JO 2021 - Boulmerka, une belle histoire algérienne en 1992 (5/5)

Aux Jeux olympiques de Barcelone 1992, Hassiba Boulmerka offre à l’Algérie son premier titre olympique. Elle remporte le 1500 m. Boulmerka est accueillie en héroïne en Algérie. La championne olympique est tout de même la cible des extrémistes et reçoit des menaces de mort. On lui reproche de courir avec les bras et les jambes découverts. Mais la jeune dame réplique et déclare « Aussi vrai qu’il est impossible de se rendre à la mosquée en short, il est impossible de courir en hijab »

Durée : 4mn16s
Musique utilisée : Archives de France Tv sport avec le commentaire de Patrick Montel, hymne nationale de l’Algérie
Sources : olympics, France.tv « l’Algérie en or », Jeune Afrique « Hassiba Boulmerka offre à l’Algérie sa première médaille d’or »

JO 2021 - John Aki Bua, l'Ougandais en or qui gênait le dictateur Amine Dada (4/5)

John Aki Bua est le premier champion olympique de l'Ouganda. Aux JO de Munich 1972, il remporte l’or sur 400 m haies. Une performance historique puisqu’il était au couloir numéro 1 qu’il qualifie de « synonyme de défaite ». L’Ougandais s’en sort et bat le record du monde de la distance. C'est d'ailleurs le seul titre africain aux JO sur cette épreuve. De retour au pays, Aki Bua fait face à la jalousie du président Idy Amine Dada.

Durée : 4mn 31s
Source : Euronews, Olympics, Jeune Afrique
Musique utilisée : Archives BBC,  Hymne nationale de l’Ouganda

JO 2021 : Afrique du Sud, de l’exclusion à la réintégration aux Jeux

Bien qu’officiellement exclue des Jeux olympiques (JO) par le CIO (Comité international olympique) en 1970, l’Afrique du Sud avait déjà fait l’objet d’une mise à l’écart six ans plus tôt. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Jan de Klerk, avait défendu que son pays ne répondait pas à l’un des critères de participation : l’intégration raciale. Les Sud-africains étaient invités à Tokyo 1964, justement, au Japon.

Ainsi les JO qui s’ouvrent vendredi 23 août sont les premiers de l’Afrique du Sud en terre nippone en été. Le Japon n’ayant accueilli, après 1964, que des Jeux d’hiver.

Boycottée par l'Afrique

En 1968, l’Afrique du Sud allait être acceptée aux JO de Mexico à condition que son équipe soit multiraciale. Le pays était prêt à retourner à la plus grande compétition sportive du monde. Mais c’était sans compter la détermination des autres pays africains. Du fait de la présence encore notoire de l’apartheid en Afrique du Sud, plusieurs pays du continent et en dehors ont menacé de boycotter l’événement.

La réintégration du pays dans l’olympisme intervient en 1991. Soit un an après la libération de la figure phare de la lutte contre l’apartheid, Nelson Mandela. La fin de ce système politique discriminatoire marque ainsi le retour de l’Afrique du Sud sur la plus grande scène internationale sportive.

À Barcelone pour les JO de 1992, avec ses 96 athlètes, le pays nouvellement réintégré récolte deux médailles d’argent. Au total l’Afrique du Sud compte 86 médailles depuis Stockholm 1912.

Mariétou SOUMARE

JO 2021 - Abdou Sèye, le Sénégalais qui défia la métropole en 1960 (3/5)

Aux Jeux olympiques de Rome 1960, Abdou Sèye, athlète d’origine sénégalaise court sous les couleurs de la  France. Il remporte la médaille de bronze au 200 m. Mais tout au long de la compétition, le sprinter affiche un sentiment anti-français. Sèye s'entraine avec les survêtements de la fédération du Mali. Un geste qui a déplu à l’ancienne métropole qui venait d’ailleurs de réaliser l’un des pires JO de son histoire. La France n’a en effet glané aucune médaille d’or.

Durée : 4mn
Source : Sport en noir et blanc de Bernadette Deville Danthu

JO 2021 : les fois où l’Afrique a boudé les Jeux

Alors que le Canada accueille les Jeux olympiques de 1976 à Montréal sans l’Afrique du Sud, exclue par le Comité international olympique (CIO), plusieurs pays africains s’organisent pour boycotter l’évènement. Cet acte fort ne vise ni le Canada ni l’absence de l’Afrique du Sud, mais plutôt la Nouvelle-Zélande.

