Basket féminin : les défis du Camerounais Ahmed Mbombo Njoya à la tête de l’Olympiacos

Après une saison sans titre, l’Olympiacos SFP Women confie sa reconstruction à Ahmed Mbombo Njoya. Le technicien camerounais devra ramener le club grec au sommet en Grèce et en Europe.

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Basket féminin : les défis du Camerounais Ahmed Mbombo Njoya à la tête de l’Olympiacos

Le chantier qui attend Ahmed Mbombo Njoya à la tête de Olympiacos SFP Women est à la hauteur de la réputation du club grec. Après une saison 2025-2026 marquée par les désillusions sportives, aussi bien sur la scène nationale qu’européenne, le technicien camerounais arrive dans un environnement sous pression, où seule la reconquête semble acceptable. Habitué à dominer le basketball féminin grec depuis une décennie, Olympiacos a vu son statut vaciller en quelques mois, entre élimination précoce en Europe, perte du titre national et abandon de la Coupe de Grèce.

Une saison blanche

Sur la scène continentale, la saison du club du Pirée a rapidement tourné au cauchemar. Engagé d’abord en EuroLeague Women, Olympiacos n’a jamais réussi à rivaliser avec les grandes puissances européennes. Eliminé au premier tour, le club grec a notamment subi une lourde correction face à Fenerbahçe Opet (47-99), symbole du fossé qui sépare désormais les cadors turcs et espagnols des formations helléniques. Reversé ensuite en EuroCup Women, Olympiacos espérait sauver sa campagne européenne. Mais l’aventure s’est arrêtée dès les huitièmes de finale, le 22 janvier 2026, après une élimination face aux Espagnoles d’Estudiantes F. Une sortie prématurée qui a confirmé le recul du club sur l’échiquier continental.

Les difficultés se sont prolongées sur la scène nationale. Pourtant champion de Grèce en titre, Olympiacos a terminé seulement troisième de la saison régulière de Ligue A1 féminine. Dans le Final Four destiné à désigner le champion, le club du Pirée a été éliminé en demi-finale par Panathinaikos Women au terme d’un match spectaculaire perdu 93-103 après prolongation. Les joueuses avaient pourtant remporté les trois premiers quart-temps (22-20, 24-23, 23-21), avant de s’effondrer dans le dernier acte puis en prolongation (8-18). Le titre est finalement revenu à Athinaikos, sacré champion de Grèce pour la cinquième fois de son histoire.

Comme un symbole de cette saison ratée, Olympiacos a également abandonné la Coupe de Grèce, un trophée remporté six fois dont celui de la saison 2024-2025, au profit d’Athinaikos qui réalise le doublé en écrasant Proteas Voulas 94-56 en finale. Cette perte de suprématie nationale a eu l’effet d’un électrochoc dans un club historiquement dominateur. Olympiacos reste en effet le deuxième club le plus titré du basketball féminin grec avec neuf championnats remportés (2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2022, 2023, 2024 et 2025), six Coupes de Grèce et une Super Coupe. Mais après avoir régné presque sans partage durant plusieurs années, le club voit désormais émerger une concurrence plus structurée et plus ambitieuse.

Le défi européen et la reconquête nationale

C’est dans ce contexte délicat qu’arrive Ahmed Mbombo Njoya. Né en décembre 1973, fils du défunt Sultan Ibrahim Mbombo Njoya, Roi du peuple Bamoun dans la région de l’Ouest du pays, le technicien camerounais possède un parcours atypique entre Afrique, France et monde arabe. Passé par le Wydad Casablanca comme joueur, puis par Frontignan, La Croix d’Argent et Lattes Montpellier comme entraîneur, il s’est progressivement imposé comme l’un des techniciens africains les plus respectés du basketball féminin. Sa notoriété a véritablement explosé lors de l’AfroBasket féminin 2021 à Yaoundé, lorsqu’il a conduit les Lionnes Indomptables à une médaille de bronze historique, avec notamment une victoire marquante contre le Sénégal, que le Cameroun n’avait plus battu depuis plusieurs décennies.

Mais au-delà du symbole, Olympiacos attend surtout un bâtisseur capable de remettre le club au sommet. Ahmed Mbombo Njoya devra rapidement reconstruire une équipe compétitive dans un environnement où la pression des résultats est permanente. Le défi est multiple : relancer un effectif en perte de confiance, réduire l’écart avec les grandes cylindrées européennes, tout en résistant à la montée en puissance de clubs grecs comme Panathinaikos ou Athinaikos. Il devra également gérer un contexte économique de plus en plus complexe dans le basketball féminin européen, où les clubs turcs disposent de moyens financiers largement supérieurs pour attirer les meilleures joueuses du continent et de la WNBA.

Pour le technicien camerounais, cette nomination représente néanmoins une opportunité exceptionnelle. En prenant les commandes d’un club aussi prestigieux qu’Olympiacos, Ahmed Mbombo Njoya devient l’un des rares entraîneurs africains à diriger une institution européenne de premier plan dans le basketball féminin. Mais cette promotion s’accompagne d’une exigence claire : renouer rapidement avec les titres et redonner au club du Pirée une crédibilité européenne. Car à Olympiacos, une troisième place nationale et une élimination en huitième de finale d’EuroCup ne constituent pas une simple contre-performance. Elles sont vécues comme une véritable régression.

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À propos de l'auteur

Arthur WANDJI

Arthur WANDJI

Rédacteur sportif

Correspondant SNA au Cameroun et Gabon. Spécialiste des Lions Indomptables.

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