
Roma–Real Madrid (3–4) : la remontée qui ne règle pas tout
Mené 3–1, le Real Madrid a gagné à Rome grâce à trois buts entre la 83e et la 90e minute. Güler et Endrick ont transformé son attaque, mais la victoire ne doit masquer ni son début de match ni la soirée de Vinícius. La Roma, elle, avait les moyens de gagner.
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À la 82e minute, le tableau d’affichage du Stadio Olimpico indique encore 3–1 pour la Roma. Huit minutes plus tard, Antonio Rüdiger reprend un corner d’Arda Güler dans la petite surface et le Real Madrid mène 4–3. Entre les deux, Carlos Espí et Endrick ont marqué, eux aussi sur un corner ou dans son prolongement. Trois buts en sept minutes : mercredi 14 octobre, lors de la deuxième journée de la phase de ligue, Madrid a renversé un match qui lui avait échappé pendant une heure.
La fin est spectaculaire. Le reste du match madrilène l’est beaucoup moins. Pendant près d’une heure, le Real n’a ni contenu les attaques romaines ni menacé régulièrement Gollini. Il a ensuite changé de visage, multiplié les occasions et puni une défense qui ne savait plus protéger sa surface. Parler seulement de caractère serait passer à côté de l’essentiel : Madrid a gagné après avoir corrigé une partie de ses défauts, pas grâce à eux.
Roma – Real
Roma – Real
dont 6 pour le Real après la 59e, aucun pour Rome
471 sur 546 – 385 sur 459
3 cartons jaunes romains, 1 madrilène
Stadio Olimpico, Rome
Données de la fiche du match SNA.
Deux matchs dans le même match
Sur l’ensemble de la rencontre, Madrid tire davantage : seize tentatives contre quatorze, huit cadrées contre sept. Ce succès n’est donc pas celui de quatre ballons miraculeux après une domination romaine totale. Il n’est pas non plus celui d’une équipe qui maîtrisait son sujet.
Il faut couper le match en deux pour le comprendre. Avant la 59e minute, la Roma compte dix tirs, dont six cadrés, contre quatre tirs et un seul cadré pour Madrid. Ensuite, la balance se renverse : douze tirs et sept cadrés pour le Real, quatre et un pour Rome. La 59e minute, c’est celle du double changement madrilène.
Cette coïncidence ne suffit pas à tout mettre au crédit des remplaçants. Elle montre en revanche que le retour du Real repose sur une menace bien réelle. Rome n’a pas seulement perdu trois duels dans les derniers instants : elle ne produisait déjà plus le même danger.
Les notes du match
Notes sur 10 de la fiche du match SNA. Notre joueur du match, Güler, n’a pas la meilleure note : la rédaction juge son poids sur le basculement.
Une heure de Roma
L’équipe de Gian Piero Gasperini a pris le match par le col. Chaque ballon perdu était aussitôt disputé, chaque première passe madrilène gênée. À la 20e minute, Matías Soulé sert Marten de Roon, qui ouvre le score au bout d’une action née d’une relance manquée d’Aurélien Tchouaméni.
La réponse arrive cinq minutes plus tard. Yan Diomande remet de la tête pour Kylian Mbappé, qui égalise. Un éclair individuel précieux, qui ne règle pourtant rien du reste : à 1–1, les problèmes collectifs madrilènes sont toujours là.
Le 4–2–3–1 de départ aligne beaucoup de talent devant, avec Mbappé, Vinícius, Diomande et Jude Bellingham. Mais empiler les attaquants ne suffit ni à sortir proprement le ballon ni à protéger ce qu’il y a derrière. Le duo Tchouaméni–Valverde peine à donner du liant aux possessions, et les ballons longs empêchent trop souvent plusieurs joueurs de monter ensemble.
La reprise creuse l’écart. À la 51e, une talonnade manquée de Vinícius lance l’attaque romaine : Rodrigo Mora trouve Donyell Malen, 2–1. Six minutes plus tard, Soulé sert de nouveau Malen, 3–1. Deux passes décisives pour l’Argentin, un doublé pour le Néerlandais : la Roma est meilleure, et cela n’a rien à voir avec le prestige des noms d’en face.
À la 59e, Mourinho change de plan
José Mourinho réagit à la 59e minute. Endrick remplace Vinícius, Güler entre à la place de Denzel Dumfries et Federico Valverde recule au poste de latéral droit. Bernardo Silva relaie Tchouaméni à la 70e, puis Carlos Espí et Álvaro Carreras remplacent Diomande et Marc Cucurella à la 78e.
De la 59e à la 90e : le Real reprend le match
Endrick remplace Vinícius, Güler remplace Dumfries. Valverde recule latéral droit.
Gollini repousse deux tentatives de Mbappé.
But de Mbappé refusé pour hors-jeu.
Bernardo Silva remplace Tchouaméni.
Espí et Carreras remplacent Diomande et Cucurella.
Espí, à bout portant après une tête d’Endrick repoussée : 3–2.
Endrick, de la tête, sur un corner de Güler : 3–3.
Rüdiger, dans la petite surface, sur un corner de Güler : 3–4.
Ces changements donnent au Real d’autres façons d’attaquer. Güler apporte une qualité de passe qui manquait, Endrick de la menace sur le côté droit et dans la surface, Bernardo un joueur de plus pour faire durer les échanges. Madrid peut enfin préparer ses attaques au lieu de chercher tout de suite le coup décisif.