En effet, le pays océanique, qui maintenait des relations avec le régime d’apartheid, avait envoyé son équipe de rugby en tournée en Afrique du Sud. Pas moins de 22 pays du continent décident alors de boycotter Montréal 1976 à cause de la participation de la Nouvelle-Zélande.

Si la décision de ne pas aller à la 21e olympiade ne visait pas le pays hôte, il n’en sera pas ainsi pour la suivante, quatre ans plus tard. Les Jeux de Moscou seront boycottés par une douzaine de pays africains, particulièrement les pays majoritairement musulmans.

Au cœur de la Guerre froide

La raison : en 1979, en pleine guerre froide, l’Union soviétique envahit l’Afghanistan. Le principal pays rival, les Etats-Unis, évite logiquement d’y participer et appelle ses alliés à faire de même. Pendant ce temps, des pays musulmans considèrent l’invasion de Kaboul comme une attaque à l’Islam. Au total, une cinquantaine de pays- dont les douze africains- ne sera à Moscou à l’été 1980.

En 1984, c’est au tour du pays rival de l’URSS d’organiser la compétition à Los Angeles. Bien que plusieurs pays africains soient socialistes, six d’entre eux vont participer aux JO. Il s’agit du Bénin, des Seychelles, du Mozambique, du Madagascar, de la Somalie (qui avait rompu ses relations avec l’Union soviétique) et de la Libye (pour des raisons autres).

L’édition de 1988 à Séoul était celle qui a regroupé le plus de pays participants depuis la première, en 1896 à Athènes. Mais trois nations africaines décideront volontairement de manquer à l’appel. Madagascar et les Seychelles continuent leur boycott tandis que l’Ethiopie le fait en solidarité avec la Corée du Nord, ennemie du pays hôte.

Mariétou SOUMARÉ

JO 2021-Modeste Mbami : «On n’allait pas à Sydney pour la médaille d’or»

Sport News Africa : Dans quelques jours, douze athlètes camerounais vont participer aux Jeux olympiques à Tokyo, avec l’ambition de ramener une médaille. Une expérience que vous avez vécue en 2000 à Sydney avec les Lions Indomptables. Quels souvenirs gardez-vous de ces Jeux ?

Modeste Mbambi : Ce sont des moments inoubliables. Je garde de ces Jeux Olympiques de Sydney des souvenirs très agréables. J’ai vraiment passé des moments intenses avec mes coéquipiers. Au départ, on n’allait pas à cette compétition avec l’ambition de ramener la médaille d’or. Du coup, chaque victoire nous a procuré des sensations inoubliables. C’était simplement magique.

Au final, le Cameroun remporte la médaille d’or après avoir battu l’Espagne en finale. Racontez-nous cette fameuse journée...

C’était la meilleure journée que j’ai passée à Sydney. Cette journée avait commencé la veille en fait (rire). Personne n’avait pu fermer l’œil. On a discuté pendant toute la nuit, jusqu’à 4 heures du matin. On était là à échanger sur le match qui nous attendait. Franchement, tout le monde était relax. On avait compris qu’on était dans les bonnes conditions pour gagner ; parce qu’en réalité, on savait qu’on avait rien à perdre. Nous étions déjà contents d’être là, on ne s’imaginait pas arriver en finale. On s’est dit qu’il fallait donner tout ce qu’on avait. Je me souviens du penalty salvateur de Pierre Wome qui nous permet de remporter ce match. C’était simplement incroyable.

Quelle a été votre première pensée après avoir décroché cette médaille ?

Je n’y croyais pas. Nous étions médaillés d’or olympiques, nous, des Camerounais. L’équipe était en majeure partie constituée de jeunes joueurs évoluant dans les championnats camerounais. On n’avait pas vraiment le groupe idéal pour espérer cette médaille d’or olympique. Quand on a gagné, la première chose qui m’est venue en tête, c’était le peuple camerounais et ma famille. J’ai tout de suite pensé à la joie qu’on a pu leur procurer parce qu’on sait ce que le football représente pour chaque Camerounais.

«Le jour de la finale, on avait dû acheter certains équipements en raison d’un problème avec le sponsor.  Certains maillots avaient été floqués avec des stylos, d’autres au sparadrap.»

Quelles ont été les retombées de votre médaille ?

