
C’est une trajectoire qui défie les lois de la physique footballistique. Évincé de Rennes le 9 février dernier suite à un « climat interne toxique » malgré une 6e place honorable, Habib Beye n’aura passé que dix jours avant de rebondir. L'OM, en quête d'un souffle nouveau après le départ brutal de Roberto De Zerbi, a sauté sur l'occasion.
Pour Beye, l'enjeu dépasse le simple challenge sportif. Il s'agit d'une quête de légitimité. Si son bilan comptable en Bretagne était solide (1,56 point par match en moyenne), son incapacité à gérer les tensions avec sa direction a laissé des traces. À Marseille, le défi qui l'attend est immense. Il doit relancer un OM dans la course au Top 3 en Ligue 1, aller chercher la Coupe de France mais surtout redonner confiance à un vestiaire tétanisé par les évènements de ces derniers jours.
Un vestiaire à la dérive et une direction sous tension
Car les dernières semaines n'ont pas été de tout repos du côté des Phocéens. L’humiliation lors du classique avec le 5-0 encaissé au Parc des Princes le 8 février reste une plaie ouverte, tout comme le nul frustrant face à Strasbourg (2-2) le week-end dernier, qui a confirmé que le ressort mental était cassé. Ajouté à cela une direction remaniée avec un Medhi Benatia désormais aux pleins pouvoirs sportifs sous l'œil de Frank McCourt, Beye arrive comme le choix prioritaire d'un board qui n'a plus le droit à l'erreur.
« Dès nos premiers échanges, il m’a semblé extrêmement engagé et totalement tourné vers la suite, avec des objectifs clairs pour tous : retrouver rapidement le chemin de la victoire, viser une place sur le podium de la Ligue 1 et tenter de remporter la Coupe de France afin d’offrir au peuple marseillais un trophée », a confié Benatia lors de l'annonce de l'arrivée de Beye.
Redonner la confiance et relancer la machine
Désormais entraîneur de l'équipe dont il a été capitaine, Habib Beye hérite d'un effectif de qualité sur le papier, mais déséquilibré. Son premier chantier sera de stabiliser une défense qui a encaissé 29 buts en 22 matchs. Il devra également trouver les ressorts pour relancer Mason Greenwood. Avec 23 buts toutes compétitions confondues (dont 14 en Ligue 1), l'Anglais porte l'attaque olympienne à bout de bras, mais a semblé en perte de vitesse sur ses dernières apparitions.
Adepte du 3-5-2 ou d'un 4-3-3 très intense, Beye devra trouver la formule pour que Greenwood ne soit plus l'unique solution offensive, tout en relançant des cadres comme Pierre-Emile Højbjerg, Benjamin Pavard ou Pierre-Emerick Aubameyang (meilleur passeur du club avec 9 offrandes), qu'il faudra faire cohabiter avec un Amine Gouiri actuellement en réussite.
Le Top 3 de Ligue 1 à aller chercher
Habib Beye n'aura pas de période de grâce. Le podium de la Ligue 1 est à 5 points (Lyon est 3e avec 45 pts), et la Coupe de France se profile avec un quart de finale crucial contre Toulouse le 4 mars. Pour un club qui attend un titre depuis 2012, c'est le chemin le plus court pour renouer avec un trophée.
« Je ne viens pas pour faire de la figuration, je viens parce que c’est chez moi », a déclaré le technicien lors de sa présentation. Dès ce vendredi, sur la pelouse de Brest, on saura si ce discours suffit à rallumer la flamme d'un OM qui ne demande qu'à s'embraser à nouveau.
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À propos de l'auteur
Malick BAMBA
Rédacteur sportif
Le sport africain au quotidien, ces belles histoires et polémiques en tous genres.
