Jeux du Commonwealth 2026 : le Cameroun déjà rattrapé par ses vieux démons

Les Jeux du Commonwealth 2026 ont débuté sur une note amère pour le Cameroun. Écartés avant même leur entrée en lice, trois boxeurs camerounais sont les premières victimes visibles d’une crise de gouvernance qui fragilise la Fédération nationale depuis 2022.

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Jeux du Commonwealth 2026 : le Cameroun déjà rattrapé par ses vieux démons

La délégation camerounaise n'avait pas encore véritablement lancé sa campagne aux Jeux du Commonwealth de Glasgow qu'elle enregistrait déjà une lourde déconvenue. Trois boxeurs initialement retenus pour représenter le pays ont finalement été exclus de la compétition avant même leur entrée en lice. Il s'agit de Fotouo Totap Junior, Baguiguna A Beb Georges et Bindzi Ongbibou Mireille Noelle. Si aucun communiqué officiel des autorités sportives camerounaises n'est venu expliquer cette éviction, les raisons trouvent leur origine bien loin des rings écossais.

Une exclusion décidée en coulisses

Selon les informations recueillies par Sport News Africa, le retrait des trois pugilistes résulte directement de la crise de gouvernance qui secoue la Fédération camerounaise de boxe (Fécaboxe) depuis près de quatre ans. Au cœur du dossier figure le refus de World Boxing de reconnaître l'actuel bureau exécutif de la fédération. L'instance mondiale de boxe aurait adressé une correspondance officielle au comité d'organisation des Jeux du Commonwealth afin de demander l'exclusion des boxeurs camerounais, estimant que leur engagement n'avait pas été validé par des dirigeants qu'elle considère comme légitimes.

« Les athlètes payent le prix d'un conflit qui les dépasse. Tout était prêt pour leur participation, mais la décision de World Boxing est tombée avant leur entrée en lice. C'est une immense frustration pour eux comme pour toute la délégation », confie un membre de l'encadrement de la délégation camerounaise présent à Glasgow. Ainsi, cette exclusion réduit la délégation camerounaise de 24 à 21 athlètes et prive le pays d'une discipline qui a longtemps constitué l'un de ses principaux viviers de médailles sur la scène internationale.

Crise sans fin

Cette nouvelle déconvenue internationale est l’aboutissement d’une crise ouverte à la Fédération camerounaise de boxe depuis le lancement du processus électoral, en décembre 2022. Les tensions se sont accentuées en 2023 autour de la candidature du président sortant Bertrand Mendouga, contestée par une partie des acteurs de la discipline qui dénonçaient un cumul de fonctions avec la présidence de la Confédération africaine de boxe qu’il occupait à l’époque. Face à l'impasse, le ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi, avait successivement instauré un Comité provisoire de gestion, puis, en janvier 2026, un comité de normalisation chargé de rétablir le dialogue, organiser des élections consensuelles et restaurer la crédibilité de la fédération dans un délai de six mois.

Malgré ces initiatives, les divisions internes persistent. Luttes de leadership, rivalités entre dirigeants et contestation de la légitimité des instances dirigeantes continuent d'alimenter une instabilité chronique. C'est précisément cette absence de gouvernance reconnue qui a conduit World Boxing à ne pas valider les représentants camerounais pour Glasgow. « Lorsqu'une fédération perd sa crédibilité auprès des instances internationales, ce ne sont jamais les dirigeants qui sont les premiers sanctionnés. Ce sont toujours les sportifs. Le Cameroun donne une nouvelle fois l'image d'un pays où les conflits administratifs finissent par neutraliser les performances de ses athlètes », analyse un journaliste sportif camerounais, pour qui « la Fédé de boxe paie aujourd'hui des années d'immobilisme administratif ».

Cette défection oblige désormais le Cameroun à revoir ses ambitions. Jusqu'au 2 août, les espoirs de podium reposent principalement sur l'haltérophilie, le judo et l'athlétisme. Champion des Jeux du Commonwealth de Birmingham en 2022 chez les moins de 109 kg, l’haltérophile Junior Periclex Ngadja Nyabeyeu apparaît comme l'une des meilleures chances de médaille. Emmanuel Eseme sur 100 mètres, Richelle Anita Soppi Mbella en judo ou encore les représentants du para-athlétisme et du para-powerlifting devront également porter les ambitions d'une délégation privée d'une discipline historiquement performante.

 

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À propos de l'auteur

Arthur WANDJI

Arthur WANDJI

Rédacteur sportif

Correspondant SNA au Cameroun et Gabon. Spécialiste des Lions Indomptables.

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