CAN 2027 (Q) : le traquenard vécu par le Liberia au Rwanda

Défait 3-1 à Kigali lors de la première journée qualificative à la CAN 2027, le Liberia a vécu une préparation totalement perturbée par des événements extra-sportifs impliquant l’intervention des autorités rwandaises, des fouilles de dernière minute, un trajet chaotique jusqu’au stade et une arrivée à seulement quelques minutes du coup d’envoi. Une plainte est attendue à la CAF pour dénoncer le traitement reçu.

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CAN 2027 (Q) : le traquenard vécu par le Liberia au Rwanda

Tout se déroulait parfaitement. Logée au M Hotel, un quatre étoiles de Kigali à sept kilomètres du stade Amahoro, la sélection libérienne bénéficiait d’une préparation optimale pour son premier match de qualification à la prochaine CAN.

Arrivé cinq jours avant la rencontre, le staff avait disposé de ses joueurs au compte-goutte en fonction du calendrier et des vols d’un effectif disséminé à travers le monde (Algérie, Arabie saoudite, Botswana, États-Unis, Moldavie, République Tchèque, Suède…).

Finalement réuni au complet dans la nuit du 23, soit moins de 48 heures avant le match, le Liberia s’entraînait sans problème à la veille de son entrée en lice sans imaginer un seul instant que sa préparation allait être bouleversée le jour de la rencontre.

Fouille à l’hôtel par les autorités rwandaises à deux heures du match

Avec un coup d’envoi à 18 heures, les Lone Stars avaient prévu de partir tranquillement dans l’après-midi vu la proximité du stade Amahoro. Cependant, deux membres des autorités rwandaises firent irruption dans le lobby du M Hotel en expliquant qu’une inspection complète des bagages allait être effectuée.

Cherchant à comprendre ce qui se passait, la délégation libérienne essaya de parlementer avec l’un des hommes. En service, armé, ce dernier argua qu’il s’agissait d’un protocole de sécurité nécessaire. « Vous ne pouvez pas sortir de l’hôtel », répéta-t-il en restant seul pour vérifier l’intégralité des bagages et des membres de la sélection à l’aide d’un scanner spécial. « Pourquoi avoir attendu juste avant le match pour faire ça ? », peste un officiel libérien. « En plus, il était tout seul ! Ils auraient pu amener des chiens policiers et plusieurs personnes, cela aurait été réglé en quelques minutes. Au lieu de ça, on a dû attendre et attendre... »

Ce n’est qu’un peu avant 17 heures que l’équipe nationale a été libérée et a pu prendre le bus pour rejoindre le stade Amahoro. Cependant, contrairement au protocole d’usage, aucune escorte n’était présente. Bloquée un moment dans le trafic, ralenti parfois sans comprendre pourquoi, la sélection n’arriva aux abords de l’enceinte qu’à quarante-cinq minutes du coup d’envoi mais les problèmes ne s’arrêtaient pas là.

Le bus du matériel bloqué, échauffement de quelques minutes

Enfin sur place, les joueurs ne pouvaient cependant pas commencer leur échauffement puisque le bus transportant tout le matériel (dont les maillots) était bloqué à l’entrée du stade. Obligé de refaire un tour complet à travers la circulation, le véhicule put finalement se garer à un quart d’heure du coup d’envoi.

Enfilant les crampons, se changeant en vitesse, les joueurs purent s’échauffer sept ou huit minutes avant de démarrer la rencontre. Une préparation tronquée qui se paya directement : le Rwanda ouvrit le score dès la deuxième minute.

Mettant un bon quart d’heure pour rentrer dans le match, le Liberia était rapidement mené 2-0 avant de réduire la marque, puis de concéder un penalty juste avant la mi-temps. Protestant vigoureusement, le staff s’emballa au retour des vestiaires pour une frappe contrée par l’épaule d’un défenseur rwandais dans la surface de réparation. Ne sifflant pas penalty, l’arbitre zambien Hillary Hambaba expulsa peu après l’attaquant Kpah Sherman pour un pied jugé trop haut.

Ne comprenant pas la décision (il enleva son pied avant de toucher l’adversaire), le Libérien gesticula en vain. Sur le banc, son sélectionneur, le Marocain Mohammed Adil Erradi, qui connaissait très bien le Rwanda pour en avoir été triple champion avec l’APR, s’emportait contre le quatrième arbitre mais rien n’y changea : le Liberia s’inclinait 3-1.

Plainte à venir auprès de la CAF ?

Récoltant les faits auprès de multiples sources, Sport News Africa a appris qu’une plainte dénonçant le traitement le jour du match devrait être transmise à la CAF par la Fédération du Liberia. Cette dernière souhaite également soulever un point important : pourquoi les éliminatoires de la CAN ne disposent pas de la VAR ?

Une interrogation légitime qui n’annulera évidemment pas le résultat à Kigali mais qui promet une réception très pimentée pour le retour à Monrovia le 24 mars 2027.

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À propos de l'auteur

Romain MOLINA

Romain MOLINA

Rédacteur sportif

Journaliste et écrivain, auteur de nombreuses enquêtes dans le milieu du sport.

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