Coupes africaines : les clubs ivoiriens face au zéro pointé
ASEC, San Pedro, AFAD et Korhogo éliminés : aucun club ivoirien en groupes des interclubs masculins CAF 2026-2027. Retour sur les scénarios et les questions à résoudre.
Rieltony LOUBOKO · Profil de l’auteur · · Mis à jour 28/10/2026 12:28 UTC
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L’ASEC Mimosas, le FC San Pedro, l’AFAD du Plateau et le CO Korhogo ont tous été éliminés au deuxième tour préliminaire. La Côte d’Ivoire n’aura donc aucun représentant en phase de groupes des deux compétitions interclubs masculines de la CAF en 2026-2027. Quatre défaites au retour ont effacé les espoirs de l’aller et imposent un examen précis des projets sportifs.
Une victoire, trois nuls : après les premières manches, les quatre clubs ivoiriens pouvaient encore espérer poursuivre leur campagne africaine. Le week-end des 24 et 25 octobre a refermé toutes les portes. L’ASEC et San Pedro sont sortis de la Ligue des champions ; l’AFAD et Korhogo de la Coupe de la Confédération.
Le bilan des retours est sévère : quatre défaites, deux buts inscrits et sept encaissés. Mais ces chiffres recouvrent des scénarios différents, qu’il faut comprendre avant de prononcer un verdict général sur le championnat ivoirien.
L’ASEC et Korhogo ont cédé dans les dernières minutes
Au stade Félix-Houphouët-Boigny, dimanche 25 octobre, l’ASEC Mimosas a longtemps conservé une chance de passer. Après le nul 1-1 obtenu au Maroc, les Mimosas ont répondu à l’ouverture du score de Christopher Ibayi, à la 62e minute, par Bakaré Kévin, onze minutes plus tard. À 1-1, la confrontation se dirigeait vers les tirs au but. Khalid Baba a tout changé à la 90e+7 : victoire du MAS de Fès 2-1 à Abidjan, qualification 3-2 sur l’ensemble des deux rencontres.
Cette fin de match laisse à l’ASEC une question sportive immédiate : comment mieux gérer une rencontre encore ouverte dans ses dernières secondes ? Elle mérite une analyse des placements, des risques pris et des choix de fin de partie. Le seul score ne permet pas d’en attribuer toute la responsabilité à un joueur ou à l’entraîneur.
Le CO Korhogo a également entretenu le suspense jusqu’à la fin à Rabat. Après le 0-0 de l’aller, les Calaos ont égalisé par Diby Berneger à la 54e minute, répondant au penalty de Youssef El Fahli. L’AS FAR a finalement trouvé le but décisif par Anas Bach, à la 83e. Korhogo sort sur une défaite 2-1, qui est aussi le score cumulé.
San Pedro renversé, l’AFAD stoppée à Sfax
Le FC San Pedro avait, lui, un avantage à défendre. Vainqueur 2-1 à domicile, il a été battu 2-0 par le FC Nouadhibou, dimanche en Mauritanie. Les buts de Kartier Dembélé et Cheikh Hattab ont permis aux locaux de renverser la double confrontation, remportée 3-2. Le bénéfice du succès de l’aller n’aura pas résisté au déplacement.
Pour l’AFAD du Plateau, le retour a basculé très tôt. Samedi 24 octobre, Iyed Belwafi a marqué dès la septième minute pour le CS Sfaxien. Les Académiciens n’ont ensuite pas réussi à égaliser. Après le 1-1 d’Abidjan, ce revers 1-0 les élimine sur un cumul de 2-1.
Deux clubs incapables de marquer au retour, deux autres revenus au score puis battus tardivement : le constat invite à travailler aussi bien la réponse offensive que la maîtrise des moments décisifs. Il ne dessine pas une cause unique pour les quatre éliminations.
Un passé continental qui oblige, des parcours récents à rappeler
L’ASEC, championne d’Afrique en 1998, et l’Africa Sports, vainqueur de la Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe en 1999, ont inscrit le football ivoirien au palmarès continental. Depuis le sacre de l’Africa, aucun club masculin du pays n’a remporté l’une des grandes coupes interclubs de la CAF.
L’attente d’un titre ne doit pourtant pas effacer les campagnes réussies. Le Séwé Sport a disputé la finale de la Coupe de la Confédération en 2014. L’ASEC a atteint les demi-finales de cette compétition en 2023, les quarts de Ligue des champions en 2024, puis les quarts de Coupe de la Confédération en 2025. Le recul de cette saison est réel ; l’idée d’un football ivoirien absent de tout rendez-vous continental depuis 1999 serait fausse.
Un bilan à ouvrir club par club
La prochaine étape devrait être un examen concret de la préparation de chaque équipe : effectif conservé entre deux saisons, calendrier, disponibilité des joueurs, encadrement et organisation des déplacements. Les budgets et les choix de recrutement méritent aussi d’être documentés. Sans ces éléments, présenter le manque d’argent ou le niveau du championnat comme l’explication acquise de cet échec collectif serait aller trop vite.
Les clubs et les instances ont désormais des résultats précis à examiner. Le rendez-vous manqué d’octobre doit servir à identifier des corrections, des responsables de leur mise en œuvre et des échéances. Pour les supporters ivoiriens, la réponse la plus convaincante sera de retrouver des équipes capables de franchir ce tour et de rester compétitives sur plusieurs campagnes.
Rieltony LOUBOKO
