
1- CAN 2025 au Maroc : le rendez-vous continental de l’année

La 35ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations s’est imposée comme l’événement sportif africain le plus médiatisé de 2025. Le Maroc accueille pour la deuxième fois de son histoire (après 1988) cette compétition phare du football africain, dans un format inédit : la première CAN de l’histoire à se dérouler pendant la période de Noël et du Nouvel An, du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026.
Ce calendrier exceptionnel résulte du conflit avec la nouvelle Coupe du Monde des Clubs FIFA élargie à 32 équipes, initialement prévue en juin-juillet 2025. La CAF a donc repositionné son tournoi vedette sur cette fenêtre hivernale, créant une configuration sans précédent pour les 24 nations qualifiées.
L’infrastructure déployée témoigne de l’ambition marocaine : 9 stades dans 6 villes, dont le Complexe Sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat (69 500 places) pour le match d’ouverture Maroc-Comores et la finale. Le pays a inauguré en novembre 2025 trois nouveaux stades en seulement deux jours, dont le Grand Stade Ibn Batouta de Tanger porté à 75 000 places, désormais le plus grand du royaume.
La dotation financière a considérablement augmenté : 7 millions de dollars pour le vainqueur (contre 4 millions en 2021), sur une enveloppe globale de 32 millions. Les favoris sont clairement identifiés : le Maroc, premier africain au classement FIFA (11ème mondial), cherche à mettre fin à 49 ans de disette (dernier titre en 1976), la Côte d’Ivoire championne en titre et l’Égypte de Mohamed Salah, septuple vainqueur historique.
Fait marquant : le Ghana, quadruple champion d’Afrique, a manqué la qualification pour la première fois depuis 2004, illustrant le renouvellement générationnel en cours sur le continent.
2- Qualifications Coupe du Monde 2026 : l’Afrique obtient un record de 9 places

L’élargissement de la Coupe du Monde à 48 équipes a offert à l’Afrique sa plus grande représentation de l’histoire : 9 places garanties, plus une dixième potentielle via les barrages intercontinentaux. Cette révolution quantitative s’est accompagnée de surprises majeures qui ont électrisé le continent tout au long de l’année.
Le Cap-Vert a créé l’événement le plus retentissant en obtenant sa première qualification en Coupe du Monde de son histoire, grâce à une victoire 1-0 contre le Cameroun en septembre 2025. Pour ce petit archipel de 600 000 habitants, cette qualification représente l’aboutissement d’un développement footballistique remarquable, passé de l’anonymat total à la scène mondiale en moins de deux décennies.
Les neuf équipes africaines directement qualifiées sont le Maroc, le Sénégal, l’Égypte, la Côte d’Ivoire, l’Algérie, la Tunisie, l’Afrique du Sud, le Ghana et le Cap-Vert. L’Algérie s’est distinguée avec 8 victoires en 10 matchs et le meilleur buteur des qualifications africaines : Mohamed Amoura avec 10 réalisations. La Tunisie a établi un record en se qualifiant pour sa 17ème compétition internationale consécutive.
Le choc de ces qualifications reste l’élimination du Nigeria et du Cameroun, deux géants historiques du football africain. Les Super Eagles ont perdu aux tirs au but contre la RD Congo lors de la finale des barrages organisés au Maroc en novembre 2025. La RDC, qualifiée pour les barrages intercontinentaux de mars 2026, peut encore devenir la dixième nation africaine au Mondial.
Les qualifications ont généré 259 matchs et 648 buts (2,5 buts par match en moyenne), confirmant le spectacle offensif du football africain.
3- Beatrice Chebet pulvérise la barrière des 14 minutes au 5000m

La soirée du 5 juillet 2025 au Prefontaine Classic d’Eugene (Oregon) restera gravée dans l’histoire de l’athlétisme mondial. La Kényane Beatrice Chebet est devenue la première femme de l’histoire à courir le 5000m en moins de 14 minutes, établissant un nouveau record du monde en 13:58.06.
Cette performance révolutionnaire abaisse de plus de deux secondes le précédent record de l’Éthiopienne Gudaf Tsegay (14:00.21, établit en 2023). Chebet, 25 ans, détient désormais les trois records du monde les plus prestigieux du fond féminin : 5000m, 10 000m (28:54.14) et 5 km sur route.
La même soirée, Faith Kipyegon a amélioré son propre record du monde du 1500m en 3:48.68, créant une nuit historique pour l’athlétisme kenyan. Kipyegon, 31 ans, a ainsi établi son troisième record mondial sur cette distance, confirmant son statut de plus grande demi-fondeuse de l’histoire avec ses 4 titres mondiaux consécutifs, un record absolu dans une épreuve de fond.
Aux Championnats du Monde de Tokyo (13-21 septembre 2025), l’Afrique a confirmé sa domination. Le Kenya s’est classé 2ème au tableau des médailles avec 118 points, derrière les États-Unis. Beatrice Chebet a réalisé le doublé 5000m-10000m, répétant son exploit olympique de Paris 2024.
Le Botswana a créé la sensation avec son premier titre mondial au 400m (Busang Collen Kebinatshipi en 43.53 secondes) et surtout son triomphe historique au 4x400m masculin, une première équipe africaine championne du monde dans cette épreuve, battant les États-Unis. Le gouvernement botswanais a décrété un jour férié national pour célébrer cet exploit.
Emmanuel Wanyonyi (Kenya), champion olympique et mondial du 800m à seulement 21 ans, a été élu World Athletics Track Athlete of the Year 2025.
4. Les Springboks écrivent l’histoire avec un double titre au Rugby Championship

