
Déjà impactée par les retards du Kenya, la CAN 2027 "Pamoja", ensemble en swahili, souffre également des soucis rencontrés par un autre pays organisateur, l’Ouganda.
Venue sur place en février pour se rendre compte des chantiers et du respect du cahier des charges, la délégation de la CAF n’a pas mâché ses mots selon un rapport obtenu par Sport News Africa.
« Aucun des stades proposés par l’Ouganda ne répond pleinement aux exigences de la catégorie 4 de la CAF (niveau d’homologation le plus élevé) », lance en préambule le dossier.
La rénovation du Mandela National Stadium ne sera pas prête en 15 mois
Si le tout nouveau Hoima City Stadium a bien été finalisé, plusieurs dysfonctionnements majeurs empêchent actuellement la CAF de l’homologuer, notamment à cause des gradins (pas de marqueur clair différenciant les différentes catégories de spectateurs), des vestiaires (arbitres et joueurs), des espaces alloués aux médias ou la position des bancs de touche. Des tâches lentes mais qui ne sont évidemment pas insurmontables.
Hélas, ce constat ne s’applique pas à la rénovation du Mandela National Stadium qui souffre de « lacunes importantes en terme de conformité ». Les propositions avancées n’ont pas été respectées (destruction partielle de la tribune ouest, remplacement du toit, etc.) et la CAF écrit même en gras : « Le délai initial de 15 mois est incompatible avec les conditions de livraison prévues pour la CAN 2027. »
Les terrains d’entraînement ont également du retard, des pelouses aux structures nécessaires à côté comme les vestiaires ou les transports envisagés.
Nouvelle visite prévue en août
Prévoyant une inspection en août, la CAF a tancé l’Ouganda de présenter de sérieux progrès, et pas uniquement au niveau des stades.
L’aéroport de Hoima doit prouver qu’il a les capacités de supporter « des arrivées internationales » et la logistique pour un tel tournoi. Les capacités hôtelières doivent compter au moins un cinq étoiles de cinquante chambres – ce qui n’est pas le cas – tandis que le corridor routier entre Hoima et Kampala devra être avancé à au moins 40 %.
Les structures médicales ne sont également pas épargnées, sachant que le rapport précise carrément que la CAF attend toujours une « confirmation formelle incluant des hôpitaux de référence et des services médicaux d’urgence capables de supporter les conditions requises pour une compétition ».
De quoi s’inquiéter sur la tenue de la CAN 2027, déjà perturbée par les retards au Kenya, malgré les déclarations encourageantes de Patrice Motsepe. Un optimisme qui n’est pas partagé par son Comité exécutif, persuadé que la Coupe d’Afrique ne se jouera pas aux dates annoncées et que l’excuse des élections l’été prochain au Kenya sera avancée pour justifier ce que tout le monde voit arriver depuis longtemps...
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À propos de l'auteur
Romain MOLINA
Rédacteur sportif
Journaliste et écrivain, auteur de nombreuses enquêtes dans le milieu du sport.
