
Cette affiche dépasse le simple enjeu du trophée. Organisation, intensité, exposition mondiale : à Rabat, c’est aussi l’image du football africain qui se joue. Un message de crédibilité et de maturité, porté par deux sélections installées au sommet.
Le Sénégal, la constance comme identité
Troisième finale en quatre éditions. Aucun autre chiffre ne résume mieux la trajectoire sénégalaise. Depuis plus d’une décennie, les Lions avancent sans rupture, portés par une culture de la performance devenue structurelle. Être dans le dernier carré n’est plus un exploit, la finale presque une norme.
Sous la houlette de Pape Thiaw, le Sénégal a déroulé un parcours solide. Première place de son groupe, maîtrise face au Soudan et au Mali, puis élimination de l’Égypte en demi-finale sur un éclair de Sadio Mané. Douze buts inscrits, deux encaissés.
À la veille de la finale, le discours reste mesuré. « Jouer contre le pays hôte, ce n’est jamais facile, parce qu’il y a le public. Mais sur le terrain, c’est 11 contre 11 », rappelle Pape Thiaw, avant d’élargir l’enjeu : « Aujourd’hui, c’est aussi l’image de l’Afrique qui est en jeu. Il ne faut pas qu’on gâte ça. » Même privé de son capitaine Kalidou Koulibaly, suspendu, le Sénégal avance avec la sérénité d’un groupe habitué aux sommets.
Le Maroc, l’ambition sous pression maîtrisée
Pour le Maroc, cette finale a une saveur particulière. À domicile, les Lions de l’Atlas retrouvent ce rendez-vous 22 ans après 2004, avec l’ambition d’effacer près d’un demi-siècle sans titre continental. Depuis la demi-finale historique du Mondial 2022, la sélection marocaine a changé de dimension.
Guidée par Walid Regragui, elle a avancé avec méthode : montée en puissance progressive, succès de gestion, puis qualification arrachée face au Nigeria en demi-finale, portée par un Yassine Bounou décisif. Conscient de l’enjeu émotionnel, Regragui ne fuit pas la pression. « L’équipe qui a naturellement la pression, c’est le Maroc. C’est normal, on joue à domicile » déclare-t-il. Sa principale inquiétude est ailleurs. « Ma seule crainte, c’est de ne pas jouer relâché. Une finale, il faut la jouer, pas la subir. »
Respect mutuel, maturité partagée
À la veille du choc, aucun feu verbal. Le respect domine. « Cette phrase cachée dans la tête, je n’aime pas trop », tranche Moussa Niakhaté. « On a toujours été dans le respect, c’est ce qu’on nous a inculqué avec les valeurs du Sénégal. » Un ton à contre-courant, mais révélateur de deux projets arrivés à maturité. Le Maroc le sait : « Le Sénégal sera là, public ou pas public. Les grandes équipes sont toujours là à la fin », reconnaît Regragui.
La vérité d’un soir
Sur le terrain, l’opposition s’annonce équilibrée. L’expérience et la régularité sénégalaise face à la rigueur tactique et l’élan populaire marocain. « Une finale, c’est du 50-50 », résume Regragui. Un détail, une émotion, une séquence peut suffire.
Dimanche soir, une seule équipe soulèvera le trophée de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Mais au-delà du vainqueur, cette finale consacre deux nations de référence et une CAN qui revendique pleinement sa place parmi les grandes scènes du football mondial.
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À propos de l'auteur
El Hadji Malick SARR
Rédacteur sportif
Passionné de sport depuis toujours, partage avec vous les dernières actualités et analyses du monde sportif.
