
D’abord attendu comme un élément de rotation, Carlos Baleba a fini par mettre tout le monde d’accord. Le milieu de terrain camerounais a progressivement changé de statut au fil de la CAN 2025 en cours au Maroc.
Titularisé dans un contexte marqué par les absences de cadres habituels, le joueur de 22 ans a profité de cette fenêtre pour s’installer durablement dans l’entrejeu des Lions Indomptables. Son match face à l’Afrique du Sud en huitième de finale (2-1), conclu par une distinction d’homme du match, a servi de révélateur : le Cameroun tient là un milieu capable d’absorber la pression et d’apporter de la continuité dans le jeu.
Montée en puissance
Cette montée en puissance s’explique en grande partie par sa capacité à répondre à un vide structurel. Privée de profils expérimentés comme Zambo Anguissa ou Martin Hongla, la sélection devait recomposer son axe. Baleba a alors assumé un rôle hybride, à la fois récupérateur et premier relanceur, sans que l’équipe ne perde en équilibre. Aux côtés d’Arthur Avom, il contribue à rajeunir un secteur souvent critiqué pour son manque de constance, tout en assurant une certaine rigueur tactique.
Sur le plan strictement technique, son apport se mesure dans les données comme dans l’impression visuelle. Face aux Bafana Bafana, il a cumulé les interventions défensives tout en restant impliqué dans les phases de transition. Capable de porter le ballon vers l’avant, de casser le premier rideau adverse ou de sécuriser la possession, le natif de Douala coche plusieurs cases du milieu « box-to-box » moderne. Son jeu reste sobre, rarement spectaculaire, mais efficace dans la gestion des temps faibles comme dans l’accélération du tempo.
L’Europe s’affole pour Baleba
Logiquement, ces performances n’ont pas échappé aux recruteurs européens. Déjà installé en Premier League avec Brighton, Baleba voit sa cote grimper à mesure que la compétition avance. Des clubs comme Manchester United, Liverpool ou Tottenham sont régulièrement cités, tandis que Brighton affiche une position ferme sur sa valorisation désormais estimée à 60 millions d’euros sur Transfermarkt. Plus qu’un simple emballement médiatique, la CAN agit ici comme un amplificateur d’un potentiel déjà identifié en club.
Reste désormais à confirmer face à une opposition encore plus relevée à venir. Le quart de finale prévu ce vendredi contre le Maroc constitue un test supplémentaire, tant sur le plan tactique que mental. Baleba y sera observé pour sa capacité à répéter les efforts, à gérer la pression de haut niveau au milieu et à maintenir son influence dans un match à forte intensité. Quoi qu’il advienne, son tournoi a déjà clarifié une chose : le Cameroun dispose désormais d’un milieu autour duquel il peut construire, au moins à moyen terme.
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À propos de l'auteur
Arthur WANDJI
Rédacteur sportif
Correspondant SNA au Cameroun et Gabon. Spécialiste des Lions Indomptables.