La réaction précède les buts. Gollini repousse deux tentatives de Mbappé, à la 62e puis à la 66e minute, et un but du Français est refusé pour hors-jeu à la 68e. La remontée ne tombe pas du ciel : elle s’annonçait depuis vingt minutes.
Le mérite de Mourinho est d’avoir retourné un match qui lui échappait. Sa responsabilité est de l’avoir commencé avec une organisation aussi fragile. Le coaching a corrigé le plan ; la victoire ne transforme pas ce plan, après coup, en bonne idée.
Trois corners, trois coups de poignard
À partir de la 59e minute, la Roma concède six corners sans en obtenir un seul. Dans les dernières séquences, elle ne parvient plus à éloigner le danger.
À la 83e, Gollini repousse une tête d’Endrick, mais Espí suit et marque à bout portant : 3–2. À la 85e, Endrick égalise de la tête sur un corner de Güler. À la 90e, Rüdiger reprend un nouveau ballon du Turc dans la petite surface. Trois buts sur les quatre corners accordés entre la 82e et la 90e : la répétition accable l’organisation défensive romaine.
Ce n’est pas une affaire de malchance. Après le 3–2, Rome savait que chaque coup de pied arrêté serait décisif. Elle a craqué une deuxième fois, puis une troisième, dans la protection du but, dans les duels et sur les ballons qui traînaient dans la surface. Faute de pouvoir établir la responsabilité de chacun sur chaque action, nous ne désignerons pas un seul défenseur coupable.
Gasperini avait sorti Soulé et Gianluca Mancini à la 63e, puis Mario Hermoso à la 81e. Son équipe a perdu de la menace et renouvelé sa défense juste avant le basculement. Ces choix posent question, sans suffire à expliquer la défaite. Avec deux buts d’avance, la Roma devait faire beaucoup mieux de ce qu’il lui restait.
Mbappé a tenu la maison, Vinícius l’a laissée filer
Mbappé termine avec un but et quatre tirs, tous cadrés. Son égalisation a gardé le Real dans le match, et ses frappes après la pause ont nourri la pression. Il serait faux de l’effacer de cette victoire, tout aussi faux de lui attribuer la remontée : ni les trois buts décisifs ni les deux dernières passes décisives ne sont les siens.
Pour Vinícius, la soirée est sévère. Aucun tir, une perte de balle coûteuse avant le 2–1 et une sortie à la 59e minute. Sa passe pour Bellingham dans le temps additionnel de la première période interdit de dire qu’il n’a rien créé, mais elle ne rachète pas le reste. Un joueur de son rang doit peser davantage, et mieux choisir quand son équipe peine à garder le ballon.
Arda Güler, la clé du retournement
La rédaction de SNA désigne Arda Güler. Entré à la 59e minute, il délivre les deux passes décisives du 3–3 et du 3–4, et tire le corner à l’origine du but d’Espí, sans être crédité d’une troisième passe décisive.
Son influence dépasse la dernière passe. Avec lui, le Real trouve une autre façon de faire circuler le ballon, puis un tireur capable de transformer la pression en occasions franches. Malen et son doublé pouvaient prétendre au titre ; nous avons choisi le joueur qui a le plus pesé sur le basculement. Ce choix est celui de la rédaction, pas une récompense officielle.
Passes décisives et passes clés : fiche du match SNA. Le corner du 3–2 ne compte pas comme passe décisive.
Tops et flops
Top : Arda Güler, le changement décisif. Deux passes décisives, le corner du 3–2 et une influence immédiate sur le jeu madrilène.
Top : Donyell Malen, le finisseur de la Roma. Deux buts, trois tirs cadrés sur quatre. La défaite de son équipe n’enlève rien à une soirée aussi productive.
Top : Endrick, l’entrée qui change le danger. Deux tirs, deux cadrés : la tête repoussée avant le but d’Espí, puis celle de l’égalisation.
Flop : Vinícius Júnior. Aucun tir et une talonnade ratée avant le 2–1. Le Real devient plus dangereux après sa sortie. Ce constat juge une soirée, pas une carrière.
Flop : Aurélien Tchouaméni. Sa relance manquée précède l’ouverture du score, et le milieu n’a pas apporté la protection attendue. Son service pour Mbappé à la 66e ne suffit pas à sauver sa première heure.
Flop : Denzel Dumfries. En difficulté sur les ballons dans son dos, peu influent devant, il sort à la 59e. Ses partenaires l’ont mal couvert, mais le Real avait besoin de changer ce côté du terrain.
Six points, et des questions
Le Real compte six points après deux journées, la Roma un seul. Madrid a montré la profondeur de son banc et sa capacité à continuer d’attaquer dans une situation mal embarquée. Mais attendre d’être mené 3–1 pour trouver la bonne organisation reste un vrai défaut.
Le Real a gagné une grande bataille. Il n’a pas encore prouvé que ses problèmes de jeu ont disparu.
Pour Rome, le constat est aussi net : une heure de très bon football ne suffit pas quand on défend aussi mal trois corners dans les minutes qui décident du match.
Mercredi 21 octobre 2026 à 20 h, heure de Brazzaville · fiche du match
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Compte à rebours jusqu’au coup d’envoi.









