
Révélés par Sport News Africa avant la dernière journée de D1 Lonato, les arrangements de matchs étaient accompagnés d’une conversation audio assez claire ayant fuité. « J’ai vu ton président. Il a donné son accord mais il ne veut pas que tu saches »,disait Kokou Toulassi, le président du FC Espoir, à Théophile Bola, l’entraîneur de l’AS Binah.
A la lutte pour le maintien – le FC Espoir était alors 14e et dernier avec deux points de retard sur le premier non relégable -, Toulassi imagina une manigance pour se sauver comme cela était malheureusement de coutume dans les fins de saison au Togo.
Problème, les révélations médiatiques empêchèrent le plan de fonctionner et obligèrent même la fédération a saisir officiellement sa Commission de discipline après avoir pourtant fait la sourde oreille initialement.
5 et 6 ans d’interdiction d’exercer
Examinant les faits, avec une clé USB contenant les audios, la Commission de discipline de la Fédération togolaise de football a reçu les accusés ainsi que d’autres personnes mentionnées dans les échanges, dont Firmin Ajavon, membre influent du Comité exécutif de la FTF et vice-président de Gbohloe-Sue, qui était directement visé par l’entraîneur de l’AS Binah : « Firmin m’a appelé. Il m’a dit que je dois laisser le match de préférence par 2 à 0. »
Au final, la Commission de discipline a décidé de sanctionner le président Kokou Toulassi de six ans d’interdiction de toute activité liée au football et une amende de 500 000 francs CFA. Une sanction quasiment similaire touche Théophile Bola (cinq ans et demi d’interdiction de toute activité liée au football et amende de 500 000 francs CFA).
Blanchir tous les dirigeants de la fédération
Si la reconnaissance de tentative de trucage de matchs est une avancée pour le football togolais, la manière dont la fédération a blanchi toutes les autres personnes citées dans les enregistrements audio laissent perplexe
Officiellement, la Commission de discipline dit qu’il n’existe « aucune implication directe ou indirecte de ces personnes dans un projet de manipulation de matchs ou de compétition », ce que les deux condamnés ont confirmé.
Curieusement, malgré la retranscription de la conversation et la fameuse phrase, « Firmin m’a appelé. Il m’a dit que je dois laisser le match de préférence par 2 à 0 », Firmin Ajavon était en réalité intervenu « par des démarches antérieures relatives à un litige FIFA distinct concernant l’ex-contrat de M. BOLA à FC Espoir » dixit la Commission de discipline.
Une version qui ne convainc personne dans les coulisses du football togolais et qui illustre le double standard de la FTF : forte avec les clubs de bas de tableau et beaucoup plus douce lorsqu’il s’agit de ses propres dirigeants.
Rejoignez notre communauté sportive !
Suivez-nous sur les réseaux sociaux pour ne rien manquer de l'actualité sportive en temps réel.
