise à 100% sur mon travail. Parce que c’est moi qui suis là. C’est à moi de corriger les grands problèmes qui existent dans cette sélection.

Propos recueillis par Armel LANGANDA