CAN 2027 (Q) : Vieira, Renard, Mosimane, déjà des enseignements

Les deux premières journées des éliminatoires de la CAN 2027 ont permis de mesurer les premiers contours du travail de Patrick Vieira avec le Sénégal et d’Hervé Renard avec la Côte d’Ivoire. En Afrique du Sud, Pitso Mosimane n’a, pour sa part, disputé qu’une seule rencontre, remportée face à la Guinée. Des résultats positifs, mais aussi des signes de transition et plusieurs interrogations qui devront être levées lors des prochaines sorties.

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CAN 2027 (Q) : Vieira, Renard, Mosimane, déjà des enseignements

La première fenêtre des éliminatoires de la CAN 2027 a déjà livré quelques indications sur les nouvelles dynamiques à la tête de plusieurs sélections majeures du continent. Patrick Vieira, Hervé Renard et Pitso Mosimane ont tous lancé leur nouvelle aventure par une victoire, mais dans des contextes et avec des contenus différents.

Pour Vieira, arrivé à la tête du Sénégal après la Coupe du monde, les deux premières journées ont surtout permis de mesurer la difficulté du chantier. Un nul au Mozambique (1-1), puis une victoire en Éthiopie (1-0) ont offert quatre points aux Lions, mais sans encore dégager une maîtrise collective constante.

En Côte d’Ivoire, Hervé Renard a également signé deux succès, contre le Ghana (2-0) puis la Somalie (2-0). Le bilan comptable est donc parfait, même si la seconde rencontre a révélé des problèmes d’efficacité et de concentration que le sélectionneur français n’a pas cherché à masquer.

En Afrique du Sud, la situation est différente. Pitso Mosimane n’a dirigé qu’une seule rencontre depuis son retour sur le banc des Bafana Bafana. Sa victoire contre la Guinée (2-1) constitue une première base de travail, mais il serait prématuré d’en tirer des conclusions définitives sur son projet.

Vieira, quatre points mais une identité encore en construction

Patrick Vieira a rapidement cherché à imprimer une nouvelle identité au Sénégal. Après un 4-2-3-1 contre le Mozambique, le technicien a adopté un 3-4-3 en Éthiopie, avec notamment Malang Sarr intégré dans une défense à trois et Ibrahim Mbaye utilisé dans un rôle de piston droit. Ce changement traduit la volonté du sélectionneur d’explorer plusieurs solutions dès ses premières sorties. Il traduit également un chantier encore ouvert.

Le Sénégal a été accroché par le Mozambique avant de souffrir considérablement en seconde période en Éthiopie, malgré l’ouverture rapide du score d’Ibrahim Mbaye. Le but du jeune attaquant, servi par Nicolas Jackson, a permis aux Lions de prendre l’avantage dès la 11e minute. Mais cette avance n’a pas débouché sur une maîtrise durable. Les Éthiopiens ont progressivement pris le contrôle du match et Yéhvann Diouf a dû intervenir à plusieurs reprises, notamment sur une tête à bout portant à l’heure de jeu. Cette capacité à résister constitue néanmoins un élément important pour Vieira. Son équipe a conservé son avantage et obtenu trois points précieux dans un déplacement compliqué.

Le sélectionneur devra désormais transformer cette solidité dans les moments difficiles en véritable maîtrise collective. Les choix de Vieira dessinent également une évolution dans la hiérarchie. Moussa Niakhaté a conservé le brassard, tandis que Kalidou Koulibaly est resté sur le banc et qu’Idrissa Gana Gueye est entré en cours de match. Le lancement de Malang Sarr et l’utilisation de jeunes joueurs comme Ibrahim Mbaye et Bara Sapoko Ndiaye témoignent d’une volonté de renouvellement. Le prochain rendez-vous, même amical contre les Comores, permettra surtout de poursuivre cette recherche d’équilibre entre expérience, renouvellement et principes de jeu.

Renard, un bilan parfait mais une efficacité à corriger

Hervé Renard a retrouvé le banc ivoirien avec deux victoires en deux journées. Après le succès relativement maîtrisé contre le Ghana, les Éléphants ont éprouvé davantage de difficultés face à la Somalie. La Côte d’Ivoire a largement dominé territorialement, mais a longtemps buté sur un bloc somalien très regroupé.

Les occasions manquées ont entretenu le doute jusqu’aux dernières minutes. Yann Gboho a finalement débloqué la situation à la 89e minute, avant que Bazoumana Touré ne double la mise dans le temps additionnel. Le score de 2-0 ne raconte donc qu’une partie de la rencontre. Renard a lui-même insisté sur la « suffisance » et la maladresse de ses joueurs, tout en reconnaissant que son équipe avait manqué plusieurs occasions franches. Cette sortie montre cependant une autre caractéristique de ce début de mandat : la capacité du banc à apporter des solutions. Gboho et Bazoumana Touré, deux joueurs présents dans une première liste largement renouvelée, ont directement participé à la victoire après leur entrée en jeu.

Renard dispose donc déjà d’un socle comptable solide avec six points et aucun but encaissé. Mais la question de l’efficacité offensive et de la capacité à faire sauter rapidement les blocs bas reste posée. Face à des adversaires d’un niveau supérieur, les occasions manquées pourraient peser davantage.

Mosimane, une première victoire et beaucoup de zones à éclaircir

Pour Pitso Mosimane, le bilan doit être lu avec davantage de prudence puisque l’Afrique du Sud n’a disputé qu’un seul match à ce stade. Les Bafana Bafana ont battu la Guinée 2-1 à Johannesburg, avec des buts d’Ime Okon et Samukele Kabini. Ce premier rendez-vous a surtout montré une équipe en transition. Mosimane n’a disposé que d’une semaine pour travailler avec son groupe et plusieurs séquences ont révélé une formation encore hésitante dans ses mécanismes, notamment dans la gestion des transitions et dans les équilibres défensifs.

La Guinée a réussi à poser des problèmes aux Sud-Africains, notamment lorsque son pressing a perturbé la première relance. Certains joueurs semblaient encore chercher le bon positionnement entre leurs responsabilités offensives et défensives. Mais l’Afrique du Sud a également retrouvé des caractéristiques qui avaient marqué ses dernières campagnes : caractère, capacité à réagir et importance de certains cadres. Après l’égalisation guinéenne, les Bafana Bafana ont repris l’initiative jusqu’au but de Kabini.

Le gardien Ronwen Williams a également joué un rôle important dans cette première victoire, tandis que Sphephelo Sithole a rappelé son influence au milieu de terrain après ses problèmes physiques des dernières années. Mosimane dispose donc d’une première victoire qui lui offre une base positive, mais son équipe doit encore clarifier son identité. La deuxième sortie, contre l’Érythrée, fournira déjà des indications supplémentaires sur la vitesse à laquelle le technicien peut installer ses principes.

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À propos de l'auteur

El Hadji Malick SARR

El Hadji Malick SARR

Rédacteur sportif

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