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Burkina Faso : comment transformer la frustration de la CAN 2025 en cycle gagnant ?

Les Étalons du Burkina Faso ont quitté la CAN 2025 la tête basse, éliminés en huitièmes de finale par la Côte d’Ivoire (3-0). Un parcours mitigé avec deux victoires contre la Guinée Équatoriale (2-1) et le Soudan (2-0), deux défaites devant l'Algérie (0-1) et la Côte d’Ivoire (3-0), qui soulève une question cruciale : le football burkinabè va-t-il continuer à naviguer au gré des conjonctures, des coups d’éclat sporadiques et des crises récurrentes, ou s’engagera-t-il enfin dans une voie de durabilité ? Au-delà de l’amertume immédiate, cette élimination offre une opportunité de repenser l’avenir, en misant sur des réformes structurelles pour viser non seulement les qualifications, mais des titres continentaux.

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Burkina Faso : comment transformer la frustration de la CAN 2025 en cycle gagnant ?

Le piège du conjoncturel : un cycle vicieux à briser

Depuis une décennie, les Étalons du Burkina Faso ont alterné entre exploits mémorables, finale en 2013, demi-finale en 2017 et 2022 et déceptions récurrentes, éliminations en 2023 et maintenant 2025. Cette instabilité s’explique par une approche trop souvent réactive : sélections basées sur des formes du moment, staffs techniques instables, et une fédération aux prises avec des défis administratifs et financiers.

En 2025, les faiblesses étaient évidentes : un bloc défensif moins agressif, un milieu de terrain manquant de créativité, des attaquants en déficit de complémentarité. Ajoutez à cela des tensions internes, un isolement de l’entraîneur et une absence de projet collectif clair. Rester dans le conjoncturel, c’est risquer de stagner au rang des outsiders sympathiques, sans jamais franchir le cap des grands. Les échéances futures, qualifications pour la CAN 2027 et les compétitions régionales exigent une rupture.

Les piliers d’un nouveau modèle

Pour passer d’une gestion au jour le jour à une vision pérenne, le Burkina Faso doit investir dans la durabilité. Voici les perspectives clés, inspirées des leçons de 2025 et des meilleures pratiques africaines comme le Maroc ou le Sénégal. Les analyses objectives de Daouda Sanou Famoso, ancien Directeur Technique National (DTN) et expert observateur du football au Burkina Faso, mettent en lumière le renforcement de la gouvernance et les structures fédérales :

La Fédération Burkinabè de Football (FBF) doit instaurer une Direction Technique Nationale (DTN) forte et scientifique, indépendante des influences politiques. La priorité va consister à redéfinir des rôles où la technique prime, avec l’administratif et le financier au service du sportif. Des audits réguliers et une transparence accrue pourraient attirer des investisseurs privés, évitant les crises financières récurrentes.

Investir dans la formation et le capital humain :

Le problème culturel identifié en 2025, déficit de "logique comportementale" chez les attaquants et milieux, touche l’ensemble du football national. Pour ce faire, il faut un plan national de formation des jeunes, en partenariat avec des académies européennes comme celles du FC Metz ou de l’Ajax Amsterdam voire Chelsea. Miser sur le "mariage des générations" en intégrant des talents U-20 et U-23 aux séniors pour assurer une transition fluide.

Développer un projet de jeu identitaire et évolutif :

Historiquement, les Étalons du Burkina Faso excellaient en contre-attaque et en perturbation adverse. Aujourd’hui, il faut moderniser cela en travaillant sur la précision tactique, les sorties de balle, et une culture offensive plus variée. Des stages prolongés, des matchs amicaux contre des nations de haut niveau (Europe ou Asie), et l’utilisation de données analytiques comme scouting vidéo, stats avancées pour une préparation scientifique. Pour la CAN 2027, viser un style hybride : défensif solide mais offensif audacieux.

Améliorer l’écosystème économique et infrastructurel :

La durabilité rime avec la professionnalisation. Ainsi, il va falloir augmenter les financements publics et privés pour des stades modernes, des centres d’entraînement high-tech, et un championnatnationalattractif. Commercialiser le football à travers le sponsoring, droits TV, merchandising autour des Étalons du Burkina Faso. S'inspirer du modèle marocain, où l’État investit massivement dans les infrastructures pour un retour sur investissement en termes de performances et d’image.

Gestion humaine et collective au cœur du projet :

Finies les individualités; place au collectif en imposant l’exemplarité des cadres, un engagement total, et une discipline tactique sur 90 minutes. Renforcer le staff technique autour de l’entraîneur avec des adjoints spécialisés (psychologie, préparation physique). Impliquer les supporters, les médias et les diasporas pour un soutien durable.

Les défis à court terme et les opportunités

À court terme (2026-2027), les Étalons du Burkina Faso doivent se qualifier pour la CAN 2027. Cela passe par une reconstruction immédiate : nouveau staff technique, intégration de jeunes talents comme ceux issus des championnats locaux ou expatriés. Mais sans durabilité, ces succès resteront éphémères. Les opportunités sont là avec plus de places mondiales et des investissements croissants. Le Burkina Faso, pays de foot passionné, a le potentiel pour rejoindre l’élite, à condition de creuser les "sillons de l’avenir" plutôt que de colmater les brèches.

L’heure de la refondation

Rester dans le conjoncturel, c’est condamner les Étalons du Burkina Faso  à l’éternel rôle de challenger. Opter pour la durabilité, c’est bâtir un football résilient, capable de viser une étoile africaine d’ici 2030. Cela demande de l’ambition, de la patience et une unité nationale. Les leçons de la CAN 2025 ne doivent pas être oubliées. Formateurs, dirigeants, joueurs et supporters, travaillez ensemble pour transformer l’amertume en élan. Les Étalons du Burkina Faso méritent mieux qu’un destin aléatoire, ils méritent un avenir construit.

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À propos de l'auteur

Ablam GNAMESSO

Ablam GNAMESSO

Rédacteur sportif

Reporter sportif et journaliste tout terrain. Membre AIPS et jury des IFFHS Awards.

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