Mondial 2026 : Argentine - Espagne, le rendez-vous des puissants
Ce dimanche à 19h GMT, le MetLife Stadium de New York-New Jersey accueille la 104e et dernière rencontre de ce Mondial à 48 équipes. Pour la première fois de l’histoire, une finale de Coupe du monde opposera deux nations hispanophones. Champions du monde en titre, les Argentins affrontent les champions d’Europe espagnols dans ce qui s’annonce comme le choc le plus équilibré de la compétition. D’un côté, la rage et l’instinct de survie d’une équipe qui n’a cessé de repousser ses limites depuis les huitièmes de finale. De l’autre, la maîtrise froide d’un collectif qui n’a pratiquement rien laissé passer depuis le début du tournoi.
El Hadji Malick SARR · Profil de l’auteur ·
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Une Argentine qui refuse de mourir
On peut reprocher beaucoup de choses à cette équipe d’Argentine. Sa capacité à déstabiliser l’adversaire, à jouer sur les limites du règlement, à user de la parole et du geste pour installer un rapport de force psychologique. Mais personne ne peut nier la rage qui l’anime depuis le début des matches à élimination directe. Face au Cap-Vert, à l’Égypte, à la Suisse puis à l’Angleterre, les hommes de Lionel Scaloni ont souvent souffert avant de trouver la faille, souvent en fin de match ou en prolongation. Cette accumulation d’épreuves n’a fait que renforcer leur conviction de pouvoir décrocher la quatrième étoile. En conférence de presse la veille de la finale, le gardien Emiliano Martínez a résumé cet état d’esprit. Il veut que son équipe reste dans les mémoires comme « des travailleurs qui n’abandonnent jamais et qui trouvent toujours une solution, même quand les choses se compliquent ». Un discours qui colle parfaitement à l’image que l’Argentine a donnée tout au long de ce Mondial 2026. Une équipe qui ne cherche ni le spectacle ni les compliments, uniquement la victoire.
Une Espagne intraitable
En face, la Roja aborde cette finale avec un bilan XXL. Une seule réalisation encaissée depuis le début du tournoi, l’œuvre de la Belgique, et un seul vrai coup de chaud, contre le Cap-Vert, qui l’avait tenue en échec. Luis de la Fuente a construit un collectif où chacun assume une double mission, offensive et défensive. Le latéral Pedro Porro s’est même transformé en buteur à deux reprises, tandis que Marc Cucurella s’illustre par ses passes décisives. Devant, Mikel Oyarzabal porte une statistique impressionnante : il a marqué lors de chacune des 6 finales qu’il a disputées en professionnel, avec 5 buts inscrits dans cette Coupe du monde. Le capitaine Rodri a fixé le cap avant le match. Il assure que son équipe est venue « pour gagner » et qu’il a demandé à ses coéquipiers d’avoir « plus envie de gagner que peur de perdre » face à l’adversaire le plus coriace du tournoi.
Yamal et Messi, une histoire qui s’écrit encore
Au-delà du duel tactique, cette finale prend aussi les allures d’un passage de témoin générationnel. Lamine Yamal, 19 ans, et Lionel Messi, 39 ans, incarnent chacun leur sélection. Les deux joueurs partagent une formation barcelonaise et une capacité à faire basculer une rencontre sur un geste isolé. Une photo prise il y a 18 ans, où l’on voit Messi donner le bain à Yamal bébé, nourrit depuis plusieurs jours le récit autour de cette finale. Messi a salué la précocité de son cadet, qu’il considère déjà parmi les meilleurs joueurs du monde. De son côté, Scaloni a botté en touche sur une possible retraite internationale de son capitaine après ce match, laissant planer le doute. Une nouvelle Coupe du monde permettrait à Messi de dépasser Diego Maradona dans le palmarès personnel, avec 2 sacres sur les 4 que compterait l’Argentine au total, après 1978, 1986 et 2022. De son côté, l’Espagne viserait sa deuxième étoile, 16 ans après celle de 2010.
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Un enjeu historique
Argentine et Espagne ne se sont affrontées qu’une seule fois dans l’histoire du Mondial, en 1966, pour une victoire argentine 2 buts à 1. L’affiche de dimanche est donc quasiment inédite à cette échelle. Le vainqueur du soir deviendra la première nation à remporter 2 Coupes du monde au XXIe siècle, une alternance respectée jusqu’ici entre les grandes nations du football. Le spectacle promet d’être total.