Je pense plus à la reconnaissance d’abord de mon pays. Ensuite, il faut dire que cette médaille a contribué à me donner une certaine visibilité au plan mondial. Quand je suis rentré des Jeux Olympiques, j’étais jeune, j’avais un contrat de stagiaire. Le club qui voyait en moi un joueur d’avenir a eu des certitudes. C’est ainsi que j’ai rapidement signé un contrat professionnel. C’est grâce au Cameroun et à cette médaille d’or olympique. Les Jeux olympiques ont vraiment été le début de tout. Il y a certes eu du travail en amont, mais les JO de Sydney 2000 ont contribué à me propulser sur la scène mondiale. Surtout mon but en or contre le Brésil.

Qu’est devenue cette médaille aujourd’hui ? A quoi pensez-vous lorsque vous la regardez ?

Ma médaille en or ? Elle est là, bien au chaud. Nous avons réalisé un exploit. Aujourd’hui, nous faisons partie de l’histoire des JO. Il existe plusieurs grands joueurs dans le monde qui ont tout gagné, sauf cette médaille d’or olympique. Elle constitue donc une grande fierté. C’est ce qui va rester dans l’histoire. Je dois avouer que c’est avec le temps que je me rend compte des difficultés traversées et de ce que nous avons réalisé quelque chose de grandiose.

Quel sort avez-vous réservé aux équipements avec lesquels vous avez disputé la finale de ces Jeux Olympiques de Sydney 2000 ?

Déjà, il y a une anecdote (rire). Le jour de la finale, on n’avait pas tous nos équipements complets. On avait dû acheter certains équipements en raison d’un problème avec le sponsor. Certains équipements avaient été floqués avec des stylos, d’autres au sparadrap. C’est avec ça que nous avons joué cette finale. J’ai fait don de ces équipements à mes proches et à des amis. Et j’ai gardé la médaille pour moi.

Quelle place occupent les souvenirs de ces Jeux Olympiques parmi ceux de votre vie et de votre carrière ?

Quand je regarde ma carrière, tout le chemin parcouru, je pense que c’est le plus grand exploit que j’ai réalisé. Dans ma vie de sportif, je ne pense pas avoir réalisé quelque chose d’aussi grand. Par contre dans ma vie privée, le plus important a été d’avoir des enfants et de fonder une famille.

Kigoum WANDJI

 

 

JO 2021-Abebe Bikila : «Yes we can», 48 ans avant Obama

Rome, 10 septembre 1960. Dix-septième olympiade, premiers Jeux en terre italienne. Sur la ligne de départ de l’épreuve du marathon, un beau jeune homme de 28 ans attire les regards. Moins pour la finesse de ses traits réguliers et de son corps sec que parce qu’il est pieds nus. Une curiosité. Un cliché de l’exotisme dont l’Afrique a le secret. Une anecdote. Abebe Bikila.

L’Éthiopien paré aux couleurs de son pays, débardeur vert et short rouge-jaune, était une simple «anomalie sympathique» sur la photo où trônait notamment le champion marocain Abdeslam Radi, le favori de la course. Éliminé des qualifications, il devait sa participation à l’épreuve au forfait sur blessure d’un de ses compatriotes.

À deux kilomètres de la ligne d’arrivée, Bikila et Radi sont au coude à coude. Puis le premier s’offre une foudroyante accélération pour terminer en triomphe, les bras au ciel. Il couvre la distance en 2 h 15 mn 16 s. Radi, deuxième, est relégué à 200 m, à 25 secondes. Le Néo-Zélandais Barry Magee est troisième. Le record du monde du Russe Igor Pavlov est battu d’une seconde.

Le Marocain Abdeslam Radi (gauche) partage le podium du marathon des JO Rome 1960 avec l’Ethiopien Bikila (vainqueur) et le Néo-Zélandais Barry Magee (bronze).

«Fracassante !», «historique !», «symbolique !»... : alors que, pour la première fois de leur l'histoire, les JO sont retransmis à la télévision, les qualificatifs fusent pour décrire la victoire de cet «Éthiopien inconnu» comme le surnommait un commentateur italien.

«Un cas exceptionnel»

Une page d’histoire venait de s’ouvrir. L’Afrique noire remportait ainsi sa première médaille olympique depuis les JO inauguraux de 1896. Quarante-huit ans avant le triomphe de Yes we can, le slogan de campagne de Barack Obama, élu en 2008 premier président noir des États-Unis, un Africain a montré qu’il était possible de vaincre l’impossible. «Je voulais que le monde sache que mon pays, l'Éthiopie, a toujours vaincu avec détermination et héroïsme», a lancé Bikila à l’issue du marathon, sa médaille d'or autour du cou.

