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Barça–Real Madrid : six points d’écart, un Clasico pour changer la donne

Le Barça reçoit le Real Madrid dimanche 25 octobre au Spotify Camp Nou, avec six points d’avance. Mbappé face à Yamal, Raphinha en pleine réussite, Mourinho de retour : les enjeux de ce Clasico dépassent les noms sur l’affiche.

Rieltony LOUBOKO · Profil de l’auteur · · Mis à jour 23/10/2026 15:28 UTC

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Lamine Yamal et Kylian Mbappé au duel lors de la finale de la Supercoupe d’Espagne, le 11 janvier 2026 à Djeddah.
Altaf Qadri / AP — archive, Supercoupe d’Espagne, 11 janvier 2026.

Qui du FC Barcelone ou du Real Madrid sortira gagnant dimanche ? La question anime déjà les discussions, mais le classement lui donne cette fois un relief particulier. Les Catalans ont remporté leurs neuf premiers matchs de Liga et comptent 27 points. Les Madrilènes sont troisièmes, à six longueurs. Une victoire barcelonaise porterait l’écart à neuf points ; un succès du Real le ramènerait à trois. En octobre, personne ne sera champion. Personne, non plus, n’a envie de laisser son rival prendre autant d’air.

Le Barça vient pourtant de recevoir un avertissement : mardi, le PSG lui a infligé sa première défaite de la saison (4-2). Madrid arrive avec une humeur bien différente après avoir battu la Roma (4-3), Séville (4-1) et Leipzig (4-1) lors de ses trois dernières sorties. Douze buts marqués, cinq encaissés. L’attaque rassure ; la défense laisse encore des raisons de s’inquiéter.

Mbappé–Yamal : marquer ne suffira pas toujours

Neuf buts et deux passes décisives pour Kylian Mbappé en championnat, huit buts et six passes pour Lamine Yamal : les deux hommes arrivent avec de quoi nourrir le duel. L’Espagnol intervient donc directement sur quatorze buts, contre onze pour le Français. Ce décompte ne classe pas les talents ; il rappelle que le danger peut venir d’une dernière passe aussi bien que d’une frappe.

Mbappé a inscrit douze buts en dix confrontations officielles contre le Barça, avec le PSG puis le Real. Mais un souvenir résume le piège de cette affiche : le 11 mai 2025, il avait signé un triplé et perdu 4-3. Madrid menait même 2-0 avant de céder. Trois buts de sa star n’avaient pas compensé les déséquilibres du collectif.

Sans Vinícius Júnior, suspendu, le Français portera une responsabilité offensive supplémentaire. Il faudra surtout lui donner des ballons exploitables. La défense haute de Flick laisse de l’espace derrière elle, mais elle sait aussi le rendre trompeur : lors du 0-4 du 26 octobre 2024, Mbappé avait été signalé huit fois hors-jeu. Dimanche, la synchronisation entre son départ et la passe comptera autant que sa vitesse.

Yamal posera une autre difficulté au Real. S’il reçoit le ballon seul face à son défenseur, Madrid risque de subir ses changements de direction. Si un deuxième joueur vient l’aider, un partenaire du Barcelonais pourra se libérer ailleurs. Le travail madrilène consistera à fermer ces relais sans laisser Yamal avancer vers la surface. L’arrêter une fois ne réglera pas le problème de toute une soirée.

Le calendrier ajoute un décor prestigieux : la cérémonie du Ballon d’or se tiendra lundi 26 octobre à Londres. Les votes sont déjà clos. Ce Clasico ne changera donc pas le résultat du trophée, même s’il peut changer l’humeur de ceux qui monteront sur scène le lendemain.

Raphinha, de dos à gauche, célèbre avec Lamine Yamal en finale de la Supercoupe d’Espagne le 11 janvier 2026.
Raphinha et Lamine Yamal lors de la finale de la Supercoupe d’Espagne, le 11 janvier 2026 à Djeddah. Photo : Altaf Qadri / AP (archive).

Raphinha, celui qu’il serait dangereux d’oublier

À force de regarder Mbappé et Yamal, on finirait presque par oublier le meilleur buteur de cette Liga. Avec douze réalisations en 575 minutes, Raphinha marque en moyenne toutes les 48 minutes environ. Ses deux triplés et ses deux doublés montrent aussi qu’une fois lancé, il peut faire basculer plusieurs fois le même match.

Le Brésilien et Yamal ont inscrit, à eux deux, vingt des 39 buts barcelonais en championnat : un peu plus de la moitié. Pour Madrid, concentrer toute l’attention sur un seul des deux reviendrait à laisser l’autre respirer. Dans son rôle axial, Raphinha peut attaquer l’intervalle ouvert par un déplacement, puis terminer une action dont Yamal aura attiré les premiers défenseurs.

