
À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, le Gabon se présente avec un visage nouveau, porté par un sélectionneur qui connaît intimement le poids du maillot. Thierry Mouyouma n’est pas un novice parachuté à la tête des Panthères. Ancien international (82 sélections), il a vécu de l’intérieur les espoirs, les désillusions et les limites historiques du football gabonais.
Nommé en octobre 2023 pour succéder au Français Patrice Neveu, incapable de qualifier le Gabon pour la précédente CAN, Mouyouma hérite d’un défi majeur. Redonner une identité forte à la sélection et l’installer durablement parmi les équipes qui comptent sur le continent. Un chantier ambitieux, mais loin d’être irréaliste pour un technicien déjà triple champion du Gabon avec le FC 105.
Une qualification bâtie dans l’adversité
Pour sa première campagne continentale, Thierry Mouyouma n’a pas tremblé. Placé dans le groupe B des éliminatoires aux côtés du Maroc, du Lesotho et de la République Centrafricaine, le Gabon termine à la deuxième place avec 10 points, derrière un Maroc intouchable à 18 unités. Les Panthères n’ont concédé que deux défaites, toutes face aux Lions de l’Atlas, demi-finalistes du Mondial 2022. Un bilan logique, mais surtout révélateur d’une équipe capable d’assumer son rang.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Si les neuf buts encaissés lors des qualifications interrogent encore la solidité défensive, la progression collective est indéniable. Surtout, Thierry Mouyouma devient le deuxième sélectionneur gabonais de l’histoire à qualifier son pays pour une phase finale de CAN, après Alain Da Costa Soares.
Un groupe relevé, un discours décomplexé
À Maroc 2025, le Gabon est attendu dans le groupe F, aux côtés de la Côte d’Ivoire, tenante du titre, du Cameroun et du Mozambique. Un groupe relevé, que beaucoup qualifient déjà de « groupe de la mort ». Une étiquette que Mouyouma ne rejette pas, sans jamais s’y réfugier.
Dans un entretien accordé à Gabon Media Time, le sélectionneur a clairement affiché ses intentions. « Sur le plan pratique, il n’y a pas une équipe qui va à une compétition comme celle-là pour figurer », a-t-il affirmé, avant de rappeler que chaque nation, quel que soit son statut, nourrit l’ambition d’aller loin. Conscient de la difficulté, il refuse pourtant le costume de victime. « On me dira que nous sommes dans un groupe de la mort. Oui, nous en sommes conscients. Mais nous sommes le Gabon. Nous sommes une équipe cohérente, une équipe qui a des atouts et qui, au bout de deux ans, a démontré une nette progression. Il serait aberrant qu’on ne sorte pas du premier tour. »
Dépasser enfin le cap historique
Le véritable enjeu de cette CAN dépasse la simple phase de groupes. Depuis 1996, puis lors des éditions organisées à domicile en 2012 et 2017, le Gabon bute inlassablement au stade des quarts de finale. Un plafond de verre que Thierry Mouyouma souhaite faire exploser. Avec une image parlante, il compare cette série d’échecs à une récidive médicale.
« De là où nous sommes, on ne peut pas dire que nous sommes favoris à la CAN. Ce serait une ambition démesurée »
« Un ostéopathe me disait qu’en sport, on n’a qu’une entorse à la cheville, la deuxième est toujours plus grave. L’intérêt aujourd’hui, c’est de faire mieux que ce seuil, d’aller au-delà des quarts de finale. » Lucide, le sélectionneur tempère néanmoins toute euphorie excessive. Le Gabon ne s’avance pas en favori au titre. « De là où nous sommes, on ne peut pas dire que nous sommes favoris à la CAN. Ce serait une ambition démesurée », reconnaît-il. Pour lui, la progression doit être méthodique. D’abord atteindre les quarts, puis seulement envisager plus haut.
Une identité gabonaise assumée
Au-delà des résultats, Thierry Mouyouma impose une méthode. Un staff majoritairement gabonais, une communication directe et fédératrice, et une volonté claire de construire une sélection à l’image du pays.
Les Panthères entreront en lice le 24 décembre 2025 face au Cameroun, avec des idées claires et un objectif précis. Réaliste sans être frileux, ambitieux sans être présomptueux, Mouyouma incarne ce nouveau Gabon qui ne veut plus se contenter de promesses. À Maroc 2025, les Panthères n’ont peut-être pas l’étiquette de favoris, mais elles avancent avec une certitude. Celle de vouloir enfin écrire une autre histoire.
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À propos de l'auteur
El Hadji Malick SARR
Rédacteur sportif
Passionné de sport depuis toujours, partage avec vous les dernières actualités et analyses du monde sportif.
