
Sur les réseaux sociaux, la déception a rapidement cédé la place à une vague de critiques acerbes, visant principalement le staff technique dirigé par le sélectionneur Brama Traoré. « Le bricolage a ses limites », résume l’un des commentaires les plus partagés, soulignant les changements incessants dans le onze de départ tout au long des quatre matchs disputés par les Étalons du Burkina Faso. Favoritisme, joueurs titularisés malgré un manque de rythme, absence d’équilibre tactique : les reproches fusent de toutes parts.
Staff technique et fédération au centre des critiques
D’autres voix pointent du doigt des problèmes plus profonds. « Une équipe qui est allée à la CAN pour fêter des anniversaires plutôt que de jouer pour la patrie », ironise un supporter. Un autre déplore : « Mon cœur saigne. On joue avec la sélection nationale, on dirait une équipe de quartier. » La préparation est également dans le viseur : « Pour une équipe qui vise le trophée, vous devez affronter les équipes du top 10. Mais hélas, ils préfèrent le Bénin, le Soudan, la Gambie juste pour préserver l’image de l’équipe. »
Le président de la Fédération burkinabè de football (FBF), Oumarou Sawadogo, le sélectionneur Brama Traoré et l’ensemble du staff technique sont montrés du doigt, tout comme le directeur technique national, Vincenzo Alberto Annese, accusés d’avoir imposé certains joueurs. Un long post sarcastique remercie ironiquement tous les acteurs impliqués, de Lazare Banssé à la fédération, en passant par les clans de joueurs et certains journalistes, pour avoir contribué à cette « douleur » collective.
Pourtant, au milieu de cette tempête émotionnelle, des appels à la raison émergent. « Tirons les leçons pour avancer», plaide Daouda Sanou dit Famoso, ancien directeur technique national de la Fédération burkinabè de football (FBF), rappelant que l’histoire du football burkinabè ne s’arrête pas à une défaite. « À côté de la facilité qui consiste à critiquer, à tout remettre en question, les dirigeants doivent tirer les leçons pour avancer et regarder vers l’avant. » Une autre voix propose une réforme structurelle : « Je pense qu’on doit changer notre manière de recruter le sélectionneur de l’équipe nationale. »
Appel à la restructuration
Les signes avant-coureurs étaient là, selon certains : les limites de Brama Traoré déjà visibles lors du match contre l’Égypte, ou la victoire laborieuse face à la Guinée Equatoriale. « Le bricolage a ses limites aussi. Brama a laissé des gens s’immiscer dans son travail, voilà qu’il est abandonné par ces mêmes personnes en plein vol et se retrouve seul pour pleurer. »
Après cette élimination précoce, le football burkinabè se trouve à un carrefour. La colère des supporters est légitime, mais elle doit se transformer en exigence constructive. Une analyse approfondie de la campagne, des choix tactiques aux méthodes de sélection en passant par la préparation, s’impose. Les Étalons du Burkina Faso ont du talent, mais pour rêver à nouveau de quarts de finale ou plus, il faudra dépasser les excès, relativiser les cycles et bâtir sur des bases solides. Le patriotisme vrai commence par des décisions courageuses, loin des clans et du favoritisme. L’avenir des Étalons du Burkina Faso en dépend.
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À propos de l'auteur
Ablam GNAMESSO
Rédacteur sportif
Reporter sportif et journaliste tout terrain. Membre AIPS et jury des IFFHS Awards.