L’histoire récente donne du poids à cette menace. Le 11 janvier, en finale de la Supercoupe d’Espagne à Djeddah, Raphinha avait ouvert le score puis inscrit le but du 3-2 à la 73e minute. Madrid était revenu deux fois ; le Brésilien avait fini par lui fermer la porte. Son doublé n’était pas qu’une belle ligne statistique : il avait offert le trophée au Barça.

De retour d’une gêne, il a joué vingt minutes contre le Betis le 17 octobre avant de débuter à Paris trois jours plus tard. Son retour est donc déjà effectif. L’interrogation porte sur sa capacité à retrouver cette justesse décisive dans un match où les occasions peuvent peser plus lourd que leur nombre.

Diomande, une occasion à saisir pour l’Ivoirien

Au Real, l’absence de Vinícius ouvre une possibilité à Yan Diomande. Arrivé cet été, l’international ivoirien reste sur trois buts et trois passes décisives lors des quatre dernières rencontres, toutes compétitions confondues. Il a ainsi participé directement à six buts sur cette séquence.

Ses performances lui donnent des arguments pour commencer son premier Clasico, sans que sa titularisation soit acquise. Pour Mourinho, l’intérêt serait de disposer d’un second attaquant capable d’attirer les défenseurs et de les obliger à surveiller autre chose que les appels de Mbappé.

Le test sera aussi dans ses choix : tenter le dribble quand il ouvre une vraie possibilité, remettre le ballon quand un partenaire est mieux placé, continuer sa course après la passe. Face au pressing catalan, son audace sera précieuse à condition de ne pas offrir trop de récupérations près du but madrilène. Pour Diomande, gagner sa place est une étape ; peser face au Barça en serait une autre.

Flick–Mourinho : une histoire lourde, un match à inventer

Six victoires en sept Clasicos officiels : Flick a installé une domination qui dépasse un simple bon soir. Sur ces sept rencontres, son Barça a inscrit 22 buts et en a encaissé onze, prolongation comprise. Après Ancelotti, Xabi Alonso et Arbeloa, Mourinho sera le quatrième entraîneur madrilène qu’il affrontera dans cette rivalité.

Revenu cet été, le Portugais connaît le poids de ce rendez-vous. Son premier Clasico sur le banc du Real, en novembre 2010, s’était achevé sur un 5-0 pour le Barça de Guardiola. Mais réduire son histoire à cette humiliation serait oublier la suite : le 20 avril 2011, Madrid avait remporté la Coupe du Roi contre ce même rival, grâce à une tête de Cristiano Ronaldo à la 103e minute. Mourinho avait trouvé une réponse cinq mois après la gifle.

Dimanche, il devra en trouver une autre. Défendre bas pourra réduire les espaces près de son but, mais éloignera Mbappé de la zone dangereuse. Presser plus haut pourra gêner la relance catalane, tout en exposant les espaces derrière les premiers Madrilènes éliminés. La capacité du Real à ressortir le ballon après une récupération dira beaucoup de ses chances : il lui faudra pouvoir respirer entre deux attaques du Barça.

Après Paris, le vrai examen de l’équilibre catalan

Le Barça totalise cinquante buts en douze matchs officiels cette saison, soit plus de quatre par rencontre. Cette puissance explique son excellent départ. Elle ne l’a pourtant pas protégé à Paris : revenu à 2-2 à la 79e minute, il a encore encaissé deux buts, aux 81e et 87e. La question dépasse donc la capacité à revenir au score. Il faut aussi savoir stabiliser le match après l’avoir fait.

Flick avait laissé Rodri sur le banc au coup d’envoi pour gérer sa charge de travail après la sélection, avec le Clasico en perspective. Ce choix augmente l’attente autour de son rôle dimanche, sans faire de lui une solution à tous les problèmes. À la perte du ballon, les distances entre le milieu et la défense devront permettre de ralentir la première passe madrilène. Sinon, les courses de Mbappé risquent de transformer une attaque catalane mal terminée en urgence devant son propre but.

Les derniers scores annoncent volontiers des buts : sept des neuf dernières rencontres du Barça et six des huit dernières du Real en ont produit entre trois et six au total. Sur les treize derniers Clasicos officiels, neuf entrent dans cette fourchette, prolongations comprises. Ce sont des tendances, pas le scénario de dimanche.

Le Barça a les résultats, l’efficacité et l’avantage du terrain. Le Real a retrouvé de l’élan et l’occasion de revenir à portée. Pour les Catalans, l’enjeu sera d’attaquer sans livrer leur défense aux courses adverses. Pour les Madrilènes, de montrer qu’ils peuvent gagner ce choc sans attendre de Mbappé qu’il répare tout. Son triplé perdu de mai 2025 devrait leur suffire comme rappel.

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