
Après l'humiliation subie d'entrée face à la Suède (5-1), l'espoir d'un sursaut d'orgueil s'est envolé en moins de quatre minutes, le temps pour le Japonais Daichi Kamada d'ouvrir le score et d'exposer à nouveau les carences criantes d'un collectif en pleine déliquescence.
Chronique d'un désastre annoncé
Sur la pelouse, l'écart de niveau est apparu abyssal. Face à des Samouraïs Bleus d'une discipline et d'une justesse technique redoutables, la formation tunisienne s'est présentée désorganisée, incapable de contrecarrer les transitions adverses. Ayase Ueda s'est régalé des largesses de l'arrière-garde tunisienne en s'offrant un doublé (31e, 83e), tandis que Junya Ito a corsé l'addition à la 69e minute.
Avec 9 buts encaissés en seulement deux sorties, le bilan comptable est infamant. L'électrochoc espéré par la Fédération tunisienne de football après le limogeage précipité de Sabri Lamouchi n'a pas eu lieu. Nommé en urgence, Hervé Renard a mesuré l'ampleur du chantier, ou plutôt des ruines, dont il a hérité. Le technicien français, habitué des miracles sur le continent africain, n'a cette fois rien pu faire en l'espace de 48 heures.
Un mal profond qui dépasse le rectangle vert
En zone mixte, les visages fermés et les déclarations post-match laissaient transparaître une fracture bien plus profonde qu'une simple faillite tactique. L'ambiance pesante autour de la sélection ces dernières semaines laissait présager des tensions internes majeures.
Le manque d'implication de certains cadres, les choix administratifs discutables et l'absence totale de fil conducteur technique depuis de longs mois pointent directement vers une crise institutionnelle au sein de la FTF.
« C'est un naufrage collectif, mental et structurel. On ne peut pas préparer un événement de cette envergure dans un tel chaos », confiait un proche de la délégation sous couvert d'anonymat.
Les critiques fusent de toutes parts, notamment sur les réseaux sociaux et dans les médias nationaux, où supporters et observateurs dénoncent une prestation « indigne du maillot national ».
Sauver l'honneur face aux Pays-Bas
Si le Mondial 2026 est d'ores et déjà terminé pour la Tunisie, il reste une dernière étape à franchir pour éviter de terminer officiellement avec le titre honorifique mais ô combien douloureux de pire équipe du tournoi.
Lors de la dernière journée, les hommes d'Hervé Renard devront affronter les Pays-Bas, actuels leaders du groupe à égalité avec le Japon (4 points). Face à l'ogre néerlandais, il ne sera plus question de qualification, mais de fierté. Pour le peuple tunisien, les joueurs devront montrer un tout autre visage, sous peine de transformer ce Mondial 2026 en l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire des Aigles de Carthage.
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À propos de l'auteur
Mansour LOUM
Rédacteur sportif
Le football africain et ses coulisses. Analyse le niveau et les défis du sport africain.
