
Le Maroc, entre maîtrise défensive et attente d’un déclic offensif
Qualifié pour les quarts de finale sans réellement enthousiasmer, le Maroc avance dans cette CAN 2025 avec un sentiment paradoxal. Efficace dans les résultats, mais encore en quête de fluidité dans le jeu, le pays hôte a jusqu’ici répondu présent sans pleinement convaincre.
Les Lions de l’Atlas ont lancé leur tournoi par une victoire sérieuse face aux Comores (2-0), avant de concéder un match nul décevant contre le Mali (1-1). Une victoire plus nette contre la Zambie (3-0) lors de la dernière journée de groupes a permis de rassurer partiellement, avant un huitième de finale fermé face à la Tanzanie, remporté sur la plus petite des marges grâce à Brahim Díaz, déjà auteur de quatre buts dans la compétition.
Le véritable point fort marocain reste toutefois la solidité défensive. Avec un seul but encaissé en quatre rencontres, la sélection dirigée par Walid Regragui possède le meilleur bilan défensif des équipes encore en lice. Un socle qui lui permet d’aborder ce quart de finale avec une certaine sérénité.
Autre donnée importante : la montée en puissance d’Achraf Hakimi. Revenu progressivement de blessure, le capitaine marocain n’a pas encore livré son match référence, mais son influence croissante sur le couloir droit nourrit l’espoir d’un passage à la vitesse supérieure dans un match à enjeu maximal.
Le Cameroun, l’ADN du pragmatisme et la hantise des pays hôtes
Face au Maroc, le Cameroun arrive avec un statut bien particulier. Historiquement, aucune sélection africaine n’a autant brillé contre les pays organisateurs de la CAN que les Lions Indomptables. En 13 confrontations face à des nations hôtes, le Cameroun ne s’est incliné qu’à 2 reprises et reste invaincu lors de ses six dernières sorties de ce type. En phase à élimination directe, il a même éliminé le pays organisateur à 5 reprises. Un précédent encore vivace côté marocain, puisque lors de la CAN 1988, disputée au Maroc, les Camerounais avaient écarté les Lions de l’Atlas en demi-finales.
Sur le terrain, le parcours camerounais dans cette CAN 2025 est à l’image de sa réputation avec la sobriété et l’efficacité. Deux victoires contre le Gabon et le Mozambique, encadrant un nul accroché face au tenant du titre ivoirien (1-1), ont suffi pour franchir la phase de groupes. Avec seulement 6 buts inscrits, le Cameroun affiche l’un des totaux offensifs les plus faibles parmi les quarts de finalistes. Mais ces réalisations ont été réparties entre 5 joueurs différents, rendant l’équipe difficile à lire.
La principale menace se nomme Christian Kofane. À 19 ans, l’attaquant du Bayer Leverkusen s’est imposé comme la révélation offensive des Lions Indomptables avec deux buts.
Attendu comme le leader de l’attaque, Bryan Mbeumo n’a pas encore trouvé le chemin des filets, mais son impact se mesure dans le jeu sans ballon et les phases de transition rapide. Le Cameroun assume un football de réaction, compact et discipliné, prêt à laisser la possession pour mieux exploiter la moindre erreur adverse. Une approche qui contraste fortement avec celle du Maroc, équipe la plus dominatrice du tournoi en termes de possession.
Arbitrage et déclarations : un quart de finale sous tension
À la veille de ce choc, l’actualité autour de la rencontre s’est déplacée hors du terrain. Initialement désigné pour arbitrer le quart de finale, l’Égyptien Amin Mohamed Omar a finalement été remplacé par le Mauritanien Dahane Beida, déjà au sifflet de la dernière finale de la CAN entre le Nigeria et la Côte d’Ivoire. Ce changement de dernière minute, décidé par la CAF, intervient après des crispations en coulisses. Selon plusieurs sources, la Fédération Royale Marocaine de Football s’était agacée du retard dans la désignation de l’arbitre et du choix initial de l’équipe arbitrale, ce qui aurait provoqué un bras de fer avec la Fédération camerounaise, dirigée par Samuel Eto’o. Soucieuse d’éviter toute polémique post-match, la CAF a préféré trancher en modifiant l’arbitrage.
La tension s’est également invitée dans le discours. En conférence de presse, Walid Regragui a insisté sur l’équilibre des forces et la nécessité d’une concentration totale. « La moindre erreur sera sanctionnée cash ». Côté camerounais, Christian Kofane a, lui, minimisé l’impact du public marocain, comparant l’ambiance attendue à Rabat à celle du Borussia Dortmund, estimant qu’il n’y aurait « pas de pression ».
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À propos de l'auteur
El Hadji Malick SARR
Rédacteur sportif
Passionné de sport depuis toujours, partage avec vous les dernières actualités et analyses du monde sportif.
