
Un scénario fou a provoqué une explosion de joie dans tout le pays. Dans les rues de Ouagadougou, les supporters ont célébré ce "miracle de Noël", le match s'étant joué un 24 décembre 2025. Les vidéos des buts tardifs ont tourné en boucle, avec des commentaires comme "Les Étalons ne meurent jamais !" ou "Tapsoba, notre héros !". La persévérance de l'équipe, malgré une domination stérile pendant plus de 90 minutes, a été saluée comme un symbole de résilience burkinabè.
Entre satisfaction et remise en question du coaching
Cependant, derrière l'euphorie, les réactions des supporters restent mitigées, voire critiques envers la prestation globale et les choix tactiques du sélectionneur Brama Traoré. Malgré la supériorité numérique et une possession écrasante, les Étalons du Burkina Faso ont peiné à concrétiser, manquant de percussion et d'efficacité devant le but. Un supporter exprime ainsi sa déception : « Malgré les matchs amicaux et matchs éliminatoires du mondial qu'on a joués, l'entraîneur n'a toujours pas une équipe type. C'est vraiment décevant. »
Un autre pointe du doigt le manque de joueurs impactants : « Il faut des joueurs percutants comme Cyriaque Irié et Georgi Minoungou sinon posséder ballon sans concrétisation ça vaut pas mieux qu'un puits sans eau. Je sens que Landry Kaboré se met la pression lui, car pour lui on l'attend beaucoup à la CAN, non on attend beaucoup de tous les joueurs .»
D'autres appellent à plus de flexibilité dans les choix : « Félicitations aux Étalons du Burkina Faso, mais le coach doit comprendre et accepter que parfois une sélection nationale c'est aussi la forme du moment, quand les anciens ne donnent pas bien il faut donner la chance aux autres. » ou encore : « Que Brama Traoré comprenne que la forme joue un rôle capital dans une sélection de même revoir le onze du départ ce n'est pas aligné Bertrand Traoré et Dango Ouattara à tout moment. » Enfin, un commentaire résume le sentiment général : « Certes on a gagné mais il faudra revoir l'utilisation des joueurs.... »
Brama Traoré : « Le plus important c’était d’avoir l’enfant »
Ces voix reflètent une passion intacte mais une exigence élevée. Les supporters burkinabè reconnaissent que les entrants comme Cyriaque Irié, passeur décisif sur le but victorieux d'Edmond Tapsoba et Georgi Minoungou, buteur égalisateur, ont changé la donne, validant ainsi l'idée que la "forme du moment" doit primer. Bertrand Traoré et Dango Ouattara, souvent titularisés, n'ont pas brillé comme attendu, tandis que Pierre Landry Kabore semble porter un poids trop lourd même si durant ce match, il n'a pas été servi comme prévu.
Cette victoire "par césarienne", comme l'a qualifiée un journaliste en conférence de presse et à laquelle Brama Traoré a répondu : « Le plus important c’était d’avoir l’enfant», offre trois points précieux mais sonne comme un avertissement. Face à l'Algérie lors de la prochaine journée, les Étalons du Burkina Faso devront montrer plus de fluidité et de réalisme pour éviter de nouvelles frayeurs.
Les burkinabè rêvent d'un parcours similaire à 2013 (ils avaient atteint la finale) ou plus récemment, demi-finale en 2021. Pour cela, le sélectionneur Brama Traoré devra écouter ces critiques constructives et ajuster son onze. La CAN ne fait que commencer, et les supporters, toujours fidèles, attendent plus qu'une simple victoire arrachée : ils veulent voir une équipe conquérante.
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À propos de l'auteur
Ablam GNAMESSO
Rédacteur sportif
Reporter sportif et journaliste tout terrain. Membre AIPS et jury des IFFHS Awards.
