
L’ambiance des grands soirs plane sur Agadir. Ce lundi à 16h GMT, le Grand Stade Adrar sera le théâtre d’un duel aux antipodes sur le papier, mais au parfum de piège pour l’Égypte. Leaders sereins d'un groupe B qu'ils ont survolé, les hommes de Hossam Hassan abordent ce huitième de finale de la CAN 2025 avec un statut de favori qu’ils devront assumer pour éviter une nouvelle désillusion précoce, après les sorties de route de 2019 et 2023 à ce même stade de la compétition.
L’Égypte en mode patron, Salah en locomotive
Le parcours des Pharaons dans cette phase de groupes a été marqué par le sceau de l'efficacité. Avec sept points au compteur (victoires 2-1 contre le Zimbabwe et 1-0 face à l'Afrique du Sud, suivies d'un nul 0-0 contre l'Angola), l'Égypte a retrouvé une assise défensive solide, symbolisée par les performances de son portier vétéran Mohamed El Shenawy, nommé dans l'équipe type du premier tour.
Pour ce choc, Hossam Hassan devrait retrouver son trident offensif de feu. Ménagés lors du dernier match de poule, Mohamed Salah et Omar Marmoush feront leur retour dans le onze de départ. Mais pour le sélectionneur égyptien, la méfiance reste le maître-mot :
« Pour moi, ce match contre le Bénin est une finale. Leur qualification n'est pas un hasard, ils ont montré une grande stabilité. Nous représentons une nation de 120 millions de passionnés ; les joueurs ont la détermination nécessaire pour rendre le peuple heureux et nous ne sous-estimons personne. » — Hossam Hassan, sélectionneur de l'Égypte.
Le Bénin, la science de la résistance
De l'autre côté, le Bénin arrive avec la peau d'un miraculé, mais d'un miraculé organisé. Qualifiés parmi les meilleurs troisièmes du groupe D grâce à un succès crucial contre le Botswana (1-0), les Guépards savent qu’ils n'ont rien à perdre. Le sélectionneur Gernot Rohr, fin tacticien du football africain, s'appuiera sur son bloc compact pour bousculer la hiérarchie.
L'histoire plaide cependant en faveur de l'Égypte : en quatre confrontations, les Pharaons ne se sont jamais inclinés face au Bénin (3 victoires, 1 nul). Mais les souvenirs du Caire en 2019, où le Bénin avait éliminé le Maroc au même stade, restent gravés comme un avertissement. Gernot Rohr compte d'ailleurs jouer sur ce levier psychologique :
« Nous voulons faire mentir les pronostics. Nous ne sommes pas les favoris, mais cela ne nous empêche pas de jouer notre chance à fond. C'est le genre de match que tous les joueurs rêvent de disputer. Si nous battons l'Égypte, les joueurs mériteront une récompense exceptionnelle. » — Gernot Rohr, sélectionneur du Bénin.
Les clés du match : discipline vs génie individuel
Le duel tactique sera au centre des débats. La capacité du milieu égyptien, porté par Marwan Attia, à briser les lignes béninoises sera déterminante. Côté béninois, les absences possibles de Sessi D’Almeida et Steve Mounié forceront peut-être Rohr à revoir son système. Une mission délicate face à une armada égyptienne qui cherche à mettre fin à 15 ans de disette continentale.
Une victoire propulserait l'Égypte en quarts de finale pour la 11ème fois de son histoire, où elle pourrait retrouver le vainqueur de l'affiche entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso.
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À propos de l'auteur
Malick BAMBA
Rédacteur sportif
Le sport africain au quotidien, ces belles histoires et polémiques en tous genres.
