
La plainte du Maroc met le feu aux poudres
Après la pluie, le beau temps, a-t-on coutume de dire. Cette fois-ci, le beau temps semble laisser place à l’orage pour le Sénégal. Les Lions viennent de décrocher une 2ème étoile de champion d’Afrique après leur victoire 1-0 après prolongation devant le Maroc. Une rencontre sulfureuse sur le pré, dans les gradins, mais aussi sur le terrain administratif. En effet, la Fédération marocaine a, dans la foulée de la défaite, déposé une plainte contre le Sénégal auprès de la FIFA et de la CAF. Elle reproche notamment aux Lions du Sénégal leur décision de quitter « temporairement » la pelouse.
La sortie maladroite du président de la FIFA pour un événement de la CAF pourrait forcer les instances disciplinaires à sanctionner lourdement la FSF et le sélectionneur Pape Thiaw. Tout part des décisions arbitrales du Congolais Jean-Jacques Ndala dans une fin de match irrespirable. L’homme en noir de cette finale restera dans la postérité mais pas pour les bonnes raisons. Son coup de sifflet précipité dans le temps additionnel prive le Sénégal d’un but d’Ismaïla Sarr, pour une faute imaginaire d’Abdoulaye Seck sur Achraf Hakimi. Une décision qui ne sera pas revue par la VAR. Quelques minutes plus tard, l’arbitre est invité par l’assistance vidéo pour vérifier un duel entre Brahim Diaz et Elhadj Malick Diouf. Il accorde un penalty au Maroc et la finale bascule dans l’irréel.
En suspens des décisions de la commission disciplinaire de la CAF
Dans l’histoire, peu de situations similaires s’étaient produites dans un passé récent. L’Argentine a refusé de débuter une rencontre face au Brésil en novembre 2023 pour des scènes de violence dans les tribunes. Toujours est-il que les circonstances étaient différentes de celles du 18 janvier. La décision du sélectionneur des Lions pourrait être jugée opportune par une grande majorité de fans mais elle reste une faute grave, violant l’esprit même du jeu. Et ce, quelque soit l’erreur de l’arbitre.
« On a reçu tardivement la notification de la désignation de l’arbitre de la finale. Le délai de récusation était dépassé au moment où l’on a reçu cela. »
L’issue heureuse pour le Sénégal exacerbe encore plus ce geste malheureux et expose la Fédération sénégalaise de football à une grosse amende financière. À l'instar des sanctions infligées à l’Algérie après les agressions des joueurs sur le terrain et des journalistes en zone mixte lors des quarts face au Nigeria. Pape Thiaw quant à lui pourrait servir d’exemple pour dissuader tout entraîneur d’agir de la sorte quelque soit la décision de l’arbitre. Le technicien de 44 ans risque plusieurs matchs de suspension sur le banc du Sénégal. La commission prendra-t-il en compte les circonstances atténuantes avec l’absence de re-visionnage du but d’Ismaïla Sarr ?
Le Sénégal prêt à répondre face aux menaces de sanctions
« Nous avions des appréhensions sur l’arbitrage avant le match. On a reçu tardivement la notification de la désignation de l’arbitre de la finale. Le délai de récusation était dépassé au moment où l’on a reçu cela. Nous avions au préalable travaillé sur une lettre de récusation et de protestation. C’est comme si nous avions senti qu’une telle chose allait se produire. Quand on voit le match, il y a eu une succession de faits de jeu. C’est ce qui a malheureusement conduit aux débordements. Il fallait le dénoncer. Mais on s’est ressaisi pour revenir sur le terrain. Quoiqu’il advenait, il fallait respecter les règles, c’est ce qu’on a fait au final. On a envoyé une correspondance à la FIFA pendant la mi-temps », a révélé Abdoulaye Fall au micro de la RTS après le sacre.
Les dirigeants sénégalais préparent déjà leur défense face à d’éventuelles sanctions de la commission disciplinaire de la CAF, composée de juges indépendants issus de plusieurs pays d’Afrique. « La plainte du Maroc ne nous ébranle pas, c’est inhérent dans le football d’aujourd’hui. Après chaque match, on reçoit des notifications de la commission de discipline de la CAF. On répond avec un argumentaire factuel. Pour les futures notifications de la commission, nous sommes sereins et nous répondrons par des arguments solides », a déclaré M. Fall.
Joint par Sport News Africa, ce membre du comité exécutif soutient qu’en cas de sanctions en première instance, « la FSF fera appel auprès de cette même commission ». Il poursuit : « Le Sénégal pourrait recourir au tribunal arbitral du sport en cas de rejet d’un éventuel appel de la commission ». Un recours à la cour fédérale suisse est envisagé par les fédéraux sénégalais. Même s’il n’est pas exclu que la Fédération sénégalaise de football envoie une correspondance pour faire amende honorable après le geste maladroit du sélectionneur sénégalais.
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À propos de l'auteur
Moustapha SADIO
Rédacteur sportif
Passionné de sport depuis toujours, partage avec vous les dernières actualités et analyses du monde sportif.
