
Une vague de démissions inattendue
Le 9 janvier dernier, l’équipe nationale du Mali est éliminée par le Sénégal au stade des quarts de finale de la CAN 2025 au terme d’un parcours sans la moindre victoire. Quatre jours plus tard, c’est la Fédération qui vacille lorsque l’on apprend une première vague de démissions de 10 membres du comité exécutif de la Fédération malienne. Parmi eux, le président Mamoutou Touré « Bavieux », ainsi que ses vice-présidents font partie des démissionnaires. Quelques jours plus tard. Ils seront rejoints par les 9 autres membres restants.
Cette double vague de démissions au sein de l’instance dirigeante du football malien acte ainsi la fin du mandat du président « Bavieux » à qui il restait encore un an et demi. La genèse de cette situation nous ramène à l’élection en 2019 du président Mamoutou Touré « Bavieux » comme président de la FEMAFOOT. L’ancien directeur administratif et financier de l'Assemblée nationale malienne n’était pas le candidat du régime du Président de la République de l’époque, Ibrahim Boubacar Keïta.
En 2023, il est réélu alors qu’il venait d’être inculpé par le régime militaire pour détournement de deniers publics d’un montant de 28 millions de dollars lors de son passage à l’hémicycle de 2013 à 2019. Pendant son absence, c’était donc le premier vice-président Moussa Sylvain Diakité qui a assuré l’intérim de la présidence.
Le spectre d’un comité de normalisation
Les textes de la Fédération malienne indiquent que le départ d’une majorité absolue des membres du Comité exécutif provoque la dissolution immédiate du bureau exécutif. Plusieurs versions sur les raisons de ces défections affluent du côté de Bamako. Joints par Sport News Africa, les membres démissionnaires ont préféré différer leur réaction à plus tard. Le ministère des Sports à travers la direction nationale des sports a convié à une réunion le 12 février, les présidents des clubs, membres statutaires de l’assemblée générale élective.
En attendant cette rencontre entre la tutelle et les dirigeants du football malien, une délégation de la FIFA est attendue dans les prochains jours dans la capitale malienne. Cette visite de l’instance dirigeante du football mondial devrait acter le maintien du secrétaire général de la FEMAFOOT pour la gestion des affaires courantes, l’organisation d’une assemblée générale d’urgence pour élire un nouveau président et un nouveau bureau exécutif. Tout en espérant que le Mali ne tombe de nouveau sous bannière d’un comité de normalisation comme cela a été le cas avec Sidy Diallo en 2017.
Saintfiet dans l’expectative
Même si cela ne peut en être la seule cause, le parcours mitigé de la sélection malienne à la dernière Coupe d’Afrique des nations n’a pas aidé à réconcilier les acteurs du football malien. Cet imbroglio autour de la FEMAFOOT fragilise davantage l’avenir de Tom Saintfiet. Le sélectionneur belge des Aigles, déjà très contesté, s’était montré évasif quant à son avenir à la tête de cette sélection. « J’ai encore deux mois avant le prochain rassemblement. Je saurai si je suis toujours sélectionneur (…) J’ai appris sur le net que toute la Fédération a démissionné mais personne ne m’a rien dit », s’était fendu le technicien de 52 ans lors d’un entretien accordé à la RTBF.
En attendant, le championnat national suit son cours avec une co-gestion par le secrétariat général de la FEMAFOOT et la commission ad hoc mise en place pour le championnat professionnel. Les performances actuelles du Stade Malien en Ligue des champions de la CAF apparaissent en trompe-l’œil sur l’état actuel du football malien. Les nuages s’assombrissent au-dessus de l’avenir d’un football qui a souvent fait preuve de résilience malgré des moyens limités et une atmosphère loin d’être propice à la performance.
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À propos de l'auteur
Moustapha SADIO
Rédacteur sportif
Passionné de sport depuis toujours, partage avec vous les dernières actualités et analyses du monde sportif.
