
Le 10 décembre 2022, le Maroc entrait définitivement dans l’histoire du football africain et arabe en devenant la première sélection du continent à atteindre les demi-finales d’une Coupe du monde. Quatre ans plus tard, les Lions de l’Atlas retrouvent la scène mondiale avec une ambition nouvelle : prouver que leur épopée qatarie n’était pas un accident de parcours. Cette fois, la surprise n’est plus possible. Le Maroc arrive en Amérique du Nord avec l’étiquette de favori africain et l’obligation de confirmer son nouveau rang.
Un statut qui a changé
La principale différence entre 2022 et 2026 réside dans le regard porté sur cette sélection. Au Qatar, les hommes de Walid Regragui avaient abordé la compétition dans la peau d’un outsider capable de créer quelques surprises. Aujourd’hui, le Maroc figure parmi les meilleures nations du classement FIFA et fait partie des équipes les plus respectées du plateau.
Les résultats obtenus depuis plusieurs années témoignent de cette progression. Lors des éliminatoires africaines du Mondial 2026, les Lions de l’Atlas ont réalisé un parcours parfait avec huit victoires en huit rencontres, 22 buts marqués et seulement deux encaissés. Une domination qui a confirmé l’écart existant entre le Maroc et la plupart de ses adversaires continentaux.
Cette dynamique est le fruit d’un travail de fond lancé depuis plus de deux décennies. Les investissements dans les infrastructures, la formation et l’organisation du football marocain ont permis au royaume de s’installer durablement parmi les références du continent.
Mohamed Ouahbi face à un immense défi
Le principal point d’interrogation concerne toutefois le banc de touche. L’artisan de l’épopée qatarie, Walid Regragui, a laissé sa place à Mohamed Ouahbi, nommé sélectionneur en mars dernier. À 49 ans, le technicien marocain possède une réputation grandissante après avoir conduit les Lionceaux de l’Atlas au sacre mondial chez les U20. Mais la Coupe du monde constitue un défi d’une toute autre dimension.
La gestion d’un vestiaire composé de stars évoluant dans les plus grands championnats européens représente un exercice très différent de celui d’une sélection de jeunes. Ouahbi dispose néanmoins d’un encadrement expérimenté avec Joao Sacramento, ancien adjoint de José Mourinho, et l’ex-international marocain Youssouf Hadji. Le sélectionneur devra rapidement imposer sa philosophie tout en préservant les acquis hérités de son prédécesseur.
Une génération arrivée à maturité
L’une des grandes forces du Maroc réside dans la qualité de son effectif. Les cadres de 2022 sont toujours présents et disposent désormais d’une expérience encore plus importante. Le capitaine Achraf Hakimi reste l’un des meilleurs latéraux du monde. Derrière lui, Yassine Bounou demeure une référence internationale dans les buts. La défense s’appuie également sur Noussair Mazraoui et Issa Diop.
Offensivement, le Maroc peut compter sur la créativité de Brahim Diaz, l’émergence de Bilal El Khannouss et l’apport d’éléments comme Ismael Saibari. Mais le joueur susceptible de faire franchir un nouveau cap à cette sélection pourrait être Neil El Aynaoui. Auteur d’une CAN 2025 remarquée, le milieu de terrain s’est imposé comme l’un des moteurs de l’entrejeu marocain grâce à sa qualité technique, son volume de jeu et son intelligence tactique.
Un premier test grandeur nature contre le Brésil
Le calendrier du Maroc ne lui laissera aucun temps d’adaptation. Dès leur entrée en lice, le 13 juin, les Lions de l’Atlas défieront le Brésil dans ce qui constitue l’un des chocs du premier tour. Cette affiche permettra immédiatement de mesurer les ambitions réelles de la sélection marocaine. Derrière, l’Écosse et Haïti semblent davantage à la portée des Nord-Africains, qui apparaissent comme de sérieux candidats à une qualification pour les huitièmes de finale.
Le fait même que le Brésil considère désormais le Maroc comme son principal concurrent dans le groupe illustre l’évolution du statut des Lions de l’Atlas.
Peut-il faire aussi bien qu’en 2022 ?
C’est toute la difficulté. Réaliser un parcours jusqu’en demi-finale d’une Coupe du monde demeure un exploit exceptionnel, même pour les plus grandes nations. Le Maroc possède aujourd’hui davantage de profondeur, d’expérience et de certitudes qu’en 2022. Mais il ne bénéficie plus de l’effet de surprise qui avait accompagné sa formidable aventure au Qatar. Les adversaires connaissent désormais parfaitement ses forces et préparent leurs confrontations avec beaucoup plus d’attention.
Pour rééditer son exploit, le Maroc devra retrouver cette solidité défensive qui avait fait sa force il y a quatre ans, tout en affichant davantage de maîtrise offensive dans les matchs à élimination directe. Une qualification pour les quarts de finale constituerait déjà une confirmation du changement de dimension du football marocain. Au-delà, tout deviendrait possible pour une génération qui refuse désormais de se fixer des limites.
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À propos de l'auteur
El Hadji Malick SARR
Rédacteur sportif
Passionné de sport depuis toujours, partage avec vous les dernières actualités et analyses du monde sportif.
