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Le Predator est-il encore une menace ? Le retour risqué de Francis Ngannou

Il revient ! Après une longue absence, Francis Ngannou remontera dans une cage le 16 mai 2026 à Los Angeles, sur la première carte MMA de Netflix, organisée par Jake Paul. Le "Predator" est annoncé, les fans applaudissent. Mais derrière l'événement spectacle, une question s'impose : ce retour est-il celui d'un prédateur affamé ou d'une légende qui joue avec son propre héritage ?

Oumar WANE · Profil de l’auteur ·

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Un palmarès de titan

Pour comprendre ce que représente Ngannou, il faut d'abord rappeler qui il est. Né à Batié, au Cameroun, dans des conditions difficiles, il a travaillé comme mineur de sable avant de quitter son pays à 26 ans pour tenter sa chance en Europe. Après s'être retrouvé à la rue à Paris, il rejoint la célèbre MMA Factory, et gravit rapidement les échelons pour atteindre le sommet de la division poids lourds de l'UFC.

Son palmarès en MMA parle de lui-même. Considéré comme le puncheur le plus dévastateur de l'histoire de l'UFC, il a terminé sept de ses quatorze combats à l'UFC par KO avant la marque des deux minutes au premier round. Parmi ses victimes : Alistair Overeem, Cain Velasquez, et Stipe Miocic, qu'il a battu pour décrocher la ceinture des poids lourds UFC. Il est aujourd'hui considéré comme le champion linéal des poids lourds en MMA.

Sa trajectoire prend ensuite un tournant inattendu. En janvier 2022, il défend son titre contre le Français Ciryl Gane, son ancien partenaire d'entraînement à la MMA Factory. Blessé au genou, dominé dans les deux premiers rounds, il surprend tout le monde en misant sur la lutte à partir du troisième et remporte le combat. Un dernier tour de force avant de quitter l'UFC dans un désaccord financier retentissant.

Une carrière hachée, des années perdues

Depuis cette défense de titre en janvier 2022, le bilan est maigre. Deux incursions en boxe anglaise : une défaite controversée contre Tyson Fury en octobre 2023, alors que Fury était au tapis au troisième round. Puis une première mise KO de sa carrière, au second round, face à Anthony Joshua en mars 2024. En MMA, un seul combat : une victoire éclair contre Renan Ferreira en octobre 2024, dès le premier round.

En quatre ans, deux combats de MMA. C'est peu pour quelqu'un qui ambitionne d'être encore le meilleur.

L'adversaire : un test ou une vitrine ?

C'est là que le bât blesse. En face de lui le 16 mai, Philipe Lins, combattant brésilien né en 1985, qui s'est illustré dans plusieurs grandes organisations : la PFL et l'UFC. Son titre le plus notable ? Champion du tournoi PFL en 2018, qu'il désigne lui-même comme "l'accomplissement le plus important de sa carrière".

À l'UFC, son bilan est correct sans être brillant. Fort d'un palmarès de 14 victoires pour 3 défaites en circuits régionaux, Bellator et PFL, il signe à l'UFC en 2020. Il affiche un bilan de 18 victoires et 5 défaites au total, et n'a plus combattu depuis l'UFC 299 en mars 2024. Il a d'ailleurs été libéré par l'UFC en raison de ses annulations répétées de combats pour des raisons médicales, et non par manque de résultats, puisqu'il était alors sur une série de quatre victoires consécutives.

En résumé : Lins est un vétéran solide et dangereux, mais pas un nom qui fait trembler la division. Ce choix d'adversaire interroge.

Les risques

Le risque physique. À bientôt 40 ans et après une décennie de combats de haut niveau, les blessures s'accumulent, la récupération devient plus longue, et le risque de dégâts à long terme augmente avec chaque combat. Une longue inactivité ne protège pas le corps, elle le rouille.

Le risque de l'image. Ngannou a dominé Stipe Miocic, Cain Velasquez, Alistair Overeem. Battre Philipe Lins ne redorera pas son blason. Mais une défaite, elle, serait dévastatrice. On ne peut que gagner contre un adversaire de moindre calibre, jamais vraiment briller.

Le risque de l'héritage. Dana White a définitivement fermé la porte à un retour à l'UFC, ce qui prive Ngannou des grandes scènes qui pourraient justifier sa continuation. Sans le combat contre Jon Jones, sans titre à portée, chaque sortie supplémentaire ressemble davantage à un spectacle qu'à une conquête.

Francis Ngannou n'a pas besoin de prouver qu'il peut battre Philipe Lins. Le monde le sait déjà. Ce qu'il doit démontrer, c'est pourquoi il continue. Par amour du combat ? Par nécessité financière ? Pour son fils ? Pour l'Afrique ?
Le Predator a lui-même déclaré : "Pendant que le monde parlait, j'évoluais. Le silence n'est pas synonyme d'absence : c'est le bruit d'un prédateur qui se rapproche." Belle formule. Mais les grands prédateurs, eux, ne chassent jamais en dessous de leur rang.

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