Mondial 2026 : les Requins Bleus arrachent un point historique face à l’Espagne
À 40 ans, le gardien cap-verdien a sorti une prestation XXL pour offrir à son pays le point le plus précieux de son histoire footballistique. Un match nul (0-0) contre l’Espagne, championne d’Europe en titre et l’une des grandes favorites du Mondial 2026, qui résonne comme une victoire.
El Hadji Malick SARR · Profil de l’auteur ·
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Voix synthétique française · 4 min 20

Il a pleuré. Sur la pelouse du Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta, Vozinha s’est effondré en larmes au coup de sifflet final, comme si on venait de lui remettre le trophée Jules Rimet. Personne ne lui en voudra. À 40 ans, le gardien de Chaves club de deuxième division portugaise vient de réaliser la performance de sa vie, et peut-être l’une des plus belles de cette Coupe du monde 2026 à peine naissante. Contre la Roja de Lamine Yamal, il a tout arrêté, tout repoussé, tout dévié. Sept arrêts sur sept tirs cadrés, un ratio de 1,46 buts empêchés  : les statistiques confirment ce que les yeux ont vu pendant 90 minutes. Le Cap-Vert ,74 % de possession concédée, 27 tirs encaissés contre seulement 6 tentatives , n’a pas volé ce point. Il l’a arraché, souffert, mérité.
Un bloc de béton face à la tempête espagnole
Dès le coup d’envoi, le plan de Pedro Bubista est limpide : bloc bas, discipline défensive absolue, et laisser tourner le ballon à la Roja dans l’espoir qu’elle ne trouve jamais la faille. L’Espagne s’exécute, fait circuler le cuir de gauche à droite avec application, mais sans jamais trouver les espaces. Il faut attendre la 15e minute pour voir la première frappe cadrée, une tentative à ras de terre de Pedri, facilement captée par Vozinha. La première alerte sérieuse vient à la 29e minute, quand Cucurella tente une reprise lointaine qui file au-dessus du cadre. À la 36e, Pedri essaie une demi-volée que Vozinha claque en corner. L’arbitre siffle hors-jeu, mais le gardien capverdien n’avait pris aucun risque. La menace se précise encore. Torres envoie le ballon sur la transversale sur une remise de Cucurella, avant qu’Oyarzabal ne tente une tête lobée que Vozinha repousse encore (39e). Le gardien s’illustre une dernière fois avant la pause en détournant du bout des gants une tête de Laporte sur corner (45e+3). Les Requins Bleus rentrent aux vestiaires avec un score vierge, inespéré sur le papier, mais mérité sur le terrain.
Vozinha, infranchissable jusqu’au bout
La seconde mi-temps repart sur les mêmes bases. Ruiz rate deux fois le cadre (48e, 51e). Oyarzabal manque de prendre Vozinha à contrepied sur un centre-tir (53e). Pedri cherche Ruiz sur un centre dangereux, mais le dernier rempart des Requins Bleus est encore là (56e). L’entrée de Lamine Yamal à la 71e minute met un coup d’accélérateur à la Roja. Le prodige barcelonais fait parler ses qualités techniques et ses accélérations dévastatrices, mais le verrou capverdien résiste. Dani Olmo (81e) et Nico Williams (87e) entrent également en jeu, sans parvenir à changer la physionomie du score. Vozinha termine la rencontre avec la note de 8,8/10 selon Flashscore Ratings, élu meilleur joueur du match .
Fait notable. Dans les arrêts de jeu, sur corner, Diney Borges passe même tout près d’offrir la victoire au Cap-Vert d’une tête qui file à côté. C’est finalement le score de 0-0 qui s’impose, à la grande joie d’un peuple entier.
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Un exploit à mettre en perspective
Pour leur baptême du feu, les Requins Bleus affrontaient l’Espagne, l’une des grandes favorites du tournoi . Ce 0-0 prend une dimension encore plus grande quand on replace le Cap-Vert dans son contexte. Archipel de 600 000 habitants au large de l’Afrique de l’Ouest , classé 67e au ranking FIFA, et qui disputait là le tout premier match de son histoire en Coupe du monde. Une sélection qui n’avait même pas réussi à se qualifier pour la dernière CAN. Ce soir, elle a tenu tête à la championne d’Europe en titre. À 40 ans, Vozinha est une véritable icône du football capverdien . Né le 3 juin 1986 à Mindelo, sur l’île de São Vicente , il aura attendu toute une carrière pour fouler une pelouse de Coupe du monde. Il en aura fait une scène de légende. Le portier capverdien a déclaré après le match : “J’ai rêvé toute ma vie de ce moment, j’ai travaillé toute ma vie pour ce moment.” 
Avec l’Uruguay et l’Arabie Saoudite encore à jouer dans ce groupe H, le Cap-Vert a désormais le droit de croire en une qualification pour les huitièmes de finale. Quant à l’Espagne, sifflée par ses propres supporters ce soir, elle sait que la compétition peut basculer très vite. Pour les Requins Bleus, elle vient de commencer de la plus belle des manières.
