Zimbabwe: Le rugby sauve des filles du mariage précoce

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Zimbabwe: Le rugby sauve des filles du mariage précoce

Pour stopper le fléau des mariages précoces au Zimbabwe, certaines régions du pays poussent les filles à pratiquer le rugby pour échapper à la fin prématurée de leur vie d’adolescentes.

Le rugby pour sauver des écolières du mariage précoce ? C’est la parade trouvée dans certaines régions du Zimbabwe pour endiguer ce désastre. Pourtant, quand les filles commençaient à caresser la balle ovale, beaucoup d’ultras conservateurs voyaient cela comme une dépravation des mœurs voire un blasphème! Pour eux, une fille doit trouver un mari et fonder un foyer. Point barre. A leurs yeux, le sport doit rester l’apanage des hommes.

Néanmoins, à Sahumani, dans l’est du Zimbabwe, ces clichés sont tombés. La femme n’est plus réduite à un «objet». Mais cette lutte n’a pas été facile au début. Cependant, cinq ans plus tard, plusieurs filles représentent leur pays dans ce sport. C’est le cas de Catherine Muranganwa, 20 ans, qui a joué pour les sélections de rugby féminin U18 et U20 du Zimbabwe. «Je détestais le rugby. À l’époque, je croyais que le sport était réservé à l’élite et aux hommes, pas aux filles comme moi», avoue-t-elle. Une autre joueuse de son âge, de l’équipe U20, Velme Nyarumwe, confesse que le rugby a sauvé son adolescence. «Pour ma famille, à 20 ans, c’est déjà trop tard pour le mariage. Ils (les parents) te mettent la pression quotidiennement», révèle Velme.

Le rugby obligatoire pour les écolières

Catherine Muranganwa, dont les deux sœurs se sont mariées avant d’avoir 18 ans, (âge légal du mariage au Zimbabwe), se sent donc chanceuse. «Quand je voyage pour le rugby, je rencontre des femmes extraordinaires et j’ai réalisé que se marier tôt n’est pas le bon choix». La jeune sportive rêve maintenant de faire carrière dans le rugby afin de pouvoir aider sa famille. «Le mariage n’est pas ma priorité maintenant», lance la native de Sahumani. «Je souhaite jouer pour des clubs indépendants au Botswana, en Afrique du Sud ou en Europe. Je sais qu’avec le rugby, je vais changer la vie de ma famille», dit Muranganwa.

Le rugby est désormais obligatoire pour toutes les filles à l’école à Sahumani. Car près de 33% d’un échantillon représentatif d’environ 8 000 femmes âgées de 20 à 49 ans étaient mariées avant 18 ans. C’est ce qui est ressorti d’un sondage effectué en 2019 dans cette région du Zimbabwe.

Heureusement que le rugby offre de nouvelles perspectives à ces jeunes filles!

Jim CEESAY

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