
Né en France dans une famille marocaine immigrée, Walid Regragui a grandi dans une culture où le ballon n’était pas un simple jeu, mais un trait d’union identitaire. L’ancien latéral droit connaît l’histoire de sa sélection jusque dans ses blessures les plus profondes.
En 2004, en finale de la CAN face au pays hôte tunisien, il est titulaire sur le couloir droit. Le Maroc s’incline (1–2). Une désillusion marquante pour un joueur à la mentalité de compétiteur. Regragui en garde la cicatrice, mais surtout une conviction : la défaite n’est jamais une fatalité, à condition d’en faire un moteur. C’est cet état d’esprit qu’il a cultivé dans ses expériences sur le banc dans le championnat local notamment au Wydad Casablanca, où il marque l’histoire avec une saison exceptionnelle, mais aussi à l’étranger, au Al-Duhail au Qatar. Regragui est de ceux qui apprennent vite, qui forment, adaptent, simplifient, densifient. Il ne construit pas des équipes, il construit des convictions.
L’homme de l’exploit mondial
Sa notoriété bascule dans une autre dimension en 2022. Quelques mois seulement après sa prise de fonctions, il conduit le Maroc jusqu’en demi-finale de la Coupe du monde au Qatar, une première dans l’histoire du football africain et arabe.
Quatrième au terme d’une épopée inédite, Regragui devient le symbole d’une sélection qui ne s’excuse plus d’être ambitieuse. L’entraîneur marocain est aujourd’hui le seul sélectionneur à avoir guidé une équipe africaine aussi loin sur la scène mondiale. Une trace indélébile gravée dans un tournoi où les Lions de l’Atlas ont ébranlé les hiérarchies.

Un style fait de rigueur, de vitesse et d’ascendant psychologique
Le football selon Regragui puise sa force dans une organisation défensive compacte, où la discipline est non négociable. Il prône un bloc solide, exige une concentration permanente, et préfère le pragmatisme à l’esthétique. Cette rigueur n’annule pas l’ambition. Elle la prépare. Le Maroc version Regragui attaque vite, explose dans les espaces, frappe au moment exact où l’adversaire se découvre. Les transitions sont millimétrées, façonnées par la vitesse et le rythme, moteurs essentiels de son projet de jeu.
Ce choix, loin d’être conservateur, est stratégique. Pressing haut, harcèlement du porteur, projection immédiate. Regragui ne renonce jamais à dicter le tempo. C’est ainsi qu’il compense les limites, magnifie les forces et maintient ses joueurs mentalement au-dessus.
CAN 2023 : le choc et la leçon
En Côte d’Ivoire, lors de la CAN 2023, le Maroc arrive conquérant et favori. Mais la compétition rappelle sa dureté. Les Lions de l’Atlas sont éliminés en huitièmes de finale par l’Afrique du Sud, mettant un terme brutal à leurs ambitions. Pour Regragui, le constat est que la désillusion doit devenir apprentissage. Il le dit sans détour : son équipe sait mieux qui elle est, ce qu’elle doit épurer, ce qu’elle doit assumer. La CAN 2025 n’est plus seulement un objectif, c’est un rattrapage, un devoir, une réponse.
À domicile, le Maroc n’a plus le choix
À quelques semaines de la compétition, le sélectionneur ne cache plus la couleur. Dans ses mots transparaissent confiance et ambition. « Il va falloir gagner la CAN. Nous avons progressé, rajeuni l’équipe, nous arrivons avec un bon état d’esprit. À domicile, nous serons compliqués à jouer » martèle le sélectionneur des Lions de l’Atlas.
La volonté est claire. Viser le titre, entrer dans l’histoire et transformer un élan national en couronnement continental. Le Maroc, qui évoluera dans le Groupe A en compagnie des Comores, du Mali et de la Zambie, ouvrira « sa » CAN le 21 décembre, dans un stade marocain acquis à sa cause. Une pression palpable, mais que Regragui accueille désormais avec sérénité.
Réécrire l’histoire et fermer la boucle
Regragui porte une charge symbolique. En 1976, le Maroc célébrait son unique couronne continentale. En 2004, il vivait la déception au plus près. En 2022, il inscrivait une page mondiale. Aujourd’hui, à la tête de l’équipe qu’il a portée, façonnée et modernisée, il a l’occasion rare de réconcilier le passé et le futur, de convertir l’espérance en titre, d’offrir à son pays l’accomplissement attendu depuis près de cinquante ans.
Pour Walid Regragui, la CAN 2025 n’est pas simplement une compétition. C’est une opportunité. Changer son histoire, changer celle de son peuple, et faire entrer le Maroc dans la cour des nations qui transforment leurs rêves en héritage.
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À propos de l'auteur
El Hadji Malick SARR
Rédacteur sportif
Passionné de sport depuis toujours, partage avec vous les dernières actualités et analyses du monde sportif.
