
Le monde du football africain s’est réveillé dans une certaine confusion ce lundi. Tout a commencé lors de la prestigieuse cérémonie des Hollywoodbets Super League Awards, où l’élite du football féminin sud-africain était réunie. Invitée au micro de la chaîne nationale SABC, la vice-ministre des Sports, Bertha Peace Mabe, a lâché une bombe médiatique en affirmant que l'Afrique du Sud allait abriter la compétition en mars prochain.
« Le Maroc n'est pas disponible »
Avec une assurance déconcertante, la représentante du gouvernement a déclaré : « L'Afrique du Sud va abriter la CAN féminine 2026. Quand le Maroc a dit qu'il n'était pas disponible, nous avons saisi l'opportunité. Nous avons déjà prouvé avec le G20 que nous pouvons organiser de grands événements. »
L’information, relayée instantanément par les agences de presse internationales, a provoqué une onde de choc. Au Maroc, pays hôte désigné et pilier du football continental, la stupeur a rapidement laissé place à l’incompréhension, aucune communication de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) n'ayant corroboré pour l'heure un quelconque retrait.
Rétropédalage nocturne du ministère
Face à l’ampleur de la polémique et au risque d'incident diplomatique avec Rabat, le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, a dû éteindre l’incendie en urgence dans la nuit. Dans un communiqué officiel diffusé quelques heures plus tard, Pretoria a radicalement nuancé les propos de la vice-ministre.
Le ministère a précisé que, bien que des discussions de « planification d'urgence » aient eu lieu avec la CAF, rien n'est officiel. « L’Afrique du Sud a exprimé sa volonté de soutenir la CAF, si nécessaire, dans l’éventualité où des dispositions alternatives d’organisation pour la CAN féminine 2026 deviendraient nécessaires. Ces échanges s’inscrivent dans le cadre de discussions en cours initiées par la CAF, alors qu’elle étudie différentes éventualités conformément à sa responsabilité de bonne gouvernance du football continental (...) Le Maroc reste le pays hôte désigné», peut-on lire dans la mise au point ministérielle. Un rétropédalage en règle qui trahit une précipitation évidente au sommet de l’État sud-africain.
Une CAF murée dans le silence
Au cœur de cette confusion, la Confédération africaine de football reste, pour l'heure, silencieuse. Cet imbroglio soulève néanmoins des questions persistantes sur les coulisses de l'organisation. Si Pretoria se tient « prête », est-ce le signe que le Maroc rencontre des difficultés logistiques réelles pour tenir les délais de mars 2026 ? Difficile à croire après l'organisation réussie de la CAN 2025.
A moins que le Royaume ne soit plus enclin à venir en aide à la CAF, après les sanctions prononcées contre la fédération et les joueurs Achraf Hakimi et Ismael Saibari après la finale houleuse ? Ou alors, s'agit-il d'un simple excès de zèle politique de la part de la vice-ministre sud-africaine ?
Une chose est certaine : à moins de deux mois du coup d'envoi théorique de la compétition (qui doit débuter le 17 mars), ce flou qui entoure désormais le pays hôte de cette édition 2026 de la CAN Féminine n'a pas fini de faire parler.
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À propos de l'auteur
Mansour LOUM
Rédacteur sportif
Le football africain et ses coulisses. Analyse le niveau et les défis du sport africain.
