CAN 2027 : Patrick Vieira, un premier rendez-vous manqué

Pour son premier match officiel à la tête du Sénégal, Patrick Vieira a dû se contenter d’un nul (1-1) face au Mozambique, vendredi à Maputo, lors de la première journée des éliminatoires de la CAN 2027. Une entrée en matière frustrante pour le nouveau sélectionneur, confronté d’emblée aux réalités d’un déplacement africain et à une équipe encore en construction.

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CAN 2027 :  Patrick Vieira, un premier rendez-vous manqué

Patrick Vieira attendait certainement autre chose pour son premier rendez-vous officiel avec le Sénégal. Mais pour son baptême du feu, le technicien franco-sénégalais a été plongé directement dans une situation particulièrement exigeante. Un déplacement à Maputo, une pelouse compliquée, un adversaire regroupé et un effectif privé de plusieurs de ses principaux cadres. Tous les ingrédients étaient réunis pour transformer cette première sortie en véritable test.

Le Sénégal avait pourtant pris le match par le bon bout. Sur une pelouse difficile du stade national de Zimpeto, les Lions ont affiché de bonnes intentions dans le premier acte et ont progressivement pris le contrôle des débats. La récompense est intervenue à la 32e minute avec Nicolas Jackson, servi par Abdallah Sima. Mais alors que le Sénégal semblait pouvoir rejoindre les vestiaires avec cet avantage, Geny Catamo a remis les deux équipes à égalité dans le temps additionnel de la première période, d’une frappe puissante depuis l’extérieur de la surface.

La seconde période a ensuite révélé les limites du Sénégal. Les hommes de Vieira ont conservé une possession importante, mais sans parvenir à véritablement désorganiser un bloc mozambicain bien regroupé. Le jeu est devenu plus heurté et les solutions offensives se sont raréfiées. Le sélectionneur a tenté d’apporter du sang neuf, notamment avec l’entrée d’Idrissa Gana Guèye, mais les Lions n’ont jamais retrouvé la fluidité de leur première période.

Une première qui rappelle les réalités du continent

Pour Vieira, cette rencontre avait aussi une valeur particulière. Ancien joueur de très haut niveau en Europe, il disputait à Maputo son premier match comme sélectionneur d’une équipe nationale et, surtout, sa première rencontre officielle sur le continent africain à ce poste. Le contexte était donc nouveau pour lui. Et il a découvert immédiatement l’une des caractéristiques des compétitions africaines : un déplacement ne se résume pas à la différence de niveau entre deux effectifs.

Le Sénégal aurait dû initialement recevoir le Mozambique à Dakar. La rencontre a finalement été déplacée à Maputo en raison de l’indisponibilité du stade Abdoulaye Wade, mobilisé pour les Jeux olympiques de la Jeunesse, et de l’état de la pelouse du stade Léopold Sédar Senghor. Le Sénégal s’est donc retrouvé à jouer à l’extérieur une rencontre qui devait se dérouler à domicile. À cela s’est ajoutée une pelouse difficile, qui n’a pas favorisé les équipes souhaitant développer un jeu rapide et précis.

Dans ce type de contexte, la maîtrise technique ne suffit pas toujours. Il faut également savoir gérer le rythme, les duels, les temps faibles et la pression d’un public acquis à l’adversaire. Le Mozambique a parfaitement exploité cette configuration pour conserver le point du nul.

Vieira, lui, a reconnu les insuffisances de son équipe sans chercher d’excuses. « Il y a évidemment des regrets. Je pense qu’on méritait mieux sur la première période », a-t-il déclaré après la rencontre. Le sélectionneur a également estimé que cette première sortie avait permis d’identifier les secteurs à corriger. « On a identifié les manquements et on va les combler avec le travail », a-t-il assuré.

Un Sénégal encore privé de plusieurs repères

Cette première sortie doit aussi être replacée dans son contexte. Vieira ne disposait pas de tous les repères de la sélection sénégalaise des dernières années. Édouard Mendy a quitté la scène internationale après sa retraite avec les Lions. À Maputo, c’est Yehvann Diouf qui a débuté dans les buts, avec la lourde responsabilité d’assurer la succession de l’ancien portier de Chelsea.

Autre choix fort du nouveau sélectionneur : Kalidou Koulibaly a commencé sur le banc, tandis qu’Idrissa Gana Guèye n’est entré qu’en seconde période. Moussa Niakhaté a ainsi porté le brassard de capitaine. Sadio Mané, autre figure majeure de la sélection, était lui absent en raison d’un problème physique. Ces absences et ces choix traduisent aussi la volonté de Vieira de commencer à installer ses propres repères. Le nouveau sélectionneur doit désormais construire une équipe capable de maintenir son niveau de performance tout en intégrant progressivement une nouvelle génération.

Le premier match a d’ailleurs offert quelques signes encourageants. Le Sénégal a montré de l’intensité et de bonnes intentions avant la pause, avec des associations intéressantes entre Abdallah Sima et Nicolas Jackson. Mais l’équipe a perdu en maîtrise après l’égalisation mozambicaine. Le problème n’est donc pas seulement celui de l’efficacité offensive. Il concerne également la capacité à gérer les différentes phases d’un match et à trouver des solutions lorsque le scénario devient moins favorable. Vieira le sait.

« C’était important de poser des fondations », a-t-il expliqué après la rencontre, tout en estimant que son équipe était « sur la bonne voie » dans l’attitude et l’engagement. Pour le Sénégal, ce premier point n’a donc rien d’un résultat catastrophique, mais il ne constitue pas non plus le départ espéré. Le champion d’Afrique devra rapidement élever son niveau de maîtrise, car le calendrier ne laisse guère de temps au nouveau sélectionneur pour installer son projet. Mardi, les Lions se déplaceront encore, cette fois en Éthiopie, pour leur deuxième rencontre des éliminatoires.

Deux déplacements pour commencer, deux contextes différents, mais une même exigence : apprendre rapidement à gagner dans des environnements où le statut du Sénégal ne suffit pas. Pour Vieira, le véritable travail commence désormais.

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À propos de l'auteur

El Hadji Malick SARR

El Hadji Malick SARR

Rédacteur sportif

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