Cette victoire du coureur éthiopien est emplie de symboles. Son auteur est né le jour du marathon des Jeux olympiques de Los Angeles, le 7 août 1932. Sa performance intervient à Rome 25 ans après l’invasion de l’Éthiopie par l’Italie. Et c’était la première fois que les médailles étaient passées au cou des vainqueurs aux JO.

Au départ du marathon, personne ne misait sur Bikila. Sauf un homme : son entraîneur, le Finlandais Onni Niskanen. Celui qui lui faisait faire du tennis et du basket, histoire d’ajuster sa coordination. «Abebe est un cas exceptionnel, il n'est jamais fatigué, et éprouve rarement le besoin de boire un verre d'eau après une séance d'entraînement», s’émerveillait le technicien.

Le coach finlandais Onnis Niskanen (gauche) a toujours cru au talent de son poulain.

Une fin tragique

Mais le détail qui renforce la légende du coureur éthiopien est le fait qu’il courait pieds nus. Une habitude acquise depuis tout petit dans son Jato natal. Abebe Bikila aimait arpenter sans chaussures les hauts plateaux du village. C’est pourquoi arrivé à Rome, pour les JO, les tentatives de le faire rompre avec cette habitude resteront vaines. Avec des chaussures, il courait moins bien et ses pieds développaient des ampoules. Il finira par renouer avec ses vieilles habitudes.

Après sa performance, Bikila connut un court moment de gloire dans son pays avant d'être arrêté et emprisonné. La garde impériale éthiopienne, corps auquel il appartient, est accusée de tentative de coup d’Etat contre l’empereur Hailé Selassié. Il sera relâché au bout de trois mois de détention alors que ses camarades d'infortune ont été fusillés.

L'empereur d'Ethiopie Hailé Selassié décorant Abebe Bikila. Le premier emprisonnera le second.

Aux JO de Tokyo (Japon), en 1964, Abebe Bikila rééditera son exploit signé à Rome. Ce succès sera son dernier. En mars 1969, il perdra l'usage de ses jambes suite à un accident de voiture. Une tragédie qui n’avait entamé ni son humeur ni sa vitalité.

En 1973, Abebe Bikila est victime d'une hémorragie cérébrale qui l'emporte à l’âge de 41 ans. Le symbole africain est parti depuis 48 ans. Il laisse derrière lui un héritage en or pour toute l'Afrique et qu’entretiennent Éthiopiens et Kényans, les rois des courses de fond.

Jules DIA

JO 2021: l’Afrique rêve toujours d’accueillir les Olympiades

L’anneau noir, le sigle olympique n’a toujours pas été honoré en Afrique. Peut-être un jour, le continent va  en effet vibrer au rythme des Jeux olympiques. Jusqu’ici, tous les continents ont accueilli les Olympiades excepté l’Afrique.

Aucun pays africain n’a donc réussi pour l'instant, à s’imposer dans la course à l’organisation du plus grand événement sportif au monde. Et ce n’est pas faute d’essayer. Quelques villes d’Afrique ont déjà été candidates sans succès. C’est le cas du Cap en Afrique du Sud ou encore du Caire en Égypte. La capitale Kenyane, Naïrobi avait été pressentie pour les olympiades de 2024.

En attendant que ce rêve se réalise, c’est le  Japon qui s’apprête en effet à accueillir pour la 2ème fois les JO (23 juillet-8 août). Comme lors des 18es JO de 1964, Tokyo  va à nouveau briller.

Les Jeux, un événement onéreux

L’accueil d’un événement de cette dimension requiert des moyens financiers et logistiques colossaux. Les Jeux olympiques réunissent 11092 athlètes de plus de 200 pays. Ils concourent dans 33 sports, 50 disciplines et 339 épreuves. Pour accueillir ces 32èmes olympiades, Tokyo s’est dotée de plusieurs infrastructures dont le tout nouveau stade olympique national d’un coût de 1,26 milliard d’euros.

En plus des sites existants datant des JO de Tokyo en 1964, la capitale nippone a dû se renforcer avec entre autres, le parc de Kasai Rinkai (épreuves de Canoë-kayak), du centre olympique aquatique (épreuves de natation, plongée et natation synchronisée). Ou encore l’Ariake Arena (compétitions de volley-ball).

En plus des critères sportifs, le CIO regarde d’autres aspects comme le soutien du gouvernement de la ville candidate. Sans oublier l’infrastructure générale, y compris les télécommunications, le Village olympique. L’environnement : conditions et impact, l’hébergement, les transports, la sécurité et stabilité politique. Mieux, l’expérience passée en matière d’organisation d’événements sportifs, la sécurité financière pour les Jeux et le concept général des Jeux sont entre autres des points du cahier des charges d’une candidature à l’organisation des JO.

