
Du spectacle garanti
L’Afrique vibre en ce moment au rythme d’une Coupe d’Afrique des nations qui tient toutes ses promesses. Au moment où le débat se pose sur sa tenue tous les 4 ans, actée récemment à partir de 2028 par le président de la CAF, Patrice Motsepe, la compétition elle, offre un sacré spectacle. Sport News Africa a interrogé El Abdoulaye Seck sur le niveau de cette édition. Déformation professionnelle obligeant quant au terme « niveau » faisant toujours référence à une comparaison, l’ancien analyste vidéo de la sélection des Comores puis de la Mauritanie pense que le meilleur baromètre est « celui des CAN précédentes et les équipes par rapport à leur propre passé ».
Le passage à 24 équipes a ses limites mais aussi ses bienfaits. Qui dit plus d’équipes, dit plus de matchs, donc logiquement plus de buts. Alors qu’il reste encore 8 rencontres à disputer, le total de buts de la CAN 2023 (ndlr, 118 buts) risque de tomber dès la fin des quarts. Cette 35ème édition a déjà vu les filets trembler à 109 reprises en 44 matchs disputés jusqu’ici. Soit une moyenne de plus de 2,47 buts par match, contre 2,38 pour la précédente édition. La qualité des pelouses est sans doute une des premières explications du spectacle jusqu’ici entrevue sur le pré. Le Maroc a mis à disposition des acteurs des infrastructures et surtout des pelouses de très grande qualité.
Des quarts de finale d’une rare densité et sans surprise
L’Afrique du Sud et la RDC respectivement 3ème et 4ème de la dernière édition sont les grands absents de ce rendez-vous des quarts de finale. C’est un menu 5 étoiles qui se dresse dans le money time de cette 35ème édition. L’Égypte, 7 fois vainqueur, le Cameroun et ses 5 étoiles, la Côte d’Ivoire, tenante du titre et le Nigeria, tous deux couronnés à trois reprises, l’Algérie, titrée à deux reprises, le Sénégal et le Maroc auréolés une fois composent ce Top 8 de la CAN. Seul le Mali, finaliste en 1972 n’a jamais gagné la CAN parmi les quarts finalistes. De quoi faire saliver spectateurs et téléspectateurs.

Contrairement à l’édition 2023 en Côte d’Ivoire où l’on pouvait noter les surprises Guinée, Cap-Vert et Angola en quarts, RDC en demi-finale avec une seule victoire en 5 matchs, cette CAN au royaume chérifien a laissé peu de places à l’inattendu, et ce, dès la phase de groupes. « Je ne suis pas surpris par le jeu produit par les équipes qui ont chacune haussé le niveau. Cette CAN nous montre une confirmation, assez relative du reste, de la hiérarchie, pas beaucoup de surprises », a analysé Coach Abdoulaye Seck.
Celui qui a été choisi par la Confédération africaine de football dans le pool du groupe d’études techniques de l’instance parle d’une CAN « studieuse ». « Avec l'actuel système de qualification, pas besoin d’un marteau pour tuer une mouche. Mettre le minimum pour sortir confortablement est la première manche. Tandis que la deuxième est en train de montrer les vraies valeurs des équipes et du niveau. Je pense qu’au coup de sifflet final de la finale (ndlr, le 18 janvier 2026), on sera fier de dire que le football africain est d’un excellent niveau ».
Des bancs plus étoffés et plus entreprenants
À la suite des raisons logistiques, les choix tactiques et techniques des sélectionneurs et acteurs expliquent à leur tour le spectacle proposé. La phase à élimination directe, réputée plus fermée, a vu une véritable évolution. Les 8èmes de finale de cette CAN ont vu 22 buts inscrits, contre 16 en 2024. « Les équipes connaissent de plus en plus leurs adversaires et savent exactement où il faut passer pour les mettre en difficulté, soutient Coach Seck. Les qualités individuelles rapportées aux faiblesses de l’adversaire peuvent à tout moment produire un déséquilibre et créer des opportunités en or devant le but y compris pour les tirs hors-surface de réparation », a-t-il ajouté.
« Il ne s’agit plus maintenant de se prémunir uniquement contre les forces adverses tout en exploitant leurs faiblesses, les espaces qu’ils défendent mal par exemple. Mais de faire coïncider ses propres forces avec les faiblesses adverses tout en évitant que leurs forces ne coïncident pas à nos faiblesses. Pour affiner ces équations, le staff moderne doit être constitué de manière à absorber toute la complexité de la chose afin de mettre en place des principes précis et adaptés à la prochaine rencontre. Le plan de jeu, relatif à l’adversaire, l’emporte ainsi sur le projet de jeu, relatif à nos choix de jeu et à notre style », a analysé celui qui a rejoint le staff technique du WAC depuis mars 2025.
La qualité des techniciens à la tête des sélections africaines n’est pas étrangère au niveau actuel du tournoi. Mais la volonté manifeste de ces derniers, même aux commandes d’équipes supposées plus faibles est rafraîchissante. Voir le Soudan face au Sénégal, la Tanzanie face au Maroc proposer un bloc médian et même parfois haut, était une chose peu envisageable il y a peu. « La finesse dans la résolution des problèmes posés dans le jeu et la précision dans les choix, adaptés et adaptables à l’adversaire, participent à la qualité du spectacle. Elles surprennent beaucoup moins les acteurs que les spectateurs. La mise en scène est d’autant plus spectaculaire pour le public que lorsque les acteurs maîtrisent leurs rôles », a conclu El Abdoulaye Seck.
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À propos de l'auteur
Moustapha SADIO
Rédacteur sportif
Passionné de sport depuis toujours, partage avec vous les dernières actualités et analyses du monde sportif.
