Ce premier match du groupe A, le 11 juin à 19h GMT, est la copie conforme du duel d'ouverture du Mondial 2010. Ce jour-là, à Johannesburg, le score de 1-1 avait vu naître l'un des buts les plus iconiques de l'histoire de la Coupe du monde : la frappe somptueuse de Siphiwe Tshabalala à la 55e minute, suivie de l'égalisation de Rafael Marquez 24 minutes plus tard. Ce coup de canon de Tshabalala, qui avait fait vibrer tout un continent, est désormais gravé dans la mémoire collective du football africain.
Un joueur d'Orlando Pirates, dans l'effectif actuel, rêve ouvertement d'écrire son propre chapitre en s'inspirant de cette légende de Kaizer Chiefs. Le symbole est fort, et toute une nation espère que l'histoire se répétera, à l'avantage des hommes en jaune, vert et blanc.
Le grand retour après 16 ans d'absence
Pour comprendre l'importance de ce rendez-vous, il faut mesurer le chemin parcouru. C'est la première qualification sportive de l'Afrique du Sud depuis 2002, l'édition 2010 ne comptait pas, le pays y participait en tant que nation hôte. Les Bafana Bafana ont décroché leur billet au terme d'éliminatoires africaines disputées, en terminant premiers de leur groupe avec cinq victoires, trois nuls et deux défaites, validant leur ticket lors de l'ultime journée. Une qualification obtenue les dents serrées, mais une qualification quand même.
L'Afrique du Sud a brillamment pris la tête de ce groupe C, au terme d'une lutte acharnée à trois avec le Nigeria et le Bénin, avant qu'une victoire écrasante 3-0 contre le Rwanda lors de la dernière journée, combinée à un résultat favorable ailleurs, n'assure définitivement le billet pour l'Amérique du Nord. Les Bafana Bafana vont disputer leur 4e Mondial après 1998, 2002 et 2010. Leur objectif est de sortir des poules pour la première fois de leur histoire.
Hugo Broos, l'architecte d'une renaissance
Derrière ce renouveau, il y a un homme : Hugo Broos. Le sélectionneur belge a remonté la sélection du fond du classement jusqu'au 61e rang FIFA en cinq ans. Il quittera son poste après ce Mondial, son dernier mandat, et il rêve de partir sur un coup d'éclat.
Sa philosophie de jeu, constante depuis 2021, est la clé de la renaissance des Bafana Bafana. Le style de jeu qu'il a instauré allie la discipline pragmatique à la spontanéité et à l'improvisation, dans un système articulé en 4-2-3-1 ou en 4-3-3 flexible, privilégiant la solidité défensive avant le jeu offensif explosif. Un credo qui lui a valu une troisième place à la CAN 2023 en Côte d'Ivoire, meilleur résultat de la sélection depuis des décennies.
Un effectif ancré dans le championnat local
La grande originalité de ce groupe, c'est son identité profondément sud-africaine. Sur les 26 joueurs convoqués, 19 évoluent en Betway Premiership, le championnat sud-africain. L'ossature est fournie par les deux mastodontes du football local : huit joueurs de Mamelodi Sundowns et six d'Orlando Pirates. Un choix délibéré de Broos, qui fait confiance à des hommes qui se connaissent, qui ont l'habitude de jouer ensemble et qui arrivent en pleine confiance après une saison couronnée de succès en club (le championnat pour les Pirates et la Ligue des champions CAF pour les Sundowns).
Cette cohésion autour du noyau domestique est l'une des forces vives de cette équipe. Contrairement aux squads fragmentés des années 1998 ou 2002, le groupe de 2026 bénéficie de la sophistication tactique des Sundowns, désormais habitués aux grandes nuits africaines en Ligue des champions de la CAF et de la récente renaissance d'Orlando Pirates sur la scène nationale.
Parmi les joueurs à suivre de près : Lyle Foster, l'avant-centre de Burnley, spécialiste des courses dans la profondeur et du jeu de décrochage pour attirer les défenseurs adverses dans des zones inconfortables, et le jeune Relebohile Mofokeng d'Orlando Pirates, capable d'occuper un poste de faux 9 ou la position de numéro 10, deux profils qui se complètent à merveille. Et en défense, le capitaine Ronwen Williams, gardien de Mamelodi Sundowns, pour guider un bloc arrière qui devra résister à l'ambiance électrique de l'Azteca.
Le Mexique en terrain connu… mais sous pression
En face, le Mexique, co-organisateur du Mondial avec les États-Unis et le Canada, cherche à réussir son entrée en lice devant son public, après avoir été éliminé dès le premier tour en 2022, une chute qui avait mis fin à sept qualifications consécutives en huitièmes de finale entre 1994 et 2018.
L'Estadio Azteca deviendra d'ailleurs ce jeudi le premier stade de l'histoire à accueillir trois matchs d'ouverture de Coupe du monde, après avoir déjà eu cet honneur en 1970 et 1986. La pression est totale pour El Tri.
L'objectif : écrire enfin une nouvelle page
L'Afrique du Sud est logée dans le groupe A aux côtés du Mexique, de la République Tchèque et de la Corée du Sud. L'objectif est clair : franchir pour la première fois de son histoire la phase de groupes et atteindre les huitièmes de finale.
Un bon résultat à l'Azteca ce soir changerait tout. Les Bafana Bafana savent qu'ils jouent plus qu'un match d'ouverture : ils jouent leur crédibilité sur la scène mondiale, et peut-être l'avenir d'une génération entière. Le football sud-africain a attendu seize ans ce moment. L'histoire, ce soir, est à écrire.
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À propos de l'auteur
Oumar WANE
Rédacteur sportif
Passionné de sport depuis toujours, partage avec vous les dernières actualités et analyses du monde sportif.