L’équipe d’Afrique du Sud de rugby a accompli un exploit inédit dans l’histoire du pays : remporter le Rugby Championship pour la deuxième année consécutive. Jamais auparavant ni dans l’ère du Tri-Nations ni dans celle du Rugby Championship, les Springboks n’avaient enchaîné deux titres.
La victoire décisive est venue lors du dernier match contre l’Argentine à Twickenham (4 octobre 2025), sur le score de 29-27. Au classement final, l’Afrique du Sud devance la Nouvelle-Zélande avec une différence de points impressionnante (+57 contre +8). Les Springboks ont également conservé la Freedom Cup face aux All Blacks pour la première fois en 21 ans.
La saison 2025 des Springboks affiche un bilan remarquable avec des victoires contre toutes les grandes nations : 43 points marqués à Auckland, plus grand score d’une équipe visiteuse en Nouvelle-Zélande, et une tournée d’automne parfaite avec 5 victoires en 5 matchs, dont un 73-0 contre le Pays de Galles.
Les Springbok Women ont également marqué l’histoire lors de la Coupe du Monde en Angleterre. Pour la première fois, l’équipe féminine sud-africaine a atteint les quarts de finale, avec des victoires historiques contre le Brésil (66-6, 10 essais) et l’Italie (29-24). En quart, les Sud-Africaines accrochaient 10-10 la Nouvelle-Zélande à la mi-temps avant de s’incliner 17-46. L’équipe a grimpé de la 12ème à la 10ème place mondiale, son meilleur classement depuis 2011.
Ces performances collectives confirment l’Afrique du Sud comme la nation dominante du rugby mondial, toujours première au classement World Rugby. Le sélectionneur Rassie Erasmus a vu son contrat prolonger.
5- L’Angola triomphe à domicile : AfroBasket 2025, le sacre de tout un peuple

La 31ème édition de l’AfroBasket (12-24 août 2025) a offert l’un des moments d’émotion collective les plus intenses de l’année sportive africaine. L’Angola, quadruple fois hôte du tournoi, a remporté son 12ème titre continental, record absolu. Elle a dominé le Mali 70-43 en finale à Luanda.
Ce sacre met fin à 12 ans d’attente pour les Palancas Negras, dont le dernier titre remontait à 2013. L’équipe angolaise a réalisé un parcours parfait de 6 victoires en 6 matchs, seule formation invaincue du tournoi. Le fait que ce triomphe intervienne à domicile, devant un public angolais en fusion, a décuplé son impact émotionnel.
Childe Dundao, plus petit joueur du tournoi avec ses 1,68 m, a été élu MVP, symbole d’une équipe qui a su transcender les logiques physiques par son intelligence de jeu et sa cohésion collective. Le président João Lourenço, présent en tribunes pour la finale, a annoncé un programme de construction de 12 nouveaux gymnases à travers le pays pour capitaliser sur cet élan.
Le tournoi a rassemblé 16 nations entre Luanda et Moçâmedes. La Tunisie, qui présentait une série de 13 victoires consécutives depuis 2015, a été éliminée en phase de groupes, illustrant l’intensification de la compétition continentale.
La Basketball Africa League (BAL) 2025 a également marqué les esprits avec le sacre historique d’Al Ahli Tripoli, premier club libyen champion de la compétition lors de ses débuts dans le tournoi. Trois mois plus tard, le club libyen est devenu la première équipe africaine à atteindre le podium de la FIBA Continental Cup.
#Un continent qui s’affirme sur tous les terrains

L’année 2025 confirme plusieurs tendances structurantes pour le sport africain. Le Maroc s’impose comme le hub sportif continental, accueillant la CAN masculine, la CAN féminine (WAFCON, juillet 2025, remportée par le Nigeria 3-2 contre le pays hôte) et se préparant à co-organiser la Coupe du Monde 2030, deuxième Mondial sur le sol africain après celui de l’Afrique du Sud en 2010.
La professionnalisation des compétitions féminines s’accélère : la CAF a doublé la dotation du WAFCON (1 million de dollars pour le vainqueur) et augmenté de 52% les prix de la Ligue des Champions féminine. L’AS FAR (Maroc), vainqueur de cette dernière compétition, s’est qualifiée pour la première Coupe du Monde des Clubs féminine FIFA en 2026.
Sur le plan institutionnel, la CAF a annoncé son premier bénéfice depuis des années (9,48 millions de dollars), après avoir réduit un déficit initial de 45 millions. Patrice Motsepe a été réélu président sans opposition pour un second mandat.
Les Seychelles ont accueilli le premier Mondial de beach soccer organisé en Afrique (1-11 mai 2025), avec le Sénégal atteignant la 4ème place. Ces compétitions élargissent la cartographie sportive du continent au-delà des nations traditionnellement dominantes.
Dans le MMA, Dricus du Plessis a défendu avec succès son titre UFC middleweight en février avant de le perdre en août face à Khamzat Chimaev, confirmant l’émergence de l’Afrique du Sud dans les sports de combat de haut niveau.
L’année 2025 a démontré que l’Afrique ne se contente plus de participer : elle domine, innove et attire. Avec 9 équipes au Mondial 2026, des records du monde en athlétisme, et une infrastructure en pleine expansion, le continent s’affirme comme une puissance sportive globale incontournable.
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À propos de l'auteur
O. GOMUS
Rédacteur sportif
Passionné de ballon rond et notamment de grandes affiches.
