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Ismaëlo Ganiou : le Burkina Faso face à une nouvelle perte binationale

Défenseur central prometteur du RC Lens, Ismaëlo Ganiou (20 ans) s’impose comme l’une des révélations de la saison en Ligue 1. Auteur de 10 apparitions et 2 buts cette saison, le joueur a connu une ascension fulgurante après un prêt formateur à Annecy. Né de parents burkinabè, il possède la double nationalité (française et burkinabé) et a honoré une sélection en A avec les Étalons en juin 2025 jouant 28 minutes lors d’un amical contre le Zimbabwe.

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Ismaëlo Ganiou : le Burkina Faso face à une nouvelle perte binationale

Absent de la liste pour la CAN 2025, suite a une décision de l’ex-sélectionneur Brama Traoré qui l’avait jugé « trop tendre », le jeune Lensois, Ismaëlo Ganiou, a récemment exprimé une ambition qui fait débat au Burkina Faso : rejoindre l’équipe de France Espoirs.

Dans une interview accordée à Lensois.com après la victoire 3-1 de Lens contre Rennes le 7 février 2026, Ismaëlo Ganiou déclarait : « J’essaie de garder les pieds sur terre. Sur le plan personnel, j’ai des objectifs, et l’équipe de France Espoirs en fait partie. C’est quelque chose qui m’attire. Je donne le maximum et j’espère pouvoir atteindre d’ici la fin de la saison. » Cette prise de parole, loin d’être anodine, ouvre la porte à un changement de nationalité sportive. Ayant disputé seulement un match amical qui est non officiel en compétitions FIFA majeures, Ismaëlo Ganiou reste éligible pour les Bleuets de la France selon les règles en vigueur.

Ambition personnelle ou message à la Fédération burkinabè ?

Au Burkina Faso, les réactions sont contrastées et reflètent un mélange de compréhension, de déception et d’autocritique. Roger Mitbkieta adopte un ton exigeant : « Voulait-il porter le maillot du Burkina Faso ou celui de Brama Traoré ? Si c’était réellement le maillot du Burkina qu’il voulait, alors il reviendra le porter avec toute la dignité patriotique. »

« Nous n’avons pas été honnêtes avec lui en ne faisant pas confiance à son talent. »

Idrissou Zaba, plus nuancé, pointe les responsabilités de la Fédération burkinabè de football (FBF) : « Il a de la vision. Il voulait représenter dignement le Burkina Faso, mais le Burkina, à son tour, ne l’a pas voulu. Il est donc libre de choisir là où il veut jouer maintenant. C’est comme ça qu’on a fait, et Alban Lafont a changé de nationalité. Il faut que nous changions notre manière de gérer les binationaux. Je remercie Brama pour tout. » 

Salomon Nikiema voit dans cette situation une opportunité de leçon : « À quelque chose malheur est bon. Nous n’avons pas été honnêtes avec lui en ne faisant pas confiance à son talent. C'est réellement pendant la CAN qu’il a progressé et qu’il s’est imposé comme titulaire indiscutable. S’il était venu plus tôt, il n’aurait probablement pas eu cette continuité. Nous avons aujourd’hui l’occasion de réparer cette injustice à son égard, mais s’il choisit l’équipe de France Espoirs, souhaitons-lui une belle carrière. »

Un choix qui interroge le patriotisme d’Ismaëlo Ganiou

Parmi les supporters des Étalons, les avis divergent. Certains y voient un électrochoc salutaire : « Ce choix n’est pas une trahison, mais un message fort. Il a été minimisé par l’ancien staff et opte aujourd’hui pour les Espoirs de France. Pour moi, c’est une manière de montrer sa valeur réelle et de mettre la pression sur la fédération. Il sera des nôtres très prochainement. »

D’autres expriment une déception patriotique : « Le Burkina Faso a besoin de ses filles et de ses fils pour aller de l’avant. Celui qui préfère un autre drapeau, c’est son choix. La déception de ne pas jouer une CAN à seulement 20 ans ne doit pas justifier le fait de tourner le dos à son pays. D’autres combats arrivent pour les Étalons. Mieux vaut être seul que mal accompagné. Bonne chance à lui. La patrie ou la mort, nous vaincrons. » Un troisième supporter tempère : « Très sage. Cette décision contribuera à une réflexion profonde sur notre football, et des décisions pertinentes pourront en découler. Parfois, dans la vie, les conséquences peuvent aussi être positives, car elles permettent une meilleure compréhension des véritables causes. »

Au final, l’affaire Ismaëlo Ganiou dépasse le cas individuel. Elle interroge la gestion des binationaux par la Fédération burkinabè de football (FBF), les critères de sélection et la capacité à retenir les talents formés à l’étranger. Si Ismaëlo Ganiou venait à opter définitivement pour la France Espoirs, ce serait un nouveau signal d’alarme à l’image d’Alban Lafont pour un pays qui a tant besoin de ses pépites pour briller sur la scène continentale.

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À propos de l'auteur

Ablam GNAMESSO

Ablam GNAMESSO

Rédacteur sportif

Reporter sportif et journaliste tout terrain. Membre AIPS et jury des IFFHS Awards.

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