
Les critères
Le profil recherché est clair et exigeant, aligné sur les standards CAF : Licence A CAF ou, pour les étrangers une Licence Pro UEFA (ou équivalent CONCACAF, CONMEBOL, AFC, OFC). Pour ce qui concerne l'expérience requise, la FBF demande pour les candidats burkinabè, au moins 5 ans cumulés d’encadrement en Ligue 1 burkinabè plus sélections nationales (toutes catégories confondues : U17, U20, U23, A', A, etc.).
Pour les candidats étrangers, au moins 5 ans cumulés en Ligue 1 professionnelle ou en sélection A. Autres exigences : maîtrise du français, capacité à travailler avec les joueurs locaux et expatriés dans le but de bâtir un projet technique durable et à redonner une dynamique compétitive à l'équipe. La mission affichée exige à relancer les Étalons sur la scène continentale et internationale, avec un encadrement cohérent et pérenne.
Une accessibilité contrastée selon public sportif burkinabè ?
Le débat enfle dans les cercles sportifs burkinabè. Plusieurs observateurs pointent une inégalité perçue entre locaux et expatriés. Souleymane Sinare, figure connue du paysage footballistique burkinabè, résume bien le paradoxe : « Les critères excluent beaucoup de candidats burkinabè. Pour les sélectionneurs burkinabè, on peut les compter sur les doigts d’une main, mais pour les expatriés c’est plus ouvert. »
En effet, au Burkina Faso, peu d'entraîneurs locaux cumulent à la fois une longue carrière en Fasofoot Ligue 1 où les clubs sont souvent instables et une expérience significative avec les sélections nationales dans toutes les catégories. Les noms qui reviennent souvent comme certains anciens adjoints ou formateurs peinent parfois à atteindre ce cumul précis de 5 ans validés.
À l’inverse, le marché des entraîneurs étrangers est beaucoup plus large. De nombreux techniciens africains ou européens ont dirigé des clubs de première division en Afrique du Nord, Afrique de l’Ouest, ou même en Europe de l’Est ou des sélections A, même pour de courtes périodes. Le critère "ou" rend le seuil plus accessible pour eux. Koné Rach, plus optimiste, estime que « oui, c’est bien possible au Burkina Faso et à l’extérieur, ce profil ». Lorenzo Yaméogo relève un détail pragmatique : « Ce qui me retient dans leur communiqué, c’est parler le français », ce qui exclut de facto certains candidats non francophones.
Réalité du marché
Quelques jours après l’annonce, plus d’une centaine de candidatures auraient déjà été déposées, selon certaines sources médiatiques sportives burkinabè. Ce chiffre suggère que le profil, bien que strict, attire bel et bien des postulants surtout étrangers. Pour un Burkinabè, le vivier reste limité. On peut citer une poignée d’entraîneurs ayant gravi les échelons locaux : Ligue 1 + sélections jeunes ou seniors, mais ils sont rares à cocher toutes les cases sans interruption. Pour un étranger, des profils comme d’anciens sélectionneurs de nations africaines modestes, ou des entraîneurs ayant passé plusieurs saisons en championnats pros correspondent plus facilement.
Oscar Barro confirme sa candidature
Ambitieux et déterminé, Oscar Barro ne cache plus ses rêves. Actuel sélectionneur des Étalons cadets (U17) du Burkina Faso, le technicien burkinabè a probablement postulé pour prendre les rênes des Étalons seniors A, poste actuellement vacant suite au départ de Brama Traoré. Dans une confidence accordée à L’Observateur Paalga, Oscar Barro confirme pleinement sa candidature : « Bien sûr. De façon naturelle, j’ai postulé. Je pense que quand on est ambitieux, il faut bien prétendre à certains postes. Étant donné que je réponds aux critères, j’ai donc fait acte de candidature en déposant mon dossier et j’attends la suite. »
Oscar Barro n’est pas un inconnu du football burkinabè. Ancien gardien de but, il a déjà assuré l’intérim à la tête des Étalons seniors du Burkina Faso en 2022 lors des matchs amicaux face à la Belgique et au Kosovo. Surtout, ces dernières années, il s’est imposé comme l’un des entraîneurs les plus prometteurs du pays chez les catégories jeunes.
Perspectives
La FBF semble donc avoir fait un choix stratégique. Celui de privilégier la qualité et l’expérience internationale tout en gardant une porte ouverte aux locaux, mais avec un filtre plus exigeant pour ces derniers. Reste à voir si, parmi les dossiers reçus, des Burkinabè parviennent à se qualifier pour les entretiens.
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À propos de l'auteur
Ablam GNAMESSO
Rédacteur sportif
Reporter sportif et journaliste tout terrain. Membre AIPS et jury des IFFHS Awards.
