Jonathan Kuminga snobe les Lakers pour Minnesota : le pari sportif du Congolais

Un an après son arrivée à Atlanta, Jonathan Kuminga a déjà tourné la page. Non conservé par les Hawks, qui ont refusé de lever son option à 24,3 millions de dollars, l'ailier-fort congolais est reparti sur le marché de la free agency cet été. Et le choix qu'il a fait a surpris une bonne partie de la ligue : plutôt que de rejoindre les Lakers, qui lui tendaient les bras avec un pont d'or, il a préféré s'engager avec les Wolves.

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Jonathan Kuminga snobe les Lakers pour Minnesota : le pari sportif du Congolais

Sur le papier, l'offre de Los Angeles était de loin la meilleure. Rob Pelinka et JJ Redick lui promettaient un poste de titulaire à l'aile-forte aux côtés de Luka Dončić et Austin Reaves, dans un rôle taillé pour exploiter son athlétisme, sur une franchise en quête d'un profil plus explosif après le départ de LeBron James à Philadelphie. Financièrement, le deal via sign-and-trade dépassait les 12 millions de dollars par an, sur trois saisons.

Minnesota, de son côté, ne pouvait offrir qu'un contrat sur deux ans avec option joueur pour la seconde année, et un salaire de départ autour de 6 millions de dollars. Le grand écart est net. Mais c'est précisément la structure du contrat qui a fait pencher la balance, selon les informations qui ont filtré ces derniers jours. Un sign-and-trade impose légalement un engagement minimum de trois ans, une contrainte que Kuminga refusait catégoriquement : il ne voulait pas hypothéquer son avenir sur un seul choix, aussi lucratif soit-il.

Son agent, Aaron Turner, a résumé la philosophie qui a guidé la décision : une fois l'argent mis de côté, c'est la situation basket qui a fait la différence, et Minnesota s'est montré plus convaincant sur ce terrain que Los Angeles.

Anthony Edwards en chef de file d'un recrutement personnel

Ce qui a fait basculer Jonathan Kuminga, ce n'est pas seulement une question de schéma tactique. C'est une opération de séduction menée en grande partie par Anthony Edwards en personne. Contrairement au discours des Lakers, centré sur l'attaque et les possessions offensives à créer pour lui, la superstar des Wolves a orienté son approche vers la défense, terrain sur lequel les deux joueurs se retrouvent. LaMelo Ball et Jaden McDaniels ont eux aussi pris contact directement avec le Congolais, tandis que le président des opérations basket Tim Connelly l'a rencontré autour d'un dîner à Miami, et que le propriétaire Alex Rodriguez s'est également invité dans la discussion.

Face à cette mobilisation, les Lakers, bien que sérieux dans leur pitch, sont restés sur un registre plus institutionnel : un plan de jeu solide porté par la direction, mais sans démarche aussi personnelle de la part des stars de l'effectif.

Pour boucler l'arrivée de Kuminga sous la seconde luxury tax apron, Minnesota a d'ailleurs dû se séparer de Josh Green, envoyé à Utah contre Cody Williams et John Konchar (ce dernier aussitôt coupé), afin de dégager l'espace salarial nécessaire à l'utilisation de la taxpayer mid-level exception. Un signe supplémentaire de l'importance que la franchise accordait à ce dossier.

Le pari d'un joueur qui veut enfin peser

Au-delà des chiffres et de la mécanique contractuelle, cette décision raconte surtout une trajectoire personnelle. Considéré il y a quelques années comme l'un des talents les plus prometteurs de sa génération à Golden State, Jonathan Kuminga a vu sa cote baisser d'année en année : refus d'une prolongation à 75,2 millions de dollars sur trois ans avec les Warriors, transfert vers Atlanta en cours de saison dernière, puis option non levée par les Hawks cet été.

En choisissant Minnesota, un contrat plus court et un rôle défini aux côtés de Rudy Gobert et McDaniels sur le plan défensif, il ne cherche pas la solution la plus confortable financièrement, mais la voie la plus rapide pour redevenir un joueur important dans une équipe qui compte vraiment. C'est le sens de cette prise de conscience : plutôt que d'empocher un chèque plus généreux dans un rôle qui restait à construire à Los Angeles, il mise sur lui-même, sur un an ou deux, pour prouver sa valeur et retourner sur le marché en position de force.

Reste à savoir si ce pari, salué en interne par des voix comme celle de Brian Windhorst qui le compare à la démarche d'un Fred VanVleet, se traduira sur le terrain. Mais l'intention est claire : Jonathan Kuminga ne veut plus être un simple nom sur une feuille de match, il veut redevenir une pièce maîtresse.

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À propos de l'auteur

Oumar WANE

Oumar WANE

Rédacteur sportif

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