Burundi-Algérie (2-2) : Hemdani paie ses propres paris

Menée 2-0 après douze minutes à Bujumbura, l'Algérie a arraché le nul grâce à Mohamed Belloumi et Adil Boulbina. Le point n'a rien d'un drame, mais il met en lumière des choix de départ que Brahim Hemdani aura du mal à défendre.

?
4 minutes de lecture
Burundi-Algérie (2-2) : Hemdani paie ses propres paris

La veille, le sélectionneur algérien se voulait serein. « On a bien étudié le jeu du Burundi », assurait-il, sans inquiétude affichée pour le terrain synthétique du stade Intwari. Vingt-quatre heures plus tard, ses joueurs étaient menés 2-0. Ils n'avaient pas seulement mal commencé : ils avaient offert les deux buts.

Deux cadeaux, deux paris perdus

À la 5e minute, Fares Chaïbi adresse une passe en retrait bien trop appuyée vers Melvin Mastil. Sur le synthétique, le ballon accélère et finit au fond du but algérien. Sept minutes plus tard, le capitaine Ramy Bensebaïni manque une relance simple. Jean-Claude Girumugisha récupère et bat Mastil : 2-0.

La vraie question est ailleurs : pourquoi étaient-ils sur le terrain ? Bensebaïni n'avait disputé que 21 minutes de Bundesliga cette saison. Chaïbi sortait de blessure, avec moins de deux heures de jeu à Francfort. Hemdani a confié les clés à deux hommes en manque de rythme, et les deux se retrouvent sur les deux buts. Il a misé sur deux cadres ; il a récolté deux erreurs.

Le rôle de Chaïbi interroge aussi. Aligné en relayeur à côté de Himad Abdelli, un poste que beaucoup en Algérie jugent inadapté à son profil, il formait avec lui un duo de créateurs sans vrai récupérateur. L'équilibre n'est revenu qu'avec l'entrée d'Adem Zorgane avant la pause. Et encore : Zorgane n'est entré que parce qu'Abdelli s'était blessé. L'équipe a été corrigée par une blessure, pas par le plan de départ.

Girumugisha, le danger annoncé

Le meilleur joueur de la soirée portait le maillot burundais. Vif et direct, Girumugisha a souvent pris de vitesse Jaouen Hadjam. « Nous connaissions les points forts de l'adversaire, notamment le joueur numéro 7, et il nous a posé quelques difficultés », a reconnu le sélectionneur. Il l'avait repéré. Son équipe ne l'a jamais arrêté.

Le Burundi de Patrick Sangwa, qui n'avait jamais battu l'Algérie, a été l'équipe la plus dangereuse. Avec 30 % du ballon, il a tiré treize fois, dont huit dans la surface, contre quatre seulement pour les Fennecs. Dans la dernière action, Mastil a dû sortir une tête d'Emmanuel Swedi. Les Burundais auraient pu repartir avec les trois points.

Belloumi et Boulbina sauvent la soirée

Mohamed Belloumi a sonné la révolte. À la 24e, il élimine deux adversaires avant d'enrouler une frappe à côté. Six minutes plus tard, du gauche, il glisse un ballon rasant au fond : premier but en sélection pour le fils de Lakhdar Belloumi, déjà buteur à deux reprises en Premier League avec Hull City. Il a été le meilleur Algérien.

À la 63e, Adil Boulbina expédie un coup franc d'environ 25 mètres dans la lucarne. Le plus beau geste du match. Ni Belloumi ni Boulbina n'ont semblé gênés par le synthétique, ce qui affaiblit l'excuse du terrain.

Le reste de l'attaque a déçu. Amin Chiakha n'a pas tenté un seul tir en 73 minutes, Ibrahim Maza n'a rien cadré. Avec 70 % de possession et près de 600 passes, l'Algérie n'a cadré que trois tirs, autant que le Burundi. Elle a fait tourner le ballon sans jamais installer de danger durable. « Nous n'avons pas été assez décisifs », a admis Hemdani.

Un point, et des questions

Avec quatre points en deux matchs, les Fennecs restent en tête du groupe I, un point devant la Zambie et le Togo. Les deux premiers iront à la CAN 2027. Le bilan comptable tient donc.

Un autre chiffre inquiète davantage : l'Algérie a encaissé au moins un but lors de ses six derniers matchs, douze au total. La série a commencé sous Vladimir Petkovic, parti après la sortie en seizième de finale du Mondial, mais elle se poursuit sous son successeur, nommé le 5 septembre.

Il faut être juste avec Hemdani : il construit dans l'urgence. Riyad Mahrez et Aïssa Mandi ont pris leur retraite, Amine Gouiri était forfait et Rayan Aït-Nouri a été renvoyé du groupe après une altercation avec le staff. Ces absences réduisaient ses options. Elles n'obligeaient pas à lancer deux titulaires sans rythme sur un déplacement aussi piégeux. L'amical contre le Niger, le 6 octobre à Tizi Ouzou, puis la double confrontation contre le Togo, les 11 et 15 novembre, diront s'il a retenu la leçon de Bujumbura.

SNA – Maghreb

Photo : le onze de départ algérien au stade Intwari de Bujumbura – FAF

Rejoignez notre communauté sportive !

Suivez-nous sur les réseaux sociaux pour ne rien manquer de l'actualité sportive en temps réel.

À propos de l'auteur

Contribution SNA

Contribution SNA

Rédacteur sportif

Les contributions SNA sont réalisées par des passionnés de sports qui mènent des réflexions sur des sujets variés en lien avec les pratiques sportives sur le continent.

?
0 commentaire(s)

?

Rejoignez la conversation

Connectez-vous pour partager vos réflexions et échanger avec la communauté.

?

Aucun commentaire pour le moment

Soyez le premier à commenter cet article !