De peu avec le Cap en 2004

Première et jusqu’ici seule nation africaine à organiser la coupe du monde FIFA de football, l’Afrique du Sud est également la première à déposer sa candidature pour abriter les JO. Le 5 septembre 1997, lors de la 106e session du Comité international olympique (CIO), Athènes est désignée ville hôte des Jeux olympiques de 2004 au 4ème tour du scrutin. Le Cap s’est hissée jusqu’au 3ème tour avec 20 voix contre 35 pour Rome et 52 pour Athènes.

À l’époque président du CIO, Antonio Samaranch espérait quitter son poste avec l’héritage d’attribuer au continent noir, l’organisation des Jeux olympiques. L’Afrique du Sud sortait de ses premières élections démocratiques ayant porté l’emblématique Nelson Mandela à la tête du pays. La Nation Arc-en-ciel présentait aussi un dossier solide.

«En présentant le dossier, nous suions à grosses gouttes. Nos chiffres ont été vérifiés par trois ministères différents et finalement approuvés, soutenait en mai 1995 Ngonde Balfour, l'un des directeurs du comité de candidature dans Libération. Ce qui l'a emporté, c'est la présentation d'un projet adapté à la situation sud-africaine», ajoutait-il. Insuffisant au final pour convaincre le collège de votants du CIO.

Le Caire recalée pour 2008 par le CIO

Les Jeux olympiques de 2008 ont été les premiers où le Comité international olympique a examiné les capacités organisationnelles des villes intéressées par l’organisation des JO. Beijing, Istanbul, Osaka, Paris et Toronto seront finalement retenues alors que 5 autres villes présentées par leur Comité national olympique n’ont pas passé le cut.

Parmi elles, le Caire. La capitale égyptienne espérait suppléer son homologue sud-africaine qui avait échoué pour l’organisation des JO de 2004. La candidature du Caire ne franchit finalement pas la phase d’acceptation étudiée par la commission exécutive du CIO. L’organisation des Jeux olympiques de 2008 sera finalement confiée à Pékin, la capitale chinoise.

Naïrobi hésitante pour 2024

Troisième pays africain le mieux classé au tableau des médailles aux JO de Londres en 2012 mais 1er au nombre de médailles (2 en or, 4 en argent et 7 en bronze), le Kenya s’est vu pousser des ailes. Une effervescence qui poussait le premier ministre Kenyan d’alors à envisager de déposer la candidature de Nairobi à l’organisation des Jeux olympiques d’été de 2024.

«Le temps est venu pour l’Afrique subsaharienne d’accueillir les Jeux. L’économie de la région va exploser pendant la prochaine décennie et l’organisation des JO apporterait un soutien psychologique. Ainsi que d’immenses bénéfices en termes d’investissement dans les infrastructures», déclarait en 2012, Raila Odinga dans une interview accordée au quotidien britannique The Financial Times. Les autorités Kenyanes finiront par reporter leur projet de candidature pour 2032.

Dakar hôte des JOJ pour ouvrir la voie

D’autres villes d’Afrique ont songé à organiser les Jeux. Ce fût le cas pour Casablanca (Maroc) et Durban (Afrique du Sud) pour les Jeux de 2024 et 2028. Le 26 mai 2011, l’Afrique du Sud renonçait à candidater pour abriter les Jeux olympiques 2020 alors que Johannesburg, Durban et Port-Elizabeth étaient pressenties pour porter la candidature Sud-africaine. La volonté affichée du président du CIO Thomas Bach en direction de l’Afrique et la matérialisation des valeurs d’universalité des JO font bouger les lignes.

En atteste l’attribution des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de 2022 au Sénégal. Un événement finalement décalé à 2026 du fait de la situation sanitaire. Le 8 octobre 2018 à Buenos Aires en Argentine, marque un tournant historique avec la désignation de Dakar, ville hôte des 4èmes JOJ d’été. La capitale sénégalaise avait comme adversaires Gaborone (Botswana), Abuja (Nigeria) et Tunis (Tunisie). Il était manifeste que ce serait une ville africaine qui abriterait ces Jeux olympiques en miniature. Ce qui explique que Munich, Hong Kong, Budapest, Monterrey, Rotterdam et Kazan soient recalés.

Avec les désignations de Paris et Los Angeles respectivement pour les JO de 2024 et 2028, les espoirs africains sont tournés vers l’organisation des Jeux en 2032.

Moustapha M. SADIO