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Cameroun : la Fécafoot prépare des sanctions contre André Onana

La crise entre André Onana et la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) joue les prolongations. Après les accusations publiques du gardien visant la gouvernance de l’instance et particulièrement son président Samuel Eto'o, la fédération envisage désormais une riposte disciplinaire.

Malick BAMBA · Profil de l’auteur ·

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La tension monte d’un cran entre André Onana et la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). Selon les informations de Sport News Africa, l’instance dirigeante du football camerounais envisage de sanctionner le gardien de Trabzonspor à la suite de ses récentes déclarations publiques visant directement son président Samuel Eto'o. 

En interne, une décision disciplinaire aurait été préparée par le dirigeant, avant d’être freinée par son entourage, soucieux d’éviter de donner l’image d’un « règlement de comptes ». Une alternative aurait émergé : confier l’examen du cas Onana à la prochaine Assemblée générale de la fédération, afin d’entériner une décision à caractère collectif.

«Tant que les dirigeants actuels seront en poste, il ne s’imagine pas un retour »

D’après plusieurs sources concordantes, le nom d’André Onana devrait ainsi figurer à l’ordre du jour de cette future Assemblée générale. Parmi les options envisagées, une suspension de plusieurs années de l’équipe nationale est évoquée, dans un contexte déjà marqué par la mise à l’écart du joueur lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et des FIFA Series de mars 2026. Officiellement, aucune procédure n’a encore été rendue publique, mais la perspective d’une sanction lourde circule désormais dans les cercles proches de la fédération.

Dans le camp du joueur, ces signaux ne surprennent pas. Un proche d’André Onana confirme avoir eu vent des manœuvres en cours, tout en relativisant leur portée. « Nous savons que la Fécafoot prépare une sanction contre André Onana. Ils veulent sanctionner un joueur qu’ils ont écarté de la sélection nationale. C’est une manœuvre qui n’aura aucun effet puisque, pour le moment, André Onana n’a plus la tête à l’équipe nationale. Tant que les dirigeants actuels seront en poste, il ne s’imagine pas un retour », affirme-t-il. Et d’ajouter : « Cette sanction sera donc un coup d’épée dans l’eau », traduisant une rupture désormais assumée entre le joueur et l’institution.

Les accusations d'Onana

À l’origine de cette nouvelle séquence, un live TikTok au cours duquel le gardien camerounais a livré une charge directe contre la gouvernance du football national. « Je n’ai pas de problème avec la Fécafoot. Je suis en désaccord avec un individu qui utilise la Fécafoot et l’équipe nationale pour régler ses comptes », a-t-il déclaré, dénonçant un système où « si tu n’es pas d’accord, on te met de côté ». Revenant sur son parcours, il ajoute : « J’ai pris beaucoup de coups pour l’amour de notre pays (…) aujourd’hui je ne peux que soutenir nos jeunes frères ».

Dans une autre séquence, il conteste toute implication extérieure dans son transfert à l’Inter Milan : « Il y a un individu qui raconte partout qu’il était à l’origine de ma signature, alors qu’il a découvert ça à la télévision comme tout le monde ». Enfin, il évoque des soupçons autour des primes lors de la CAN 2023, laissant entendre qu’un joueur local n’aurait perçu que 5 millions de francs CFA sur une enveloppe globale dépassant les 50 millions de francs CFA. 

Ces accusations ont rapidement suscité des réponses dans l’écosystème fédéral. Un média réputé proche de la Fécafoot affirme, après vérifications auprès de sources administratives, que la prime évoquée a été « intégralement versée », évoquant un simple incident technique bancaire rapidement corrigé.

De son côté, le responsable de la communication de la Fécafoot, Jean Marie Nkoussa, rejette toute idée d’opacité. « On ne peut pas commenter des rumeurs », déclare-t-il, assurant que les paiements sont effectués directement aux joueurs par virements bancaires via un agent comptable. « Il n’y a pas une prime qui est versée via la fédération », insiste-t-il. Dans ce climat de défiance réciproque, la perspective d’une sanction officielle pourrait transformer une crise latente en rupture institutionnelle ouverte.

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