Himad Abdelli, symbole de l'échec de l'OM de Beye
Un penalty concédé dans les dernières secondes face à Nice ce dimanche 26 avril (1-1). Une perte de balle d'un remplaçant, Himad Abdelli. Une saison entière résumée en une action. Le rêve marseillais du milieu algérien est devenu le miroir brisé d'un club qui déraille.
Oumar WANE · Profil de l’auteur ·
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Il y a bientôt trois mois, Himad Abdelli arrivait à Marseille comme un enfant qui réalise son rêve. Grandi dans le sillage des grandes heures du Vélodrome, le milieu algérien avait choisi l'OM sans hésiter face aux propositions de l'OL et des clubs du Golfe. Un choix du cœur, affirmé, assumé. Le transfert officialisé le 2 février 2026 pour 2,5 millions d'euros semblait marquer le début d'une belle histoire.
Un joueur méconnaissable
Trois mois plus tard, la réalité a tout écrasé. Abdelli n'a disputé que 178 minutes sous le maillot olympien (moins de deux matchs si on cumule ces minutes). Zéro but, zéro passe décisive, deux cartons jaunes. Le cadre d'Angers, celui qui avait marqué 20 buts et pesé sur 119 matchs avec le SCO, est devenu à Marseille un fantôme dans une rotation qu'il ne parvient pas à intégrer.
Ce dimanche 26 avril 2026, lors de la 31e journée de Ligue 1, l'OM reçoit Nice avec la Ligue des champions en ligne de mire. À la 66e minute, Højbjerg ouvre le score, et le Vélodrome y croit. Puis Abdelli entre en jeu à la place de Timber. Quelques minutes plus tard, une perte de balle dans une zone dangereuse, une faute de Mmadi sur Clauss, un penalty. Wahi transforme à la 88e. 1-1. Deux points perdus, la Champions League s'éloigne un peu plus.
Après le coup de sifflet final, Habib Beye monte en conférence de presse. Il n'a pas besoin de nommer Abdelli pour que tout le monde comprenne à qui il s'adresse. « On peut toujours revendiquer, mais quand vous rentrez dans un match comme celui-ci, il faut rentrer au niveau du match. Il faut rentrer sur l'importance du match. Et ça n'a pas été notre cas sur la fin ». En coulisses, selon RMC Sport, le message vise directement Abdelli. Ce n'est pas un tacle anodin. C'est la confirmation publique d'une rupture de confiance entre un coach et sa recrue, dans un moment où l'OM joue sa saison.
Par ailleurs, une terrible statistique colle aux basques d’Abdelli : l’OM n’a jamais gagné lorsqu’il est resté plus de 10 minutes sur la pelouse. Pire, Marseille a encaissé 9 buts. De plus, les Marseillais n’ont gagné que deux fois avec Abdelli : contre Metz (il a joué 1 minute) et devant Lyon (6 minutes).
Deux hommes, un même naufrage
Ce qui rend la situation d'Abdelli si symptomatique, c'est qu'elle est le miroir exact de celle de son entraîneur. Habib Beye est arrivé à Marseille le 19 février, moins de dix jours après son éviction de Rennes, accueilli comme un sauveur. Deux mois et demi plus tard, le tableau est alarmant.
Cadre indiscutable à Angers, Abdelli se retrouve à la marge à l'OM. 178 minutes disputées, zéro contribution offensive, fautif sur le penalty qui coûte deux points contre Nice. Sa place pour le Mondial 2026 avec l'Algérie est désormais en péril.
Pour Habib Beye, le bilan est sensiblement parallèle : seulement 13 points sur 27, en 9 matchs de Ligue 1, les pires débuts d'un entraîneur arrivé en cours de saison à l'OM depuis Franck Passi en 2016. Marseille est 6e, dépassé par... Rennes, son ancien club.
Le paradoxe est cruel : Beye a quitté Rennes alors que le club était 6e avec 31 points. Marseille, à la même époque, en comptait 40 et semblait serein. Aujourd'hui, Rennes est 5e avec 56 points, tandis que l'OM est 6e avec 53. La progression bretonne, d'un côté, la stagnation phocéenne de l'autre. Sans Beye, Rennes s'est mis à jouer. Avec Beye, Marseille s'est mis à douter.
Un vestiaire sous tension
Les tensions ne se limitent pas au rectangle vert. Selon La Provence, une grande partie du vestiaire marseillais aurait développé une défiance profonde envers son entraîneur, ses méthodes de gestion du groupe alimentant incompréhensions et frustrations en interne. Himad Abdelli est dans le lot, lui qui n’a connu qu’une titularisation en Ligue 1 contre Lorient, et une seule en Coupe de France (sorti à la mi-temps du quart de finale face à Toulouse).
Même entre joueurs, l'ambiance est électrique. Dans une interview accordée à Ligue 1+, le défenseur Facundo Medina a raconté avec une franchise déconcertante un accrochage physique à l'entraînement avec Abdelli : après un petit pont humiliant, l'Argentin est allé le percuter volontairement contre les barrières. Abdelli s'est énervé. Médina n'a pas reculé. Anecdotique en temps normal. Révélateur dans le contexte actuel d'un club qui joue sa qualification européenne à trois journées de la fin.
Himad Abdelli voulait franchir un cap. Habib Beye voulait transformer un échec rennais en réussite marseillaise. Trois mois après leurs arrivées respectives, les deux hommes partagent le même bilan : une ambition intacte sur le papier, une réalité bien plus sombre sur le terrain. À l'OM, la passion peut autant sublimer que dévorer... Pour les deux, c'est la deuxième option qui se profile, pour l'instant...
